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Reporters sans frontières demande à l’Union européenne de se prononcer contre le projet de loi sur la sécurité nationale

Publié le lundi 9 décembre 2002.
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Le gouvernement de Hong Kong n’a toujours pas renoncé à son projet de mettre en application, en juillet 2003, une loi sur la "sécurité nationale". Reporters sans frontières a écrit aujourd’hui à Per Stig Moeller, ministre des Affaires étrangères du Danemark (pays qui assume la présidence de l’Union européenne), et à Chris Patten, commissaire européen aux Relations extérieures, pour exprimer sa vive inquiétude face à la menace qui pèse sur la liberté d’expression à Hong Kong.

"L’Union européenne doit se prononcer dans les meilleurs délais contre cette réforme qui met en péril la liberté des journalistes à couvrir de manière indépendante les événements à Hong Kong, en Chine populaire, à Taiwan ou au Tibet", a affirmé Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

Le 24 septembre 2002, le gouvernement de Hong Kong a rendu public un projet de loi sur la sécurité nationale qui prévoit de lourdes peines, notamment de prison, pour punir les actes de trahison, sécession, sédition, subversion et vol de secrets d’Etat.

Depuis cette annonce, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer ce texte qui menace les libertés individuelles, et notamment la liberté de la presse. En effet, la notion de secret d’Etat est définie dans des termes très vagues. Elle pourrait permettre d’arrêter des journalistes pour diffusion d’informations qualifiées de secrets d’Etat, comme c’est déjà le cas en Chine populaire. Ainsi, le journaliste chinois Wu Shishen a été condamné, en 1993, à la prison à vie pour avoir transmis à un collègue de Hong Kong un document qualifié de "secret d’Etat".

Ce texte d’application de l’article 23 de la Loi fondamentale, qui aurait été préparé sous la pression des autorités de Pékin, pourrait également avoir comme effet de renforcer l’autocensure des journalistes de Hong Kong sur des sujets sensibles pour le gouvernement central de la Chine populaire. Toute personne reconnue coupable de publication d’informations incitant à la trahison, à la sécession ou à la subversion s’exposerait à des peines allant jusqu’à sept ans de prison.

Depuis la publication de cette proposition de loi, des hauts responsables de Hong Kong ont mis en garde les journalistes sur la manière dont ils utilisent la liberté de la presse. Ainsi, le 17 octobre, Elsie Leung, ministre de la Justice, a déclaré que toute information confidentielle publiée sans la source dont elle est tirée serait désormais considérée comme un secret d’Etat.

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