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Le journaliste brutalisé par des hommes du Président est sorti de l'hôpital

Le journaliste brutalisé par des hommes du Président est sorti de l’hôpital

Publié le vendredi 12 décembre 2008.
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Habib Papy Boudendji, dit Habib Bilalou, de l’hebdomadaire satirique Le Nganga, est sorti de l’hôpital, le 10 décembre 2008, aux alentours de 14 h 30. Sévèrement brutalisé par des militaires dans la nuit du 5 au 6 décembre, dans l’enceinte de la présidence de la République, le journaliste a déclaré avoir été frappé à coups de matraque sur les pieds et souffrir de plusieurs contusions au visage. Il s’est dit également "inquiet" pour sa sécurité.

Habib Papy Boudendji, dit Habib Bilalou, de l’hebdomadaire satirique Le Nganga, est sorti de l’hôpital, le 10 décembre 2008, aux alentours de 14 h 30. Le journaliste avait été sévèrement brutalisé par des militaires dans la nuit du 5 au 6 décembre, dans l’enceinte de la présidence de la République. Un de ses articles, publié dans l’édition du Nganga du 27 novembre, mettait en cause la fille ainée et directrice de cabinet du chef de l’Etat, Pascaline Bongo, dans un détournement de fonds présumé.

Interrogé par Reporters sans frontières, le journaliste a déclaré avoir été frappé à coups de matraque sur les pieds, ce qui l’empêche de marcher normalement. Habib Bilalou souffre également de plusieurs contusions au visage, notamment à un oeil et au nez. Il s’est dit également "inquiet" pour sa sécurité.


10.12 - Un journaliste d’un hebdomadaire satirique brutalisé par des hommes du Président

Un journaliste d’investigation de l’hebdomadaire satirique Le Nganga, Habib Papy Boubendji, dit Habib Bibalou, a été sévèrement brutalisé par des militaires, dans la nuit du 5 au 6 décembre 2008, dans l’enceinte de la présidence de la République, a appris Reporters sans frontières auprès de sources concordantes. Le journaliste se trouve actuellement en soins intensifs dans un hôpital militaire proche de Libreville, où seule sa femme est autorisée à lui rendre visite.

"L’agression dont a été victime Habib Bibalou et les zones d’ombre qui l’entourent sont absolument intolérables. Nous demandons aux autorités gabonaises de fournir des explications sur cette affaire et de donner publiquement des nouvelles du journaliste et de son état de santé. Cet incident aurait pu connaître une issue tragique et aurait ajouté un nom à la liste sordide des journalistes ’disparus’ après être passés entre les mains des hommes d’un président africain", a déclaré l’organisation.

Selon les informations de Reporters sans frontières, Habib Bibalou a été convoqué à la présidence de la République, le 5 décembre, puis sévèrement brutalisé par des militaires, dans la nuit du 5 au 6 décembre, dans l’enceinte de la présidence. Déposé la matinée suivante à l’hôpital d’instruction des armées, à 9 km de Libreville, par des agents de la Direction générale des recherches de la gendarmerie (DGR), le journaliste est traité, depuis le 6 décembre, à l’unité de soins intensifs. Seule sa femme est autorisée à lui rendre visite. Il présenterait plusieurs contusions au visage, aurait deux côtes brisées et une jambe cassée.

Depuis le passage à tabac de Habib Bibalou, ses collègues de l’hebdomadaire Le Nganga ne se rendent plus à la rédaction de peur d’être arrêtés à leur tour. Le directeur de publication, Loïc Bitéghé, est injoignable. Selon une source locale interrogée par Reporters sans frontières, Habib Bibalou avait été convoqué une première fois à la présidence de la République, le 2 décembre, et reçu par le président Omar Bongo. Il avait ensuite rejoint ses collègues et repris le travail, avant sa deuxième convocation.

Dans l’édition n°184 de l’hebdomadaire Le Nganga, datée du 27 novembre 2008 et dont Reporters sans frontières détient une copie, Habib Bibalou mettait en cause, dans un article publié en Une et intitulé "Le Cabinet d’OBO et les 600 millions de FCFA de BJN", la directrice de cabinet du président Omar Bongo Ondimba (OBO), sa fille aînée Pascaline, pour son rôle dans un détournement de fonds présumé. Le journal reproduisait une note, signée par Pascaline Bongo, le 24 octobre 2006, demandant "au Trésor public de décaisser urgemment les fonds nécessaires" dans le cadre d’un projet de voirie et de désenclavement d’un quartier périphérique mis en oeuvre par la société BJN Gabon. Or, bien que l’argent ait été débloqué, "n’importe quel automobiliste de Libreville peut assurer que le réseau de voirie qui a nécessité autant d’argent (plus de 600 millions de FCFA) est quasiment resté en l’état", indiquait Habib Bibalou. "Est-ce à dire que BJN Gabon n’a pas reçu l’entièreté des financements pour réaliser ces travaux ? Ou alors cet argent aurait pris une autre destination ? Ou bien faut-il penser que cette entreprise et le Cabinet seraient tombés d’accord pour ne pas tout mettre dans les travaux, au point de saboter volontairement la politique d’OBO ?", s’interrogeait alors le journaliste.

Le Gabon, bien qu’étant fondé sur un mécanisme démocratique, est en réalité le fief personnel du chef de l’Etat et de sa famille. La presse privée tente de survivre, en prenant parfois ses ordres auprès d’un personnel politique versatile et facilement corruptible. Sur 173 pays, le Gabon occupe la 110e position du classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières en octobre.

Dans une autre affaire, Reporters sans frontières a dénoncé la suspension, pour un mois, du journaliste de la Radio télévision gabonaise (RTG 1), Alain Richard Nzamba Nzinga, pour avoir dénoncé la retraite dorée des députés gabonais, suite à l’adoption d’un texte leur attribuant une pension d’un million de FCFA par mois dès la fin de leur mandat.

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