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Violences policières intolérables

Violences policières intolérables

Publié le jeudi 9 décembre 2010.
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Reporters sans frontières demande solennellement aux autorités grecques de condamner les violences à l’encontre de journalistes dont se sont rendu responsables les forces de police lors des manifestations des dernières semaines. L’organisation insiste également pour qu’une enquête soit ouverte sur ces faits et que des directives explicites soient données aux policiers de ne pas recourir à la force contre les professionnels des médias.

La brutalité des forces de l’ordre est scandaleuse. Plusieurs journalistes ont témoigné avoir été jetés à terre et frappés, ou empêchés de faire leur travail, par des moyens de coercition physique. Les forces de police ont aussi exigé que les clichés pris par certains confrères, dont la correspondante de notre organisation dans le pays, soient effacés.

Les journalistes remplissent leur mission d’information du public en couvrant des événements d’actualité. Ils ne doivent pas être assimilés aux manifestants par les forces de l’ordre. Ces dernières n’ont pas plus le droit d’exiger de ne pas être photographiées en fonction. Si elles agissent dans le strict cadre légal, elles devraient d’ailleurs n’avoir rien à cacher.

Le 6 décembre 2010, vers 19h30, rue Benaki (quartier Exarchia d’Athènes), un photojournaliste belge, Maxime Gyselinck, ainsi qu’un photographe indépendant grec, Vangelis Patsialos, qui tentait de lui venir en aide, ont été frappés, jetés à terre et roués de coups par la police. Les policiers ont cessé de les frapper après avoir compris qu’ils étaient journalistes, et l’un d‘entre eux leur a alors conseillé de se rendre à l’hôpital. Maxime Gyselinck a dû être plâtré pour une fracture de l’avant-bras, il a également une côte fêlée et se trouve dans l’incapacité de travailler pendant deux semaines.

Le même jour, notre correspondante en Grèce a été plusieurs fois prise à partie physiquement par la police alors qu’elle photographiait la manière dont les forces antiémeutes usaient de violence contre les manifestants. Les policiers ont exigé qu’elle efface ses photos, ce qu’elle s’est refusée à faire.

Ce ne sont pas les premières violences policières que nous avons à déplorer dans le pays. Le 17 novembre, Aristotelis Messinis, photographe de l’AFP à Athènes a fait l’objet de violences policières à trois reprises, alors qu’il couvrait une manifestation. Il a porté plainte.

Le 6 décembre, plusieurs manifestations se sont déroulées pour marquer l’anniversaire de la mort d’Alexandros Grigoropoulos, un adolescent de 15 ans abattu par la police dans le quartier d’Exarchia, à Athènes en 2008. La police anti-émeute est intervenue pour les disperser.

En 2010, la position de la Grèce a fortement chuté dans le classement de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières, passant de la 35e à la 70e place.

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