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L'unique correspondant de la presse étrangère incarcéré depuis 48 heures

L’unique correspondant de la presse étrangère incarcéré depuis 48 heures

Publié le vendredi 19 juin 2009.
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Reporters sans frontières demande aux autorités équato-guinéennes de libérer sans délai le correspondant de l’Agence France-Presse (AFP) et de Radio France Internationale (RFI), Rodrigo Angue Nguema. Celui-ci, accusé d’avoir diffusé une fausse information, est détenu depuis le 17 juin 2009, à la prison de Black Beach, dans la capitale, Malabo.

"Aucune date de procès n’a encore été fixée et il est incompréhensible que Rodrigo Angue Nguema soit incarcéré comme un vulgaire bandit. Nous sommes extrêmement inquiets de son sort sachant la violence qui règne dans la prison de Black Beach. Son emprisonnement traduit l’acharnement des autorités contre les journalistes, dans ce pays réfractaire à la liberté de la presse", a déclaré l’organisation.

Le 17 juin, peu avant midi, Rodrigo Angüe Nguema a été conduit menotté dans la tristement célèbre prison de Black Beach par des agents de police en civil. Le juge d’instruction de Malabo, Agustin Chicampo, venait d’ordonner sa mise en détention, au motif que le journaliste n’avait pas payé la somme de 20 millions de francs CFA (environ 30 000 euros) requise pour sa libération conditionnelle. Depuis le jour de son incarcération, son épouse n’a pas été autorisée à lui rendre visite.

Rodrigo Angue Nguema est inquiété pour avoir diffusé une information sur l’AFP et RFI, en avril dernier, selon laquelle le directeur de la compagnie nationale aérienne Ceiba, Mamadou Jaye, d’origine gambienne, avait fui le pays en détournant 3 500 millions de francs CFA (environ 5 millions d’euros). Le journaliste avait repris des rumeurs circulant sur Internet, qu’il avait recoupées avec des sources locales, émanant notamment de l’aéroport de Malabo.

Cette information s’est révélée fausse et Rodrigo Angüe Nguema l’a reconnu. Le directeur de Ceiba a émis un démenti sur les deux médias internationaux et a en plus porté plainte contre le journaliste pour "diffamation". Il demande le paiement, en dommages et intérêts, de cinq millions d’euros, soit la somme que le journaliste l’avait accusé d’avoir détournée.

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