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La police ferme Radio Era Baru, manu militari

La police ferme Radio Era Baru, manu militari

Publié le mardi 13 septembre 2011.
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Reporters sans frontières condamne l’intervention des services de surveillance des fréquences, de la police et de la police militaire, dans les locaux de Radio Era Baru. Le 13 septembre 2011, les forces de l’ordre ont, de force, mis fin aux programmes de la radio, alors que l’appel de la décision judiciaire en première instance n’a toujours pas été rendu.

Vers onze heures du matin, pas moins d’une trentaine de fonctionnaires de l’Indonesian Communication and Information Ministry (Kominfo/Dirjen Postel), de la Frequency Monitoring Agency (Balmon), et de l’Indonesian Broadcasting Committee de Riau (KPID Kepri), de la police militaire, et de la police locale, sont entrés dans la salle de diffusion des programmes. Après avoir forcé le cadenas qui fermait la pièce, les policiers ont confisqué le matériel de diffusion, malgré les protestations des journalistes.

Gatot Machali a indiqué aux forces de police qu’une procédure judiciaire était en cours et qu’aucun verdict définitif n’avait été prononcé, une procédure d’appel de la décision du juge ayant été lancée, mais celles-ci n’en ont pas tenu compte.

Reporters sans frontières demande aux autorités locales de respecter la procédure judiciaire en cours, et appelle à nouveau le gouvernement à protéger la liberté de la presse et de l’information en Indonésie.


7.09.2011 - Prison ferme pour le directeur de radio Era Baru, Gatot Machali

Reporters sans frontières déplore vivement la condamnation de Gatot Machali, directeur de Radio Era Baru à six mois de prison, assortie d’un an de période probatoire et d’une amende de cinquante millions de roupies indonésiennes (5 800 dollars américains), le 6 août 2011. Dans le cas où Gatot Machali ne pourrait pas s’acquitter de l’amende, sa peine de prison serait prolongée de trois mois.

Le 7 septembre 2011, l’organisation a adressé une lettre au président de la République d’Indonésie, Susilo Bambang Yudhoyono, et au ministre de la Justice et des Droits de l’homme, Patrialis Akbar, pour leur demander d’intervenir en faveur du journaliste. Voici le texte de la lettre :

Paris, le 7 septembre 2011

Monsieur le Président, Monsieur le ministre de la Justice et des Droits de l’homme,

Reporters sans frontières, organisation internationale de défense de la liberté de la presse, souhaite attirer votre attention sur la condamnation démesurée dont monsieur Gatot Machali, directeur de Radio Era Baru fait l’objet.

Gatot Machali est condamné pour "diffusion sans autorisation et perturbation des fréquences voisines" à six mois de prison, un an de période probatoire et une amende de cinquante millions de roupies indonésiennes. A l’issue d’une procédure qui avait commencé en mars 2011, le verdict a été rendu devant la cour de Batam, le 6 septembre 2011, par une commission de trois juges. Le journaliste a exprimé son souhait de faire appel de la décision du tribunal.

De nombreux éléments nous amènent à penser que Radio Era Baru et son directeur sont en réalité poursuivis pour des raisons politiques.

En premier lieu, le refus exprimé depuis 2007 par les autorités indonésiennes d’accorder une licence à la radio, qui s’est vue interdite de diffusion par l’Agence de régulation de fréquence de Batam, qui dépend du ministère de l’Information et de la Communication, le 28 mars 2008. La station respectait pourtant toutes les consignes techniques, notamment celles émises par le Comité indonésien de diffusion de la province de Riau (KPID) qui lui avait accordé une autorisation lors de son lancement.

En second lieu, la nature des programmes diffusés par Radio Era Baru, qui dénoncent fréquemment les abus des droits de l’homme en Chine, notamment à l’encontre des adeptes du mouvement Falungong, des Ouïgours et des Tibétains, semble constituer l’origine des difficultés rencontrées par la radio depuis 2007.

Selon son président, Raymond Tan, qui s’appuie sur une lettre, rendue publique, attribuée à l’ambassade de Chine en Indonésie, les poursuites judiciaires feraient suite à des pressions directes exercées par le gouvernement chinois sur les autorités indonésiennes, visant à empêcher la station de diffuser ses programmes.

Dès lors, nous déplorons la lourde peine prononcée contre Gatot Machali. Celle-ci va à l’encontre de la législation indonésienne, qui assure dans les articles 28E3 et 28F de la Constitution, le droit de tout citoyen “d’exprimer son opinion” et “de diffuser de l’information par tous les moyens à disposition”.

Nous vous demandons donc :

  • d’annuler la condamnation de Gatot Matchali, excessive et contraire aux principes et droits fondamentaux de la liberté d’expression.
  • d’autoriser Radio Era Baru à émettre dans les mêmes conditions que lors de son lancement, en 2005.
  • de prendre des mesures pour qu’aucune pression politique extérieure ne puisse être exercée sur la presse indonésienne.

En vous remerciant de l’attention que vous porterez à notre demande, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.

Jean-François Julliard Secrétaire général

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