Reporters sans frontières

Un journaliste persona non grata à la présidence

Publié le mercredi 16 juillet 2008.
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Reporters sans frontières condamne la mesure discriminatoire dont est victime Gordon Moseley, producteur et journaliste de la chaîne de télévision privée Capitol News, déclaré persona non grata à la présidence depuis le 13 juillet 2008. L’organisation appuie la démarche de l’Association de la presse du Guyana (GPA) afin que ce conflit soit rapidement résolu.

“Ostraciser un journaliste parce qu’un reportage a déplu au chef de l’État constitue une atteinte au pluralisme et à la fonction critique de la presse. Le gouvernement avait déjà eu recours à ce genre de procédé en décrétant l’embargo sur la publicité officielle contre le quotidien Stabroek News, entre novembre 2006 et avril 2008. La sanction infligée à Gordon Moseley affecte directement l’exercice de son métier et c’est pourquoi nous demandons qu’elle soit levée”, a déclaré Reporters sans frontières.

Le 13 juillet, Gordon Moseley s’est vu refuser l’accès au cabinet présidentiel alors qu’il venait y couvrir une cérémonie de remise de diplômes. Les services de sécurité lui ont aussitôt fait savoir que l’Agence d’information du gouvernement (GINA) avait décidé de lui retirer son accréditation auprès de la présidence.

La GINA a justifié cette mesure en invoquant une lettre signée du journaliste et parue dans la presse le 8 juillet dernier, à la suite d’un reportage que le président Bharrat Jagdeo, en récent déplacement à Antigua, n’aurait pas apprécié. La GINA a jugé le contenu de cette lettre “désobligeant et irrespectueux” envers le gouvernement et réclamé des excuses de la part du journaliste.

Dans un courrier adressé à l’Association de la presse du Guyana (GPA), Gordon Moseley s’est dit “fatigué des attaques constantes du Président et de son administration à l’encontre des médias privés, et plus particulièrement de Capitol News”, et a refusé de présenter des excuses. Le journaliste a dit avoir couvert une réunion entre le Président et la communauté guyanaise d’Antigua, au cours de laquelle certains participants ont soulevé la question de la criminalité au Guyana. Selon lui, le chef de l’État se serait vexé de voir relayés certains propos sur ce sujet sensible.

La GPA a dénoncé cette interdiction et a proposé une médiation entre le gouvernement et le journaliste.

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