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 La condamnation du quotidien El Universo confirmée en appel : “Un précédent grave et une dernière issue possible ?”

La condamnation du quotidien El Universo confirmée en appel : “Un précédent grave et une dernière issue possible ?”

Publié le mercredi 21 septembre 2011.
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La cour d’appel de Guayaquil a confirmé, le 20 septembre 2011, la peine de trois ans de prison et 40 millions de dollars d’amende pour “injure calomnieuse” prononcée deux mois plus tôt contre trois directeurs et un ancien éditorialiste du quotidien El Universo. Les chances de cassation paraissent minimes pour le journal qui risque, en l’état, la faillite financière et la fermeture.

Le président Rafael Correa, qui a finalement renoncé à réclamer le double de la somme imposée, s’est néanmoins dit prêt à répondre favorablement, le cas échéant, à une “demande de pardon” du journal. Il avait précédemment fait savoir qu’il n’exigerait pas de peine de prison effective pour les personnes condamnées et pourvoirait éventuellement à une recapitalisation du journal à l’aide de l’amende perçue.

“Les gages donnés par le président Rafael Correa, qui a savouré sa victoire sur Twitter, n’enlèvent malheureusement rien au grave précédent juridique créé par une peine toujours aussi exorbitante. El Universo avait, de son côté, manifesté sa bonne volonté en proposant d’ouvrir ses colonnes au chef de l’État avant le jugement de première instance. Nous suggérons que cette dernière offre soit acceptée, maintenant que la condamnation semble définitive, contre deux garanties : la non effectivité des peines de prison prononcées et la suspension d’une amende synonyme de chômage pour toute une rédaction”, a déclaré Reporters sans frontières.

“Rien n’interdit au président Rafael Correa de répondre lui-même et sur le fond à un éditorial qu’il pouvait légitimement estimer offensant et injurieux. L’application des peines confirmées en appel ce 20 septembre risquent encore de compromettre les chances de consensus autour du futur projet de loi de communication. Cette inquiétude est renforcée par la procédure administrative à présent engagée par la Superintendance des télécommunications (SUPTEL) contre sept radios – Radio Quito, Radio Centro, Genial Exa, Visión, Platinum, Radio City et Ondas Azuayas – incriminées pour avoir réalisé ensemble, le 10 août dernier ‘sans notification préalable’, un programme dédié à… la liberté d’expression”, a conclu l’organisation qui accepte toujours, sans condition, l’invitation à débattre du secrétaire national de Communication, Fernando Alvarado.

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