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Procès en appel pour décider de la libération provisoire du journaliste Houssein Ahmed Farah

Procès en appel pour décider de la libération provisoire du journaliste Houssein Ahmed Farah

Publié le jeudi 6 septembre 2012.
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Détenu arbitrairement depuis près d’un mois, le journaliste Houssein Ahmed Farah demeure dans l’incertitude sur son sort. Après le refus par ordonnance du 16 août 2012 de sa demande de liberté provisoire, la Cour d’appel devrait rendre son verdict le 9 septembre prochain sur le maintien en prison ou non du correspondant de la Voix de Djibouti.

"Face à l’inquiétude que suscitent les conditions de détention du journaliste et sa santé fragile, nous demandons la libération immédiate d’Houssein Ahmed Farah. D’autant qu’à aucun moment les faits reprochés au journaliste n’ont pu être établis avec certitude par les autorités policières et judiciaires de Djibouti", a déclaré Reporters sans frontières.

Poursuivi depuis février 2011 pour "mouvement insurrectionnel" et "faux et usage de faux", le journaliste Houssein Ahmed Farah subit les intimidations de la part des autorités djiboutiennes depuis près de 10 ans, comme le témoignent ses arrestations en 2003 ou en 2007. Il a été emprisonné, une nouvelle fois, le 11 août dernier à la prison de Gabode.


14.08.2012 - Houssein Ahmed Farah détenu à la prison de Gabode : lettre aux ministres de la Justice et de l’Intérieur

Le 14 août 2012, Reporters sans frontières a écrit à deux membres du gouvernement djiboutien pour protester contre le traitement réservé depuis près d’une semaine à Houssein Ahmed Farah, correspondant du site d’information La Voix de Djibouti.

Une copie de cette lettre a également été transmise au président de la République de Djibouti, Ismaël Omar Guelleh.

"Des spéculations se font jour sur la raison de la détention de Houssein Ahmed Farah, mais à aucun moment les autorités djiboutiennes n’ont annoncé publiquement ce qui lui était reproché. Nous sommes choqués par cette détention arbitraire et l’opacité qui l’accompagne", a affirmé Christophe Deloire, directeur général de l’organisation, dans la lettre adressée au ministre djiboutien de la Justice, des affaires pénitentiaires, chargé des droits de l’homme, Ali Farah Assoweh, et au ministre de l’Intérieur, Hassan Farar Houffaneh.

"Comment se fait-il qu’un collaborateur de média et défenseur des droits de l’homme puisse ainsi passer une semaine au secret, en négation flagrante de ses droits les plus élémentaires ? Nous sommes préoccupés par les conditions de la détention de Houssein Ahmed Farah et nous vous tiendrions pour responsables, en tant que ministres de la Justice et de l’Intérieur, s’il devait lui arriver quelque chose", a poursuivi Reporters sans frontières.

"Si la justice djiboutienne n’est pas en mesure d’apporter des éléments solides justifiant son incarcération, nous vous demandons de prendre toutes les dispositions nécessaires pour que Houssein Ahmed Farah soit libéré sans délai", a conclu l’organisation.

Le journaliste, également membre de la Ligue djiboutienne des droits humains et cadre du parti d’opposition MRD, a été arrêté par les colonels Abdoulkader Ibrahim Gona et Abdillahi Hassan Boulaleh, le 8 août 2012, aux alentours de 11 heures, à Djibouti-Ville. Après avoir passé plus de 72 heures en détention au commissariat central de Djibouti, il a été présenté, le 11 août, à la juge d’instruction Lamisse Mohamed Saïd puis immédiatement transféré à la prison centrale de Gabode.

Houssein Ahmed Farah n’a bénéficié d’aucune assistance de la part d’un avocat, ni lors de sa garde à vue, ni lors de son audition par la juge d’instruction. Il n’a en outre reçu aucune visite ni assistance médicale, alors que son état de santé est faible et nécessite un traitement approprié.

Photo : le ministre de l’Intérieur, Hassan Darar Houffaneh, et le ministre de la Justice, des affaires pénitentiaires, chargé des droits de l’Homme, Ali Farah Assoweh

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