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Malgré la détention de son assaillant présumé, un journaliste craint toujours pour sa sécurité

Malgré la détention de son assaillant présumé, un journaliste craint toujours pour sa sécurité

Publié le vendredi 20 juillet 2012.
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Désigné comme l’auteur de la tentative d’assassinat contre Selvín Martínez, correspondant de la chaîne de télévision JBN, le 11 juillet dernier à Puerto Cortes, Joaquín Molina Andrade, 28 ans, a été placé une semaine plus tard en détention préventive après avoir comparu devant un tribunal de la même ville. Selvín Martínez avait déjà été la cible d’une précédente tentative d’homicide au mois d’avril.

Cette apparente avancée judiciaire ne rassure en rien le journaliste. “Ma peur s’est encore accrue depuis que nous nous sommes rendus compte que Joaquín Molina Andrade fait partie d’une bande de tueurs. Le commanditaire de l’attentat perpétré contre moi est toujours en liberté”, a déclaré Selvín Martínez au Comité pour la libre expression (C-Libre), organisation partenaire de Reporters sans frontières.

“Selvín Martínez et sa famille doivent bénéficier de toute urgence de la protection qu’ils ont sollicités et continuent à attendre. La responsabilité des autorités est ici directement engagée. La détention de Joaquín Molina Andrade ne signifie pas la résolution de cette affaire. Au contraire, son témoignage doit permettre à l’enquête d’avancer substantiellement”, a déclaré Reporters sans frontières, qui rappelle que l’impunité demeure dans la quasi totalité des 29 cas d’assassinats de journalistes honduriens commis en une décennie, dont 24 durant la seule période consécutive au coup d’État du 28 juin 2009.


13.07.12 - Assassinat d’un reporter de radio et second attentat contre un correspondant de télévision à Cortés

Employé de la station chrétienne Radio Stereo Naranja, Adonis Felipe Bueso Gutiérrez a été exécuté avec deux de ses cousins, le 8 juillet 2012 à Villanueva dans le département de Cortés, alors qu’il avait pris congé pour rendre visite à sa famille. Il devait célébrer, le 21 juillet prochain, la première année d’existence du média, basé à Sonoguera dans le département de Colón. Ce crime porte à 29 le nombre de journalistes tués en une décennie, dont 24 pour la seule période consécutive au coup d’État du 28 juin 2009.

“Le mobile de cette affaire reste à déterminer, même si la disparition de certaines affaires des trois victimes accrédite la thèse du vol. Pour autant, la piste professionnelle ne doit pas être écartée. L’impunité reste malheureusement la même dans toutes les affaires qui endeuillent la profession, qu’elles soient imputables à la criminalité très élevée qui caractérise le pays ou à la violence politique née du coup d’État. A ce jour, seule l’enquête sur la mort d’Alfredo Villatoro a fait l’objet de réelles avancées. La mobilisation des autorités doit être du même ordre pour tous les autres cas de crimes ou de menaces qui ne cessent de s’abattre sur les journalistes, défenseurs des droits de l’homme et autres citoyens au service de l’information”, a déclaré Reporters sans frontières.

Adonis Bueso, Francisco Ireata López (20 ans) et Miguel Ángel Gutiérrez Coto (18 ans) ont été interceptés par des individus armés à la sortie d’un cybercafé de Villanueva aux alentours de 18 heures. Forcés à monter dans le véhicule des assaillants, les trois jeunes gens ont été retrouvés criblés de balles une demi-heure plus tard en pleine rue, dépossédés de leurs portefeuilles et, pour l‘un d’entre eux, de ses chaussures de tennis.

Toujours dans le département de Cortés, Selvín Martínez, correspondant de la chaîne de télévision JBN, a été la cible, le 11 juillet dernier, d’un deuxième attentat par balles en moins de quatre mois. Après le mitraillage de son domicile d’Omoa en avril dernier, le journaliste a, cette fois, essuyé les tirs d’un inconnu alors qu’il se rendait en moto à l’école de sa fille, indique le Comité pour la libre expression (C-Libre), organisation partenaire de Reporters sans frontières.

Sorti indemne de l’attentat, Selvín Martínez a dénombré douze coups de feu. D’après lui, leur auteur serait un chef de Maras, gangs d’Amérique centrale réputés pour leur extrême violence. En mai dernier, la femme du journaliste avait échappé à une tentative de kidnapping. Reporters sans frontières réclame la mise en œuvre immédiate des mesures de protection réclamées par Selvín Martínez pour lui-même et son entourage.

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