Reporters sans frontières

Privation totale de publicité officielle pour le quotidien Stabroek News

Privation totale de publicité officielle pour le quotidien Stabroek News

Publié le vendredi 9 février 2007.
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Reporters sans frontières condamne la privation de publicité officielle dont fait l’objet le quotidien privé d’opposition Stabroek News. Cette mesure laisse penser que le journal est pénalisé financièrement en raison de ses partis pris éditoriaux. L’organisation demande au gouvernement de sortir de son mutisme.

The Stabroek News ne recevra plus aucune publicité officielle. Le 6 février 2007, l’Agence d’information du gouvernement (GINA) a annulé les parutions prévues dans le quotidien d’annonces de l’administration fiscale - Guyana Revenue Authority. Depuis novembre 2006, seule cette dernière pouvait encore adresser ses messages au Stabroek News. Les entreprises publiques, mais sous management privé, Guyana Sugar Corporation (Guysuco) et Guyana Power and Light ont également décidé de ne plus rien lui transmettre. Les directions des deux compagnies, tout en niant être sous tutelle de la GINA, n’ont fourni aucune explication. Le gouvernement a quant à lui avancé des « raisons comptables » avant de se taire face aux protestations de l’Association de la presse du Guyana.

Principal quotidien privé du pays, The Stabroek News observe une ligne éditoriale critique envers le gouvernement du président Bharrat Jagdeo. Reporters sans frontières rappelle à ce dernier que la Déclaration de Chapultepec sur la liberté d’information et d’expression, qu’il a signée, l’engage à ne pas utiliser la publicité officielle pour récompenser ou punir les médias.


16.01.07 - Le quotidien Stabroek News privé de publicité officielle : Reporters sans frontières dénonce une mesure discriminatoire

Reporters sans frontières condamne la privation de publicité officielle dont fait l’objet le quotidien Stabroek News, et dénonce le mutisme du gouvernement face aux récentes démarches de la rédaction contre cette mesure discriminatoire.

“L’octroi ou le retrait de la publicité officielle dans les médias ne doit pas servir à récompenser ou à punir ces derniers. Cette clause figure dans la Déclaration de Chapultepec que le président guyanais Bharrat Jagdeo a lui-même signée. Malheureusement, le silence qu’oppose son gouvernement aux réclamations légitimes de Stabroek News laisse penser que le quotidien est pénalisé financièrement en raison de ses partis pris éditoriaux. Nous attendons des explications du gouvernement et espérons, si elles tardent, que la Commission interaméricaine des droits de l’homme lui enjoindra de les fournir”, a déclaré Reporters sans frontières.

Principal quotidien privé du Guyana, Stabroek News observe une ligne critique envers le gouvernement du président Bharrat Jagdeo. Depuis novembre 2006, trois mois après la réelection de ce dernier à un second mandat, la direction du quotidien a constaté que ses recettes tirées de la publicité officielle (annonces gouvernementales, communiqués ministériels, etc.) s’étaient considérablement réduites. Selon Stabroek News et l’Association de la presse du Guyana, Nanda Gopaul, le secrétaire permanent de la présidence, a ordonné à l’Agence d’information du gouvernement (GINA), chargée de répartir la manne publicitaire, de ne plus en attribuer au quotidien. La GINA a, par la suite, confirmé que seules les annonces émanant de l’administration fiscale passeraient dans les colonnes de Stabroek News.

Rédacteur en chef du quotidien, David de Caires s’est plaint de n’avoir jamais obtenu la moindre réponse à ses demandes d’entretien auprès du directeur de la GINA, Prem Misir. Le 3 janvier 2007, le journaliste a adressé à celui-ci une lettre dénonçant une attaque directe contre Stabroek News “pour des raisons politiques”, en violation des principes de la Déclaration de Chapultepec du 11 mars 1994 sur la liberté d’information et d’expression, signée par le président Jagdeo.

Le 9 janvier, Karen Persaud, responsable de la direction publicitaire de la GINA, a répondu laconiquement à David de Caires que “sa requête avait bien été prise en compte mais qu’elle n’avait pas encore été examinée par la direction concernée”. Le lendemain, le rédacteur en chef de Stabroek News a expédié un nouveau courrier pour fustiger une réponse “imprécise et insatisfaisante”. Depuis, le journal n’a reçu aucune nouvelle.

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