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Censuré, poursuivi et listé “terroriste”, le réalisateur Josh Fox victime d'un déni du Premier amendement

Censuré, poursuivi et listé “terroriste”, le réalisateur Josh Fox victime d’un déni du Premier amendement

Publié le mardi 7 février 2012.
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Réalisateur et défenseur de l’environnement, Josh Fox comparaîtra en justice le 15 février 2012 pour “entrée illégale”, à la suite de son arrestation dans l’enceinte du Congrès, le 1er février dernier. Le jeune cinéaste s’est vu empêcher de filmer une audience du sous-comité à l’énergie et à l’environnement de la Chambre des représentants. Menotté et expulsé sans résistance pour “défaut d’accréditation”, il a été aussitôt relâché sans devoir s’acquitter d’une caution.

Auteur en 2010 du remarqué Gasland, dont il tourne actuellement la suite, Josh Fox a révélé grâce à son travail d’investigation l’ampleur de la pollution des eaux de consommation courante attribuée à l’extraction du gaz de schiste. L’audience qu’il s’apprêtait à filmer devait donner lieu à la présentation d’un rapport de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA), datant de décembre 2011 et confirmant les résultats de sa propre enquête.

“Le droit d’informer et d’être informé, garanti par le Premier amendement de la Constitution, est ici deux fois bafoué. D’une part, l’arrestation et l’expulsion de Josh Fox constituent un acte de censure flagrant, d’autant plus absurde que l’audience du sous-comité était officiellement filmée et accessible de son site. D’autre part, Josh Fox s’est emparé d’un sujet d’intérêt crucial qui appelle le débat le plus complet et le plus transparent possible. En écartant aussi grossièrement un témoin jugé indésirable, le sous-comité ne fait qu’alimenter le soupçon de sa propre accointance avec l’industrie minière, au mépris de citoyens fondés à réclamer des comptes en matière de santé publique”, a déclaré Reporters sans frontières.

En admettant que l’issue judiciaire du 15 février puisse lui être favorable, Josh Fox n’en figure pas moins, depuis la sortie de son film, sur la liste antiterroriste (“Terror Watch list”) du ministère fédéral de la Sécurité intérieure (Homeland Security).

“Reporters sans frontières en appelle solennellement à la ministre Janet Napolitano afin que soit levée dans les plus brefs délais cette marque d’infamie. Faire peser le soupçon de ‘terrorisme’ sur un citoyen américain qui fait profession d’informer relève de la pire manœuvre de discrédit, en l’absence d’arguments de fond à lui opposer. La crainte qu’un tel soupçon n’influe défavorablement sur son procès, le 15 février, n’est d’ailleurs pas totalement à exclure. Le déni de justice entérinerait alors le déni de droits fondamentaux dont Josh Fox est déjà victime”, a conclu l’organisation

En recul de 20 places dans le dernier classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières, les États-Unis le doivent pour beaucoup aux violences et entraves opposées aux journalistes lors des manifestations d’Occupy Wall Street. De nouveaux cas ont d’ailleurs été constatés en ce début d’année, en particulier à Oakland (Californie). Mais le pays du Premier amendement doit aussi sa chute relative à de trop fréquentes difficultés d’accès à l’information publique, comme en témoigne la présente affaire.

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