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Affaire Chief Ebrima Manneh : le ministre de la Justice doit apporter la preuve de ses déclarations

Affaire Chief Ebrima Manneh : le ministre de la Justice doit apporter la preuve de ses déclarations

Publié le mardi 11 octobre 2011.
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Réagissant à la déclaration du ministre gambien de la Justice, Edward Gomez, selon qui le journaliste disparu "Chief" Ebrima Manneh serait "vivant", Reporters sans frontières demande aux autorités d’apporter sans délai une preuve de vie du journaliste.

"Monsieur le ministre, vos propos ne peuvent être pris à la légère. Par respect pour le journaliste lui-même mais aussi pour sa famille, ses collègues, ceux qui le soutiennent en Gambie comme à l’étranger et attendent de ses nouvelles depuis plus de cinq ans, vous devez immédiatement apporter la preuve que Chief Ebrima Manneh est vivant", a déclaré l’organisation.

"Où est-il ? Dans quel état de santé ? Qui le détient ? Que lui reproche-t-on ?", s’est interrogée l’organisation.

Dans un entretien au quotidien privé Daily News, Edward Gomez a affirmé : "Laissez-moi vous dire avec un degré élevé de certitude que le journaliste Chief Ebrima Manneh est quelque part et il est en vivant." "Nous allons parler de ce dossier ultérieurement, au moment opportun, quand je pourrai vous le prouver au-delà de tout doute raisonnable. (…) Et certains d’entre vous, les journalistes, vous aurez honte de tout ce que vous avez publié", a-t-il dit.

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"Chief" Ebrima Manneh

"Chief" Ebrima Manneh, journaliste du quotidien privé pro-gouvernemental The Daily Observer, est porté disparu depuis le 7 juillet 2006. Ce jour-là, il a été arrêté par la National Intelligence Agency (NIA, services de renseignements), pour une raison inconnue, peu après la clôture du Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine qui s’était tenu à Banjul.

Le 5 juin 2008, la Cour de justice de la Cedeao, basée à Abuja au Nigeria, avait exigé des autorités gambiennes la libération du journaliste, ainsi que le paiement de dommages et intérêts. Le gouvernement gambien n’avait pas répondu favorablement à cette décision et a toujours refusé de révéler toute information sur le sort de "Chief" Ebrima Manneh.

Le 6 avril 2009, la ministre de la Justice de l’époque, Marie Saine Firdaus, avait simplement déclaré que le journaliste n’avait jamais été détenu dans une prison gambienne. Pourtant, une semaine plus tard, un policier de la prison Mile Two à Banjul, s’exprimant sous couvert de l’anonymat, avait déclaré avoir vu le journaliste pour la dernière fois dans l’enceinte de la prison, en 2008, avant qu’il ne soit emmené, en pleine nuit, par un policier en civil. "Chief" Ebrima Manneh n’a jamais été revu depuis.

Plusieurs confrères ont émis l’idée que Chief Ebrima Manneh pourrait être mort. En mars 2011, le président gambien lui-même avait déclaré : "Je dois vous dire très clairement que le gouvernement n’a rien à voir avec la mort ou la disparition de Chief Manneh".

Reporters sans frontières ne l’a jamais considéré comme mort. "Chief" Ebrima Manneh figure toujours dans la liste des journalistes emprisonnés sur le site Internet de l’organisation.

Une élection présidentielle se tiendra en Gambie le 24 novembre prochain. L’actuel chef d’Etat, Yahya Jammeh, au pouvoir depuis 1994, figure depuis plusieurs années parmi les "prédateurs de la liberté de la presse" que dénonce Reporters sans frontières.

Photo d’illustration : Le ministre gambien de la Justice, Edward Gomez

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