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Deux journalistes restent à libérer après la sortie de prison d'Iván Hernández Carrillo, victime du “Printemps noir”

Deux journalistes restent à libérer après la sortie de prison d’Iván Hernández Carrillo, victime du “Printemps noir”

Publié le lundi 21 février 2011. Mis à jour le vendredi 11 mars 2011.
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Correspondant de la petite agence de presse Pátria, Iván Hernández Carrillo a regagné le domicile familial de la province de Matanzas, le 19 février 2011, après avoir passé près de huit ans derrière les barreaux. Détenu et condamné lors du “Printemps noir” de mars 2003 à vingt-cinq ans de prison, Iván Hernández Carrillo bénéficie du droit de rester dans l’île, qu’il ne voulait pas quitter. Il est le deuxième journaliste dans ce cas après Héctor Maseda Gutiérrez, libéré une semaine plut tôt. Iván Hernández Carrillo a fait savoir qu’il comptait reprendre ses activités de journaliste indépendant.

Pedro Argüelles Morán est désormais le dernier journaliste victime du “Printemps noir” à attendre sa libération. Nous espérons qu’elle interviendra rapidement, comme celle d’Albert Santiago Du Bouchet, emprisonné depuis 2009. Nous attendons, par ailleurs, de connaître les motifs exacts de la détention de l’ancien producteur et journaliste espagnol Sebastián Martínez Ferrate, incarcéré à La Havane depuis le 11 juillet 2010.

La page douloureuse du “Printemps noir” se tourne. Le geste des autorités de La Havane, dont nous nous félicitons, doit maintenant se prolonger dans le respect des droits de tous les citoyens, journalistes, blogueurs et militants des droits de l’homme qui réclament davantage de liberté d’expression. La répression doit cesser et l’État accepter le principe du pluralisme. Les récents signes encourageants d’ouverture, comme le déblocage de certains blogs et sites, doivent inaugurer un véritable débat entre les autorités et la société civile.

Albert Santiago Du Bouchet

Pedro Argüelles Morán


14.02.11 - Un journaliste dissident libéré, des blogs d’opposants débloqués : les signes d’une réelle ouverture ?

Avec la libération, le 12 février 2011, d’Héctor Maseda Gutiérrez, cofondateur de la petite agence de presse indépendante Grupo de Trabajo Decoro, la triste page du “Printemps noir” va bientôt être tournée. Reporters sans frontières veut croire que cette sortie de prison, sans contrepartie d’exil forcé, sera bientôt suivie de celles des deux derniers journalistes encore emprisonnés depuis la grande vague répressive de mars 2003. Comme Héctor Maseda Gutiérrez, Pedro Argüelles Morán et Iván Hernández Carrillo refusent de quitter leur pays. Si les autorités consentent à libérer dans la foulée Albert Santiago Du Bouchet, détenu depuis 2009, il n’y aura dès lors plus aucun journaliste cubain incarcéré.

Agé de 68 ans, Héctor Maseda Gutiérrez comptait parmi les onze dissidents du groupe des 52, dont l’Église catholique cubaine et le gouvernement espagnol ont plaidé la cause, à exclure tout départ contraint à l’étranger. Depuis le 12 février, six au total attendent de quitter le pénitencier. Ces remises en liberté n’annulent pas les peines prononcées en 2003, comme Héctor Maseda Gutiérrez l’a d’ailleurs dénoncé après avoir été reconduit à son domicile de La Havane.

Bonne nouvelle en soi, la libération d’Héctor Maseda Gutiérrez nourrit les nombreuses questions soulevées en cette fin de “Printemps noir”. Avoir condamné à des peines aussi infâmantes (“espionnage et trahison”) et aussi lourdes (de 14 à 27 ans) des citoyens qui revendiquaient seulement leur droit d’informer librement reste une énigme. Il est également incompréhensible que la plupart d’entre eux aient été forcés à prendre le chemin de l’exil quand certains se voient aujourd’hui accorder de rester dans leur pays. Ces questions pèseront dans le débat sur l’avenir de l’île. Nous souhaitons pour les journalistes exilés le bénéfice d’un droit du retour.

Une autre bonne nouvelle vient du déblocage, depuis le 9 février, de quelque quarante blogs et pages Internet d’opposants, dont Generación Y de Yoani Sánchez. D’après la blogueuse, citée dans la presse étrangère, ce vent de respiration sur la Toile cubaine doit peut-être à la XIVe Convention et Foire informatique qui s’est tenue à La Havane du 7 au 11 février. Nous espérons qu’il sera maintenu, et prendra encore de l’ampleur avec la mise en service, en juillet prochain, de la nouvelle connexion installée depuis le Venezuela. Le câble sous-marin ALBA-1, déployé depuis ce pays, a atteint la terre cubaine le 8 février.

Si le gouvernement cubain consent à débloquer Internet et à doter le pays d’une meilleure connexion, acceptera-t-il de légaliser une presse en ligne indépendante ? Et des médias privés ? La réponse à ces questions doit confirmer les signes d’ouverture manifestés ces derniers jours.

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