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Aggravation des conditions de détentions et de l'état de santé de Maikel Nabil Sanad

Aggravation des conditions de détentions et de l’état de santé de Maikel Nabil Sanad

Publié le jeudi 1er septembre 2011.
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Le blogueur Maikel Nabil Sanad, qui a déjà entamé une grève de la faim, le 23 août 2011, refuse désormais de s’hydrater. Son état de santé est très préoccupant.

Ses conditions de détention se seraient également dégradées. Alors que sa famille avait la possibilité de le rencontrer une fois par semaine, la fréquence des visites a été réduite par les autorités pénitentiaires à deux par mois. Récemment, sa famille s’est même vu refuser le droit de visite. La prison a affirmé que la décision émanait de Maikel Nabil Sanad lui même, qui aurait déclaré ne souhaiter voir personne.

Reporters sans frontières réitère sa demande de libération immédiate du blogueur pour des raisons humanitaires.


La vie du blogueur Maikel Nabil Sanad en danger, suite à sa grève de la faim
27.08.2011

Le blogueur Maikel Nabil Sanad a entamé, le 23 août 2011, une grève de la faim, afin de protester contre sa condamnation à trois ans de prison ferme par un tribunal militaire, le 10 avril dernier.

Physiquement affaibli par sa détention à la prison d’Al-Marg, depuis le 28 mars 2011, souffrant de problèmes cardiaques, le blogueur se dit déterminé à continuer cette grève de la faim jusqu’au bout, quelqu’en soient les conséquences.

Premier prisonnier d’opinion en Egypte depuis la révolution, il a récemment déclaré : “Je n’accepterai plus l’injustice. Si ma mort est le prix à payer pour en finir avec cette situation injuste, alors je paierai, et je mourrai”. Le blogueur aurait rédigé un communiqué concernant sa décision, que la prison a refusé de rendre public. Les autorités pénitentiaires se sont également opposées au transfert du blogueur à l’hôpital de la prison.

Reporters sans frontières exige la libération de Maikel Nabil Sanad dans les plus brefs délais. En attendant, l’organisation demande aux autorités pénitentiaires de lui apporter à tous les soins nécessaires à son rétablissement.

Le Conseil suprême des forces armées a récemment renoncé à juger la blogueuse Asmaa Mahfouz en cour martiale, alors qu’elle devait y comparaître pour les mêmes charges dont est accusé Maikel Nabil Sanad. Reporters sans frontière encourage l’institution à poursuivre sur cette voix, en renonçant à juger les civils en cour martiale.


Le blogueur et objecteur de conscience Maikel Nabil Sanad condamné à 3 ans de prison
11.04.2011

Reporters sans frontières est profondément choquée par la condamnation définitive du blogueur Maikel Nabil Sanad, le 10 avril 2011, à trois ans de prison ferme, faisant de lui le premier prisonnier d’opinion en Egypte depuis la révolution.

Maintenu en détention depuis le 28 mars 2011, Maikel Nabil Sanad a finalement comparu devant une cour martiale, le 7 avril 2011, après plusieurs annulations d’audience. Le verdict a été annoncé le 10 avril, en toute discrétion, en l’absence des soutiens et de la défense du blogueur.

Maikel Nabil Sanad, objecteur de conscience, est accusé d’“insulte à l’institution militaire”, “publication de fausses nouvelles” et “trouble à l’ordre public”, pour avoir publié un rapport, sur son blog, remettant en cause l’apparente neutralité de l’armée lors des manifestations de janvier et février 2011. Le rapport stipule que des militaires ont pris part aux arrestations, détentions et torture de manifestants.

“Les méthodes utilisées par les autorités militaires égyptiennes ne semblent pas avoir évoluées depuis la chute d’Hosni Moubarak. Elles montrent à quel point l’armée, sujet toujours tabou dans le pays, reste hermétique à la critique. Le procédé consistant à traîner un civil devant une juridiction dont il ne dépend pas, à savoir un tribunal militaire, n’est pas celui d’une société démocratique à laquelle aspirent les Egyptiens. Les circonstances de l’arrestation, de la détention du blogueur, ainsi que la manière dont s’est déroulé son procès, témoignent de l’absence totale de considération des autorités militaires pour les principes les plus élémentaires du droit international”, a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières. “Il devrait être possible aujourd’hui en Egypte, pays qui entame un processus de démocratisation, de pouvoir critiquer l’armée, comme n’importe quel corps constitué”, a-t-il précisé.

Reporters sans frontières appelle les autorités égyptiennes à revoir ce procès et à relâcher sans délai Maikel Nabil Sanad. En prenant cette décision, elles prouveraient leur volonté de construire une société démocratique basée sur la justice sociale, comme l’a affirmé le Premier ministre Essam Sharaf le 30 mars dernier.

Maikel Nabil Sanad n’a fait qu’exposer au grand jour les manquements de l’armée égyptienne et ce, dans l’intérêt général de son pays. En aucune circonstance, il ne doit être considéré comme un fauteur de trouble.

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