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Nouvelle controverse après la fermeture d'une radio ; outrances présidentielles contre des journalistes d'opposition

Nouvelle controverse après la fermeture d’une radio ; outrances présidentielles contre des journalistes d’opposition

Publié le mardi 17 juillet 2012. Mis à jour le mercredi 18 juillet 2012.
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Après dix-sept ans de fonctionnement, Radio Morena FM 98.1, basée à Guayaquil, a cessé d’émettre, le 6 juillet 2012, à l’issue d’une vaste opération de réquisition de ses équipements. Propriété du politicien d’opposition Luis Almeida, la station est le dix-neuvième média audiovisuel ainsi contraint à la fermeture depuis le début de l’année.

Comme dans les cas précédents, la controverse entoure les motifs et les conditions d’application d’une telle mesure. Les représentants de la station dénoncent une “persécution” de nature politique. L’autorité administrative compétente, le Secrétariat national de télécommunications (Senatel, anciennement Conatel), assure que Radio Morena n’a pas effectué dans les temps le paiement de sa concession de fréquence.

“Notre préoccupation reste la même. En admettant que Radio Morena ait tardé à régler son dû, pourquoi avoir procédé à sa fermeture sans attendre qu’aient été épuisées toutes les voies de recours ? Il y a là une exigence légale, et même constitutionnelle, de respect des procédures. La confiscation des équipements de la station, propriété du média au contraire de sa fréquence, ajoute aux soupçons que suscite le procédé. Nous appelons à un réexamen complet du système d’attribution des fréquences et du fonctionnement de l’autorité qui les administre. Cette recommandation avait été formulée par un groupe d’experts consulté à la demande du président Rafael Correa lui-même en 2009. Cette réforme de fond est urgente”, a déclaré Reporters sans frontières, qui plaide pour qu’elle figure à l’agenda d’un nouveau débat sur la loi de communication.

La vague de fermeture de médias audiovisuels - pour la plupart réputés critiques envers le gouvernement - nourrit d’autant plus la polémique que le président Rafael Correa multiplie les attaques personnelles contre des personnalités d’opposition.

Gustavo Cortez, rédacteur en chef du quotidien El Universo, a été à lui seul la cible de violents réquisitoires présidentiels au cours de quatre récents enlaces hebdomadaires (discours de Rafael Correa diffusés le samedi sur la plupart des médias audiovisuels publics). Le chef de l’État n’a pas hésité à brandir la photo de l’intéressé en appelant publiquement ses propres soutiens à “réagir” contre lui, le 14 juillet dernier (voir ci-dessous). César Ricaurte, directeur de l’ONG de défense de la liberté d’expression Fundamedios, a subi les mêmes foudres au cours d’un autre enlace du samedi, au mois de juin.

“Reporters sans frontières a su rappeler, quand il le fallait, certains excès de la presse privée par le passé. Mais quel sens donner au pardon que le président Rafael Correa avait accordé à El Universo, le 27 février dernier, s’il relance aujourd’hui les hostilités ? La responsabilité d’un chef de l’État est d’assurer la concorde citoyenne et non pas de désigner à l’antenne des ‘ennemis du pays’ qui sont aussi ses citoyens. Le respect qu’exige un président démocratiquement élu pour sa personne et sa fonction suppose qu’il l’applique à ses détracteurs ou opposants. L’attaque personnelle compromet, en l’occurrence, la sécurité de ceux qu’elle vise”, a conclu l’organisation.

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