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Le porte-parole du parti néo-nazi distribue coups et menaces

Le porte-parole du parti néo-nazi distribue coups et menaces

Publié le jeudi 7 juin 2012.
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Reporters sans frontières exprime son profond dégoût après l’agression de plusieurs journalistes par le porte-parole du parti néo-nazi grec Aube dorée (Chryssi Avgi), en marge d’un débat télévisé pendant lequel il s’en est également pris physiquement à deux élues.

« Le comportement d’Ilias Kasidiaris est d’autant plus inacceptable qu’il est révélateur de l’agressivité générale du parti Aube dorée envers ses adversaires politiques et les médias. Cet incident s’inscrit dans la droite ligne des déclarations tonitruantes des leaders de la formation néo-nazie et ne fait que confirmer les craintes nourries par de précédents incidents. Nous saluons l’ordre d’arrestation rapidement émis par le parquet d’Athènes. Il serait inadmissible que M. Kasidiaris, élu député lors des élections législatives du 6 mai, soit protégé par une quelconque immunité parlementaire », a déclaré Reporters sans frontières.

Le 7 juin 2012 au matin, lors d’un talk-show politique diffusé en direct sur la chaîne privée Antenna (ANT1), Ilias Kasidiaris s’en est violemment pris aux autres invités du plateau, la membre du parti de gauche Syriza Rena Dourou et la communiste Liana Kanelli. Après avoir copieusement insulté la première, qui mentionnait les poursuites en justice dont M. Kasidiaris fait l’objet, ce dernier lui a jeté un verre d’eau au visage, avant de gifler et de donner un coup de poing à Liana Kanelli. L’émission a été interrompue.

D’après des témoignages de membres de la rédaction recueillis par Reporters sans frontières, le néo-nazi a ensuite frappé le présentateur, Giorgos Papadakis, un cameraman et deux autres journalistes qui tentaient de le retenir alors qu’il prenait la fuite. En sortant, Ilias Kasidiaris a endommagé la porte et menacé les journalistes qui le prenaient en photo : « Vous allez voir ce qui va vous arriver si vous les publiez ! »

Sur fond de grave crise économique et de violence sociale croissante, il est de plus en plus risqué pour les journalistes grecs de mener leur travail d’information. L’activisme croissant des groupuscules d’extrême-droite et d’extrême-gauche, entre autres, constituent des sujets très sensibles. Depuis le 6 mai, les agressions contre les migrants se sont multipliées.

Un journaliste du Jerusalem Post, Gil Shefler, a déclaré à Reporters sans frontières avoir été passé à tabac le 5 juin 2012 au soir dans le centre d’Athènes, près du musée archéologique national. Un lieu habituellement quadrillé par la police, du fait de la proximité du ministère de la Culture et du quartier anarchiste.

« Je marchais dans la rue, quand j’ai été témoin de l’agression d’un groupe de personnes par une quinzaine d’individus masqués, a-t-il raconté. La plupart de ceux qui étaient attaqués semblaient être des migrants, mais je ne peux confirmer que c’était le cas de tous. Il m’est donc impossible de dire de manière certaine s’il s’agissait d’une attaque menée par des néo-nazis, ou par un groupuscule du bord opposé. Quoi qu’il en soit, dès lors que, par réflexe professionnel, j’ai sorti ma caméra, cinq des agresseurs m’ont pris en chasse. Ils m’ont rattrapé et longtemps frappé à coups de bâtons. Cela se passait en plein jour. La police a mis vingt minutes à arriver. (…) J’ai été hospitalisé avec des blessures à la tête et à la poitrine, mais ça va mieux maintenant. Je sens que j’ai eu beaucoup de chance. Cela aurait pu être bien pire. »

(Crédit photo : AFP Photo / HO / Antena)

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