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Etat d'urgence et violences postélectorales : des médias empêchés de travailler

Etat d’urgence et violences postélectorales : des médias empêchés de travailler

Publié le vendredi 19 novembre 2010.
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Reporters sans frontières lance un appel au calme et au respect des médias alors que, depuis une semaine, la plupart des journalistes de Conakry restent reclus chez eux de peur d’être pris pour cibles, que ce soit par des militants ou par les forces de sécurité, pendant les violences postélectorales. Après avoir été menacé de saccage, le groupe Sabari FM / Le Diplomate a interrompu ses activités depuis le 15 novembre 2010. D’autres médias sont également paralysés par le climat d’insécurité.

En ramenant le calme dans la capitale guinéenne, l’état d’urgence va peut-être permettre aux journalistes de reprendre leur activité. Nous déplorons cependant que des professionnels de l’information aient été directement menacés et que les violences qui ont secoué la Guinée pendant cette semaine aient contribué à paralyser les médias. Il est particulièrement inquiétant que des organes de presse soient les cibles de représailles et de règlements de compte sur la base d’arguments ethniques.

Le 15 novembre 2010, à 9 heures du matin, plusieurs dizaines de manifestants favorables à l’Alliance Cellou Dalein Diallo Président, se sont regroupés devant le groupe Sabari FM / Le Diplomate pour en saccager les locaux. Les militants, également aux prises avec la Force de sécurisation du processus électoral dans la zone, accusaient les responsables du groupe de médias et leurs journalistes de faire le jeu de l’Alliance Arc-en-ciel, favorable à Alpha Condé. Les manifestants se sont finalement ravisés suite à la médiation du propriétaire de l’immeuble, situé dans le quartier de Cosa, majoritairement habité par des Peuls, favorables à Cellou Dalein Diallo et où la répression par les forces de l’ordre a été particulièrement brutale.

Selon un journaliste de Conakry interrogé par Reporters sans frontières, "il faut pourtant souligner que Sabari FM avait invité plusieurs responsables de l’Alliance Cellou Dalein Diallo Président pendant la campagne. La radio avait donc plutôt joué le jeu d’un certain équilibre".

A 11 heures, le 15 novembre, les médias du groupe Sabari FM / Le Diplomate ont cessé toute activité. Depuis, les journalistes ne se rendent plus au bureau, comme la plupart de leurs confrères à travers le pays.

Alors que les partisans de Cellou Dalein Diallo ont été à l’origine de manifestations pour exprimer leur frustration après l’annonce de la défaite de leur candidat, plusieurs organisations, comme par exemple l’International Crisis Group, ont fait état d’"attaques systématiques" à leur encontre de la part des forces de l’ordre.

Crédit photo AFP

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