Reporters sans frontières

Un journaliste normalement placé sous protection agressé par des hommes en armes près de son domicile

Publié le lundi 13 octobre 2008.
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Reporters sans frontières s’inquiète de l’apparente insuffisance du système de sécurité dont est censé bénéficier José Pelicó, journaliste et défenseur de la liberté de la presse de l’organisation Cerigua (Centro de Reportes Informativos sobre Guatemala). Dans la nuit du 5 octobre 2008, la victime a été menacée de mort par des individus armés de mitraillettes aux abords de son domicile, mais aucun agent de la Police nationale civile (PNC) mis à sa disposition ne se trouvait à proximité.

“Comment un journaliste qui, à plusieurs reprises, a indiqué aux autorités être la cible de tentatives d’intimidation, et devait à ce titre être placé sous protection policière, a-t-il pu être braqué à quelques mètres de chez lui ? Le cas de José Pelicó est connu depuis six mois de la PNC, du parquet spécial du ministère public en charge des attaques contre la presse et du procureur des droits de l’homme. Pourtant l’enquête semble piétiner, et José Pelicó demeure dans une situation d’insécurité permanente. Nous demandons que soit revu au plus vite le dispositif de sécurité dont sa famille et lui-même bénéficient. Nous espérons également davantage de rapidité dans la résolution de cette affaire”, a déclaré Reporters sans frontières.

Dans la soirée du 5 octobre, alors qu’il conduisait sa femme et son fils pour faire un achat, José Pelicó a remarqué qu’il était suivi par une voiture de couleur sombre aux vitres teintées. Au moment de regagner son domicile, la famille a été interceptée par des individus armés surgis du véhicule. Les agresseurs ont alors prévenu José Pelicó que “cette fois, ils s’en allaient” mais que les choses se passeraient autrement la prochaine, en pointant leurs pistolets-mitrailleurs dans sa direction. Déjà victime de menaces téléphoniques du même type au mois d’avril, le journaliste avait sollicité et obtenu une protection auprès de la PNC. Pourtant, le soir de l’agression, aucun policier n’était présent dans le périmètre. Une semaine auparavant, des individus en armes passant près de sa maison avaient tiré des coups de feu en l’air en criant : “Nous t’avons trouvé, tu vas mourir.”

Contacté par Reporters sans frontières, José Pelicó a témoigné des failles de ce système de protection. “Les autorités policières ont prévu une sécurité dans le périmètre autour de ma maison. Mais en six mois, les agents ne se sont présentés qu’à deux reprises à mon domicile puis ont cessé de le faire. Lors du dernier incident, la police n’est intervenue que vingt minutes après les faits et semblait ignorer que des mesures de protection avaient été prises en ma faveur”, a confié à l’organisation José Pelicó, qui dit se sentir “très vulnérable” et demande une protection personnelle pour ses déplacements professionnels. Le journaliste a estimé plausible un lien entre les menaces dont il est la cible et ses enquêtes dans des domaines extrêmement sensibles comme la corruption, le crime organisé ou le narcotrafic. José Pelicó s’est également plaint de l’absence d’informations et de résultats dans l’enquête. Selon lui, le parquet spécial du ministère public s’est contenté d’une recherche auprès de l’opérateur téléphonique par lequel ont transité les menaces du mois d’avril.

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