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Loi sur le blasphème – Appel à la cohérence

Loi sur le blasphème – Appel à la cohérence

Publié le vendredi 21 mai 2010.
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Dans une résolution adoptée à Strasbourg le jeudi 20 mai 2010, le Parlement européen a demandé au Pakistan de « revoir en profondeur » ses lois sur le blasphème qui ouvrent selon lui la voie à « tous les abus ». Le Parlement a par ailleurs dénoncé une « contradiction » entre l’engagement du Pakistan pour les libertés religieuses et son « rôle déterminant » au sein de l’Organisation de la Conférence islamique pour obtenir la condamnation par les Nations unies de la « diffamation des religions ».

« Nous saluons bien entendu la démarche du Parlement européen et la légitimité des demandes qu’il adresse au Pakistan. Nous attirons cependant l’attention des parlementaires sur la nécessité de revoir dans le même temps les législations européennes en la matière. Il est peu cohérent de demander à un Etat tiers de revoir en profondeur ses lois sur le blasphème quand on continue à accepter en Irlande l’existence d’une loi instituant le blasphème en délit, puni par des amendes pouvant aller jusqu’à 25 000 euros », a déclaré Reporters sans frontières.

« Nous avions déjà interpellé le Conseil européen le 4 janvier 2010 pour qu’il prenne contact avec les autorités irlandaises (lien avec communiqué du 4 janvier) sans grand succès malheureusement. D’autres pays européens (Portugal, Danemark et Pologne entre autres) disposent encore de lois similaires qui prescrivent toujours des peines de prison et des amendes importantes. Même si elles ne sont que très rarement appliquées, leur existence constitue une limite à la liberté d’expression, incompatible avec les standards démocratiques européens. Il est impératif que les députés européens prennent position avec la même fermeté pour que ces législations soient définitivement retirées du droit européen. Les résolutions du Parlement sur ce sujet s’en trouveraient considérablement renforcées », a conclu Reporters sans frontières.

« A l’heure où le caricaturiste suédois Lars Vilks ne peut plus faire de conférence sur les possibilités de brocarder les religions sans s’exposer à des agressions et à l’attaque de sa maison par des jets de cocktails Molotov, il nous semble important que le Parlement européen rappelle aux Etats membres que si la Charte des droits fondamentaux garantit dans son article 10 la liberté de culte, elle garantit aussi dans son article 11 la possibilité de critiquer des religions, et par extension le blasphème », a conclu l’organisation.

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