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Maikel Nabil Sanad transféré à l'hôpital, un blogueur libanais interdit d'entrer en Egypte

Maikel Nabil Sanad transféré à l’hôpital, un blogueur libanais interdit d’entrer en Egypte

Publié le jeudi 8 septembre 2011.
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Alors que le blogueur Makeil Nabil Sanad a dû être transféré à la clinique de la prison suite à plusieurs malaises, un net-citoyen libanais, qui avait déjà collaboré avec lui, a été interdit d’entrer en Egypte.

Le 5 septembre 2011, Imad Bazzi (@TrellaLB), auteur du blog Trella.org depuis 1998 et directeur exécutif de l’organisation CyberACT, s’est vu interdire l’entrée sur le territoire égyptien à son arrivée à l’aéroport international du Caire, et a été renvoyé à Beyrouth par le premier avion. Il a déclaré qu’avant d’être expulsé, il avait été interrogé par trois hommes en civil, cherchant à en savoir davantage sur son activisme en ligne.

Imad Bazzi a déclaré à Reporters sans frontières : “Je suis convaincu d’avoir été expulsé pour avoir rendu visite, deux mois plus tôt, à Maikel Nabil Sanad, qui est un très bon ami à moi depuis longtemps. Plusieurs organisations ont révélé que j’étais sur la liste de noire des autorités depuis lors, sur ordre du Conseil suprême des forces armées, à cause de mon activisme en faveur de la liberté et de la liberté de la presse.”

Maikel Nabil Sanad est, quant à lui, toujours détenu à la prison d’Al-Marg, où il purge une peine de trois ans. En grève de la faim depuis le 23 août, il a dû être transféré d’urgence à l’hôpital de la prison, le 1er septembre, après avoir renoncé à s’hydrater deux jours plus tôt. Le blogueur, souffrant de problèmes cardiaques, a affirmé qu’il reprendrait sa grève de la faim quoiqu’il lui en coûte.

Reporters sans frontières déplore l’entêtement du Conseil suprême des forces armées dans ce dossier. La situation des blogueurs dans l’Egypte post-11 février n’est pas sans rappeler l’ère de répression vécue du temps d’Hosni Mubarak. L’organisation réitère sa demande de libération immédiate de Maikel Nabil Sanad, et demande aux autorités de ne pas entraver la libre circulation des professionnels de l’information.


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Reporters sans frontières, organisation internationale de défense de la liberté de la presse, est extrêmement préoccupée par le sort du blogueur Maikel Nabil Sanad et demande sa remise en liberté inconditionnelle et immédiate, afin que soit préservé le caractère démocratique de cette transition politique en Egypte. La libération du premier prisonnier de conscience post-révolution serait un geste symbolique très fort, perçu par l’ensemble de la communauté internationale comme un réel signe d’ouverture.

Maikel Nabil Sanad, qui a entamé une grève de la faim, le 23 août 2011, refuse désormais de s’hydrater. Le blogueur souffre déjà de problèmes cardiaques. Détenu, depuis le 28 mars 2011, son état de santé est très inquiétant et nécessite une intervention urgente.

“Si sa grève de la faim est bien le fait d’une décision personnelle, les autorités n’en sont pas moins responsables de la cause de son geste : un emprisonnement politique injuste et anti-démocratique. Si Maikel Nabil Sanad ne se réhydrate pas bientôt, il pourrait très prochainement succomber en détention. Le Conseil suprême des forces armées devra alors assumer l’entière responsabilité de ce drame. Maikel Nabil Sanad, détenu pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression, ne doit pas devenir le symbole d’une Egypte post-Mubarak répressive et partiale.” a délcaré Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

Maikel Nabil Sanad, 25 ans, a été arrêté dans la nuit du 28 mars 2011 par la police militaire et jugé en cour martiale. Accusé d’“insulte à l’institution militaire et de publication de fausses nouvelles”, et de “trouble à l’ordre public”, il a été condamné à trois ans de prison, le 10 avril dernier. Ni sa famille ni son avocat n’ont eu la possibilité de le rencontrer dernièrement. Le droit de visite dont il disposait, d’une fois par semaine, a également été réduit à deux fois par mois.

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