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Nouvelles agressions contre les professionnels de l'information

Nouvelles agressions contre les professionnels de l’information

Publié le jeudi 24 novembre 2011.
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Les affrontements se poursuivent dans les rues adjacentes à la place Tahrir. Malgré la promesse du Conseil suprême des forces armées de transférer le pouvoir au plus tôt à une autorité civile, les manifestants exigent le départ immédiat du maréchal Tantawi et son gouvernement de transition.

Le chaos qui règne au Caire et les graves violations des droits de l’homme qu’il engendre n’ont rien à envier aux heures noires du premier épisode révolutionnaire de janvier-février 2011. Les professionnels de l’information sont les témoins gênants du déclin de l’armée au pouvoir. Reporters sans frontières s’inquiète d’autant plus de la répression qui pourrait s’accentuer à leur encontre.

La réalisatrice et documentariste américaine Jehane Nojaim et son cameraman Magdy Ashour, arrêtés le 23 novembre à proximité de la place Tahrir, devraient être prochainement présentés devant un tribunal militaire. Reporters sans frontières exige leur libération immédiate et l’abandon des charges qui pèsent contre eux.

Chronologie

24 novembre 2011

La blogueuse égypto-américaine Mona Al-Tahtawy a été arrêtée dans la nuit du 23 au 24 novembre, à proximité de la rue Mohamed Mahmoud (près de la place Tahrir). Elle a été libérée le 24 novembre dans la journée, douze heures après son interpellation. Sur son profil Twitter, la blogueuse témoigne de mauvais traitements de la part d’agents du ministère de l’Intérieur à l’égard des détenus et de l’agression sexuelle dont elle a été victime .

Le blogueur égyptien Maged Butter a également été arrêté dans la nuit du 23 au 24 novembre. Il a été libéré dans la journée.

23 novembre 2011

La réalisatrice et documentariste américaine Jehane Nojaim et son cameraman Magdy Ashour ont été arrêtés par la police rue Mansour, vers 18 heures (heure locale) alors qu’ils couvraient les affrontements à proximité du ministère de l’Intérieur. Leur équipement a été confisqué. Ils devraient être prochainement présentés devant un tribunal militaire. On ignore avec exactitude l’ensemble de charges qui pèsent contre eux (http://twitter.com/# !/search/FreeJe...).

22 novembre 2011

Le photographe espagnol freelance Guillem Valle, collaborant au Wall Street Journal ce jour-là, a été violemment agressé par des policiers en civil alors qu’il photographiait un bâtiment en feu. Il a dû être transféré à l’hôpital pour y recevoir des soins.

L’organisation a appris que le correspondant Ibrahim Mohamed Shareef de l’agence kurde PUKmedia avait été légèrement blessé alors qu’il couvrait les affrontements de la place Tahrir.

Par ailleurs, Reporters sans frontières revient sur une erreur publiée dans le communiqué de presse précédent : La journaliste Dana Smilie, collaborant pour la télévision finlandaise, a été interpellée dans le quartier du Moqattam (Le Caire) par la police militaire, avec le correspondant de la chaîne au Caire, ainsi que leur traducteur égyptien, alors qu’ils filmaient des affiches électorales dans le quartier. Le chauffeur du taxi à bord duquel ils ont été arrêtés a également été arrêté. Transférés dans des bâtiments de l’armée, ils ont été brièvement interrogés. Leur équipement leur a été restitué.

Photo : Gaël Favari


Multiplication des agressions de journalistes 23/11/2011

Depuis le 19 novembre 2011, de violents affrontements opposent des manifestants demandant la dissolution du Conseil suprême des forces armées (CSFA) et la mise en place d’institutions civiles, et la police au Caire et dans plusieurs villes du pays. Plusieurs victimes chez les manifestants sont à déplorer. Les professionnels de l’information constituent une des cibles des attaques des forces de l’ordre qui procèdent à des interpellations, des confiscations voire destructions de leur matériel et font usage de la violence.

Reporters sans frontières condamne les agressions dont sont victimes l’ensemble des civils, parmi lesquels les professionnels de l’information qui sont particulièrement exposés du fait de leur mission d’information.

Chronologie des attaques contre des professionnels de l’information (liste non exhaustive)

22 NOVEMBRE 2011

La photographe Dana Smilie (http://www.danasmillie.com/#/bio) a été interpellée au Caire et transférée dans deux bâtiments de l’armée. Elle a été interrogée pendant cinq heures.

Une équipe de télévision finlandaise a été détenue pendant cinq heures alors qu’elle était en train de réaliser un reportage au Moqattam au Caire. L’équipement a été confisqué.

21 NOVEMBRE 2011

Malek Mostafa (@malek) a été blessé à l’oeil gauche. Il a dû subir une opération chirurgicale.

Maher Iskandar, photographe pour le quotidien Youm7, a été blessé à la jambe alors qu’il filmait les affrontements place Tahrir.

Le Syndicat des journalistes a également condamné les attaques contre les journalistes de cinq médias, parmi lesquels Al-Akhbar, El-Shorouk, El-Tahrir et l’agence de presse MENA : “Un journaliste a été arrêté, forcé de se déshabiller. Frappé avec un bâton pendant cinq heures, il a été insulté. On lui a volé tout son argent.”

20 NOVEMBRE 2011

Le Caire

Le photographe du journal indépendant Al-Masry Al-Youm, Ahmed Abdelfatah, a été grièvement blessé à l’oeil alors qu’il couvrait les manifestations rue Mohamed Mahmoud, à proximité de la place Tahrir. Il a été transféré à l’hôpital ophtalmologique international de Guizah pour examen. Il devrait être prochainement opéré. Mohamed Kamel du quotidien Al-Masry Al-Yaoum a également été blessé à la tête par une balle en caoutchouc. Il a été transféré à l’hôpital en ambulance. Le même jour, la police a violemment pris à partie ses collègues Abanub Amad et Tarek Wageeh, photographes pour le même quotidien.

Omar Al-Zuhairi, photographe du quotidien indépendant Al-Tahrir, a été blessé à la tête au cours des affrontements. Mo’taz Zaki, photographe pour le même quotidien, a quant à lui été interpellé. Tous deux couvraient les affrontements place Tahrir.

Ont également été inquiétés : Rasha Azab, journaliste pour le journal indépendant Al-Fagr, Mahmoud Al-Hefnaoui, journaliste pour Youm7, Amr Gamal, journaliste pour le site Al-Hurriya wa Al-Adala, qui a été interpellé par les forces de l’ordre pendant plusieurs heures, et Saad Abid, journaliste freelance.

Alexandrie

Sarhan Sanara, journaliste du quotidien gouvernemental Al-Akhbar a été interpellé par la police pendant près de sept heures alors qu’il couvrait les manifestations à Alexandrie. Il a été soumis à de mauvais traitements, battu à plusieurs reprises par les policiers.

Ahmad Tarek, de l’agence officielle Mena, a été arrêté par la police, tout comme Ahmad Ramadan, photographe du quotidien Al-Tahrir, Mohamed Fouad, directeur du quotidien indépendant Al-Shuruq, Essam Amer et Rafi Shaker, respectivement journaliste et photographe du quotidien Al-Shuruq.

19 NOVEMBRE 2011

Le cameraman de la société de production CNC, Yehia Faheem, et le preneur de son, Haitham Gala, ont été blessés par des tirs de balles en caoutchouc sur la place Tahrir, alors qu’ils étaient en train de couvrir les rassemblements.

Un reporter du site Ahram Online, Ahmed Feteha, a été frappé alors qu’il couvrait les affrontements.

Internet ralenti : préambule d’un deuxième blackout ?

Des rumeurs sur le blocage imminent d’Internet, comme celui du 25 janvier 2011, ont circulé sur la Toile. Bien que pour l’heure, Internet fonctionne, l’organisation a reçu l’information selon laquelle la vitesse de connexion a été ralentie à plusieurs reprises, et ce au moment des manifestations. L’accès à Internet depuis les téléphones portables Vodafone et autres appareils numériques serait également restreint.

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