Reporters sans frontières

Gambie

Publié le mercredi 6 janvier 2010. Mis à jour le mercredi 30 janvier 2013.
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La liberté de la presse subit, année après année, l’étouffoir d’un gouvernement intolérant et imprévisible. Les médias privés travaillent avec les mains liées par un climat très menaçant, appuyé sur une des législations sur la "diffamation" et la "publication de fausses nouvelles" les plus liberticides d’Afrique de l’Ouest.

Malgré l’existence d’un gouvernement civil, le pays dirigé par le jeune président Yahya Jammeh est le domaine réservé d’une petite clique de militaires souvent irrationnels, emprisonnant, torturant et terrorisant parfois au hasard ceux qui osent, un jour, s’opposer au chef de l’Etat ou à ses amis. L’assassinat du plus prestigieux journaliste du pays, le rédacteur en chef de l’hebdomadaire The Point, Deyda Hydara, dans la soirée du 16 décembre 2004, a sonné la fin d’une époque où la presse privée, bien organisée et exigeante, pouvait encore faire front face à un gouvernement qui ne cachait pas son hostilité à son égard. Ancien président du syndicat des journalistes, correspondant de Reporters sans frontières et de l’AFP, le doyen des journalistes du pays était aussi un éditorialiste clairvoyant, pointant les errements d’un jeune président inexpérimenté et mystique. Au moment de son assassinat, à portée de voix d’une caserne de la police, il était surveillé en permanence par la redoutable NIA, le tout-puissant service de renseignements du chef de l’Etat. Depuis sa mort, quasiment tous ceux qui pouvaient gêner le Président sont rentrés dans le rang ou ont quitté le pays. Hormis The Point, plus ou moins protégé par l’aura de son défunt directeur, la plupart des journaux qui ont tenté de faire entendre une voix différente du quotidien progouvernemental The Daily Observer ont été fermés illégalement. Un journaliste emprisonné, "Chief" Ebrima Manneh, a disparu corps et biens dans la sinistre prison de Mile Two, sur le front de mer près de Banjul. Et les autorités ont toujours nié le détenir, malgré de nombreux témoignages de prisonniers et de témoins oculaires affirmant le contraire.

Fiche actualisée en avril 2009

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