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Le directeur de publication du journal Le Temps libéré

Le directeur de publication du journal Le Temps libéré

Publié le mercredi 3 novembre 2010.
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Reporters sans frontières prend acte de la libération, le 31 octobre 2010, de Jean-Yves Ntoutoume, directeur de publication du journal privé Le Temps. Incarcéré à la prison de Libreville depuis le 26 octobre, le journaliste est parvenu à régler l’intégralité de l’amende à laquelle il avait été condamné il y a quatre ans, permettant ainsi sa remise en liberté.

« Sur le plan judiciaire, je me sens libre, a-t-il déclaré à Reporters sans frontières deux jours après sa sortie de prison, mais financièrement, nous aurons du mal à nous en relever. Nous avons dû emprunter cet argent, et les subventions qui nous sont allouées ne cessent de baisser. La justice n’est pas impartiale. Les subventions sont données à la tête du client, et nous, nous ne caressons pas dans le sens du poil. Nous recevons moins d’argent que d’autres journaux qui n’ont pas de bureaux et seulement très peu d’employés. »


27- 10- 2010- Un directeur de publication incarcéré pour non paiement de l’intégralité d’une amende

Reporters sans frontières demande la remise en liberté immédiate de Jean-Yves Ntoutoume, directeur de publication du journal indépendant Le Temps, incarcéré à Libreville depuis le 26 octobre 2010. Le journaliste est privé de sa liberté pour n’avoir jamais pu s’acquitter de l’intégralité d’une amende qui lui avait été infligée il y a six ans. Cet incident relance le débat sur la dépénalisation des délits de presse au Gabon.

L’incarcération de Jean-Yves Ntoutoume est excessive. Une amende de 10 millions de francs CFA est évidemment trop lourde pour un journal comme Le Temps, qui vend un nombre limité d’exemplaires et qui évolue dans un environnement économique difficile. Elle place le journaliste dans une situation juridique et économique inextricable : économique car il n’aura jamais les moyens de payer son amende, juridique car cette incapacité le met hors-la-loi et le conduit en prison. Loin de remettre en cause l’arrêté du jugement, Reporters sans frontières demande aux autorités de trouver une voie de conciliation et de revenir à une peine raisonnable, dont l’accusé pourra s’acquitter.

Les sommes exagérées qui sont exigées des professionnels de la presse en de tels cas n’ont qu’une issue : la fermeture progressive des médias, trop endettés pour poursuivre leurs activités. Les 5 millions de francs CFA qui ont à ce jour été versés au comptable du PDG ne suffisent-ils pas à réparer le préjudice subi ?

Convoqué à la police judiciaire le 26 octobre, Jean-Yves Ntoutoume a été présenté au procureur qui l’a immédiatement placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de Libreville.

En 2004, Le Temps avait mis en cause le comptable du Parti démocratique gabonais (PDG, parti au pouvoir) dans une affaire de braquage. Le directeur de publication et le journaliste auteur de l’article avaient été poursuivis pour "diffamation" et condamnés à payer la lourde amende de 10 millions de FCFA (un peu plus de 15 000 euros).

Les deux hommes n’ont pu s’acquitter à l’époque que d’un million de FCFA. Le 27 octobre 2010, un confrère de Jean-Yves Ntoutoume a versé quatre millions supplémentaires. La justice exige donc, pour libérer le journaliste, que soient encore versés cinq millions de francs CFA, une somme dont celui-ci ne dispose pas.

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