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Censure totale des médias d'information et de l'Internet au Cachemire

Censure totale des médias d’information et de l’Internet au Cachemire

Publié le mardi 12 février 2013. Mis à jour le mercredi 13 février 2013.
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Reporters sans frontières dénonce le black-out total des outils d’information dans la vallée du Cachemire, imposé par les autorités depuis le 9 février 2013. Les chaînes d’information, journaux locaux et services Internet mobiles demeurent suspendus depuis la pendaison, le 9 février dernier, de Mohammad Afzal Guru, accusé d’appartenir un groupe séparatiste armé basé au Pakistan (Jaish-e-Mohammad) et d’avoir participé à l’attaque du parlement indien, en décembre 2001, à New Delhi. La condamnation à mort de Mohammad Afzal Guru, natif du Cachemire, a ravivé les tensions politiques entre les autorités et la population locale.

“Nous réclamons le rétablissement inconditionnel des communications dans la région et un engagement fort des autorités à ne plus utiliser ce type de méthodes. Ces actes de censure généralisée, qui se sont accrus ces dernières années, prouvent que le gouvernement n’hésite pas à isoler toute une partie de sa population pour prévenir tout mouvement de protestation populaire”, a déclaré Reporters sans frontières. “Les autorités se rendent ainsi coupables de grave discrimination à l’encontre des habitants du Cachemire dans l’accès à l’information”.

Arrêté en décembre 2001, Mohammad Afzal Guru, avait été accusé d’avoir pris part à une attaque terroriste sur le parlement indien. Immédiatement après sa pendaison, le samedi 9 février 2013, les chaînes télévisées d’information et l’Internet mobile ont été suspendus dans la région du Cachemire. Seuls les souscripteurs du fournisseur d’accès à Internet (FAI) étatique, Bharat Sanchar Nigam Limited (BSNL), en nombre très limité et composé de bureaux gouvernementaux locaux, ont pu conserver leur accès à Internet.

Dès le lendemain, le 10 février, les journaux locaux ont été interdits de publication sans préavis. Le Greater Kashmir, l’un des plus diffusés dans la vallée, a publié dimanche sur son site Internet un article indiquant que cet ordre émanait d’une directive gouvernementale non officielle. Une information relayée par les sites web de plusieurs autres médias locaux.

Showkat Ahmad, rédacteur en chef du Kashmir Reader, a déclaré que des exemplaires de journaux ont été saisis par les autorités dans les bureaux du média à Srinagar, dans la nuit du 9 au 10 février. Aucun journal basé dans la vallée n’a pu être imprimé depuis le 9, et les autorités poursuivent leur surveillance accrue des locaux d’impression.

Selon des informations collectées par Reporters sans frontières, les habitants de certains quartiers résidentiels de Srinagar, tels que Chanapora, Natipora, Hyderpora et Sanat Nagar, étaient encore en mesure, dans l’après-midi du 10 février, de recevoir quelques chaînes d’information. Les chaînes privés locales ont dû cesser d’émettre leurs bulletins d’informations, sous les ordres des autorités fédérales. Aucune coupure n’a été constatée sur les chaînes de divertissement, de sport et de cinéma.

Le ministre du Développement rural, Ali Mohammad Sagar, a indiqué le 10 février au quotidien The Tribune que les restrictions sur les médias et l’Internet allaient se poursuivre, et qu’une décision serait prise lorsque la situation serait revenue au calme. Selon des sources officielles, les chances seraient très faibles que le couvre-feu soit levé et que les journaux soient autorisés à reparaître avant le 15 février, jour de prière jugé à risques par les autorités.

Contacté par Reporters sans frontières, Athar Parvaiz, correspondant pour le Cachemire de l’agence de presse Inter Press Service, a déploré l’isolement imposé à la région : “L’Internet mobile et les chaînes d’information fermés, les gens se retrouvent prisonniers dans la vallée. Ici, la liberté d’information est fortement réprimée”.

C’est la troisième fois en cinq ans que des quotidiens locaux sont contraints de suspendre leurs publications en raison de restrictions gouvernementales. Par le passé, les autorités ont déjà procédé à des coupures de l’Internet mobile pour éviter un embrasement de la gronde populaire. Les réseaux de télécommunication sont systématiquement suspendus durant les célébrations du “jour de la République” et du “jour de l’Indépendance”, les 26 janvier et 15 aout de chaque année.

L’Inde se situe au 140ème rang au classement 2013 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.

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