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Deux directeurs de publication condamnés à de lourdes amendes et à une peine de prison avec sursis pour avoir "diffamé" un ancien ministre

Publié le jeudi 16 août 2007.
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Reporters sans frontières dénonce le lourd verdict rendu, le 13 août 2007, à l’encontre de deux hebdomadaires privés guinéens et leurs directeurs de publication, au terme de leur procès pour "diffamation" intenté par l’ancien ministre des Travaux publics et des Transports, Bahna Sidibé.

"Non seulement cette condamnation est asphyxiante pour les journaux concernés et leurs directeurs de publication, mais elle est également contraire aux standards internationaux en matière de liberté de la presse. En s’obstinant à faire juger les affaires de diffamation comme des crimes, la Guinée s’expose logiquement aux protestations des défenseurs de la liberté d’expression. Pour moderniser réellement le pays, le gouvernement devrait procéder à une réforme profonde de sa législation, ce qui aiderait les tribunaux à rendre des décisions adaptées et à ne pas être soupçonnés de partialité", a déclaré l’organisation.

Le tribunal de Kaloum, une commune de Conakry, a condamné les hebdomadaires La Vérité et Libération à payer 50 millions de francs guinéens (environ 9 500 euros) pour avoir "diffamé" Bahna Sidibé, dans des articles parus en mars et avril 2007. Le juge a estimé que les journaux n’avaient pas apporté la preuve de leurs allégations et également condamné les directeurs de publication des deux hebdomadaires, respectivement Thiernodjo Diallo et Aziz Camara, à six mois de prison avec sursis. Ils sont également obligés de payer solidairement une amende d’un million de francs guinéens (environ 189 euros) au tribunal et de publier le verdict dans les hebdomadaires privés L’Indépendant, Le Lynx et La Lance.

Dans un article intitulé "Ministère des Travaux Publics / L’autre visage de Bahna Sidibé", paru le 20 mars, La Vérité accusait l’ancien ministre d’avoir détourné un milliard de francs guinéens (environ 255 000 euros) à des fins personnelles. Libération avait par la suite publié ces mêmes informations.

Soupçonnant le tribunal d’avoir subi des pressions, les deux hebdomadaires ont fait appel de cette condamnation qui, selon un journaliste guinéen interrogé par Reporters sans frontières, est la peine la plus lourde infligée à des médias privés depuis l’instauration du multipartisme, en 1993.

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