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Les médias victimes des graves tensions politiques liées à l'élection présidentielle

Les médias victimes des graves tensions politiques liées à l’élection présidentielle

Publié le jeudi 3 septembre 2009.
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Reporters sans frontières est extrêmement préoccupée par l’embrasement que connaît le Gabon, le 3 septembre 2009, depuis l’annonce par les autorités de la victoire d’Ali Bongo à l’élection présidentielle. Malmenés depuis le jour du scrutin, certains journalistes ont été menacés, d’autres tabassés, et des chaînes de télévision ont vu leur signal interrompu.

"Si les journalistes ont bénéficié d’apparentes bonnes conditions de travail le jour du vote, il en a été tout autrement entre le dépouillement et l’annonce des résultats. Les médias sont là pour couvrir l’élection et son issue, pas pour être les otages de la compétition entre les candidats. Dès lors que les médias sont empêchés de faire leur travail librement, il n’existe aucune garantie quant au bon déroulement de l’élection", a déclaré l’organisation.

Le 3 septembre, au rond-point de la Démocratie, devant l’entrée de la Commission électorale nationale autonome et permanente, à Libreville, une équipe de la Radio-Télévision Nazareth (RTN) a été malmenée par des manifestants de l’opposition réagissant à l’annonce de la victoire d’Ali Bongo. Ces derniers s’en sont pris aux journalistes et ont cassé leurs caméras, leur reprochant d’être "pro-Ali". Une équipe de l’Agence France-Presse (AFP) a, quant à elle, échappé à une tentative d’agression au quartier Plein-Ciel, également dans la capitale gabonaise, tandis qu’une équipe de France 3 a été caillassée.

La veille, aux environs de 23 heures, Patrick Bibang, de la station Africa n°1, a été molesté par la foule alors qu’il couvrait les manifestations organisées par l’opposition. Le journaliste était en train de se frayer un passage pour approcher les leaders de l’opposition, notamment André Mba Obame et Pierre Mamboundou.

Dans la nuit du 1er au 2 septembre, un commando de cinq hommes cagoulés a mitraillé le poste émetteur satellite de la chaîne de télévision Go Africa, laquelle tentait de prendre le relais de TV +, appartenant au candidat de l’opposition André Mba Obame, dont l’émetteur a été coupé le 30 août, jour du scrutin. Suite à la diffusion d’une émission sur le président défunt Omar Bongo Ondimba, les autorités avaient reproché à la chaîne une "mauvaise exploitation d’images d’archives".

Le 2 septembre, les messages téléphoniques écrits ont été suspendus par l’Agence de régulation des télécommunications (ARTEL) face à la multiplication des SMS contenant des menaces de mort contre des personnalités et des journalistes. Un journaliste de l’AFP a affirmé à Reporters sans frontières avoir reçu des dizaines de menaces de mort par téléphone. Les SMS peuvent aussi être utilisés pour transmettre des résultats et appeler à des rassemblements.

Enfin, depuis le 1er septembre, la chaîne Africa 24 diffuse un message indiquant que son équipe a été contrainte de quitter le pays par les autorités gabonaises. Ces dernières ont démenti.

Le 28 août 2009, à deux jours du scrutin, Reporters sans frontières avait fait part de son inquiétude concernant la "possible chape de plomb sur l’information entourant l’élection présidentielle". Lire le communiqué

Selon les résultats officiels rendus publics par le ministère de l’Intérieur, Ali Bongo a été élu président du Gabon avec 141 952 voix, soit 41,73% des suffrages. Il est suivi d’André Mba Obame (88 028 voix, 25,88% des suffrages) et de Pierre Mamboundou (85 797 voix, 25,22% des suffrages).

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