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Les six collaborateurs de La Voix de Djibouti libérés après plus de quatre mois derrière les barreaux

Les six collaborateurs de La Voix de Djibouti libérés après plus de quatre mois derrière les barreaux

Publié le vendredi 24 juin 2011. Mis à jour le vendredi 19 octobre 2012.
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Reporters sans frontières apprend avec soulagement que les six collaborateurs de La Voix de Djibouti, Farah Abadid Hildid, Houssein Ahmed Farah, Houssein Robleh Dabar, Abdillahi Aden Ali, Moustapha Abdourahman Houssein, Mohamed Ibrahim Waïss, sont sortis de la prison centrale de Gabode le 23 juin 2011 en début de soirée. Après plus de quatre mois d’emprisonnement et plusieurs recours devant la Cour suprême de Djibouti, les collaborateurs des médias bénéficieraient d’une liberté provisoire sous contrôle judiciaire, ordonnée par la chambre d’accusation de la Cour d’appel le 22 juin.


10.06.2011 - Six collaborateurs d’un média indépendant détenus depuis 4 mois dans les geôles de la prison de Gabode, à Djibouti

Reporters sans frontières apprend que six militants de l’opposition et collaborateurs de La Voix de Djibouti, une radio d’opposition émettant en ondes courtes depuis l’Europe, sont détenus sans avoir été jugés à la prison centrale de Gabode, à Djibouti, depuis maintenant 4 mois. Les correspondants Farah Abadid Hildid et Houssein Ahmed Farah et les informateurs Houssein Robleh Dabar, Abdillahi Aden Ali, Moustapha Abdourahman Houssein, Mohamed Ibrahim Waïss, tous affiliés aux partis de l’opposition, ont été placés sous mandat de dépôt le 9 février, pour "participation à un mouvement insurrectionnel." Durant les 4 jours de garde-à-vue préalables à son transfert en prison, le 9 février, Farah Abadid Hildid aurait même été torturé par la gendarmerie djiboutienne.

"Les collaborateurs et sources d’information de La Voix de Djibouti, sont victimes d’une opération organisée par le gouvernement visant à asphyxier l’opposition. Après avoir interdit, en 2007, le Renouveau, hebdomadaire soutenant le parti Mouvement pour le renouveau démocratique et le développement (MRD), les autorités djiboutiennes ont imposé un véritable silence médiatique sur les mouvements de contestation de février. Elles s’en prennent aux dernières personnes susceptibles de relayer l’information" a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire-général de l’organisation.

"La situation de la liberté de la presse est un problème épineux pour le gouvernement d’Ismael Omar Guelleh, qui, au mépris des lois et de la démocratie, a choisi d’y répondre en supprimant et en censurant des médias indépendants," a ajouté le secrétaire-général de l’organisation.

Les six collaborateurs pour La Voix de Djibouti, ont présenté devant la chambre d’accusation de la Cour d’appel et devant la Cour suprême une demande de libération provisoire, qui a été refusée à chaque fois. Un recours a été introduit auprès de la Cour suprême, qui devrait donner son verdict le 12 juin.

Sur ordre du Ministère public, la gendarmerie a arrêté les anciens journalistes du Renouveau, Farah Abadid Hildid, le 5 février 2011 et Houssein Ahmed Farah le 8 février. Ils ont été entendu par la juge d’instruction lors d’un interrogatoire de première comparution le 9 février et transférés à la prison de Gabode, à Djibouti. Selon l’avocat de la défense, le chef d’accusation, "participation à un mouvement insurrectionnel", pourrait entrainer une peine de 15 ans de prison, en vertu des articles 145 et 146 du Code Pénal djiboutien. La juge d’instruction n’aurait pas mené d’enquête ni fourni de preuves incriminant les militants dans la participation aux manifestations.

Le gouvernement détient le monopole de l’information et les autorités se montrent hostiles contre les journalistes étrangers. Afin de contourner la censure et le bannissement des radios indépendantes sur les ondes FM, La Voix de Djibouti utilise des ondes courtes (21525 khz), les seules permettant de passer son émission hebdomadaire d’une heure, émise en plusieurs langues. Si la BBC et VOA sont toujours diffusés sur les ondes FM, l’émetteur FM de la RFI est coupé depuis 2005.

Photo : Ismael Omar Guelleh, président de la République (AFP)

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