Publié le 26 juillet 2010
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Reporters sans frontières demande au commandant en chef de la police, le Général Babang Hendarso Danury, de s’assurer que l’enquête sur la mort de Muhammad Syaifullah est conduite de manière totalement impartiale et exhaustive. La police ne doit pas écarter l’hypothèse d’un assassinat lié à son activité professionnelle dans cette affaire troublante.
"L’autopsie et l’enquête doivent être menées sans a priori par la police. Les sujets sensibles sur lesquels travaillait Muhammad Syaifullah pourraient avoir provoqué la colère de certaines entreprises locales. Même si rien ne permet de l’affirmer avec certitude, il est crucial de ne négliger aucune piste", a affirmé Reporters sans frontières.
Muhammad Syaifullah a été retrouvé mort dans sa maison à Balikpapan (l’île de Bornéo) le 26 juillet 2010. Selon la police, son corps sans vie se trouvait devant la télévision, avec de la mousse dans la bouche, et les traits du visage contractés. Le corps du défunt a été découvert par ses collègues qui se sont rendus à sa résidence par inquiétude dans la matinée du 26 juillet. Sa famille, domiciliée dans une autre ville, était sans nouvelles depuis le samedi 24 juillet.
Suite à la découverte du corps de Syaifullah, plusieurs journalistes locaux avançaient la thèse de l’empoisonnement. Mais la police a annoncé que Syaifullah aurait pu mourir d’une crise cardiaque, d’hypertension, ou de diabète. L’autopsie est encore en cours.
Muhammad Syaifullah était le rédacteur en chef du bureau de Bornéo du Kompas, le principal quotidien du pays. Le journaliste était notamment connu pour ses critiques virulentes concernant la déforestation et la destruction de l’environnement à Kalimantan, partie indonésienne de l’île de Bornéo.
Lire le rapport "Des enquêtes à hauts risques : Déforestation et pollutions", publié par Reporters sans frontières le 3 juin 2010 : http://fr.rsf.org/rapport-environne...
Avant et pendant les Jeux olympiques de Pékin 2008, des dizaines de journalistes, blogueurs, militants des droits de l’homme chinois ont été arrêtés, placés en résidence surveillée ou expulsés de Pékin. Les JO sont terminés, nous demandons la libération de ceux restés dans les geôles chinoises !