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Appel à la libération d'un journaliste indépendant, menacé de condamnation pour “outrage”

Appel à la libération d’un journaliste indépendant, menacé de condamnation pour “outrage”

Publié le lundi 24 septembre 2012. Mis à jour le mercredi 3 octobre 2012.
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Depuis l’accession de Raúl Castro à la présidence, en 2006, la répression contre la dissidence, sans avoir jamais cessé, se traduisait souvent par de courtes détentions. Celle du correspondant de l’agence Hablemos Press Calixto Ramón Martínez Arias pourrait malheureusement faire exception à la règle, et rappeler la triste époque des longues incarcérations. Arrêté par la police le 16 septembre 2012 et toujours détenu depuis, le journaliste indépendant pourrait encourir une peine de trois ans de prison pour “outrage” au chef de l’État.

D’abord détenu au Centre de déportation et rétention de la Police Nationale à La Havane, Calixto Ramon Martinez Arias a été transféré le jeudi 27 septembre à la prison de Valle Grande, dans la municipalité de La Lisa, La Havane.

“En quoi l’enquête que menait Calixto Ramón Martínez, au moment de son arrestation, sur l’avarie d’un chargement de médicaments ou ses révélations antérieures sur des cas de choléra et de dengue - confirmés par les autorités elles-mêmes - pourraient-elles être assimilées à un ‘outrage’ envers la figure dirigeante ? Cette accusation est totalement absurde, tout comme est vaine la méthode consistant à faire de ce cas un exemple. Des informations d’intérêt public doivent être diffusées, discutées et débattues. Ce débat fait manifestement défaut au sein des médias officiels dont un journalistes est toujours détenu, tandis que d’autres choisissent la voie de l’exil”, a souligné Reporters sans frontières.

“Nous plaidons pour une libération immédiate de Calixto Ramón Martínez Arias. Conformément aux Pactes sur les droits civils et politiques des Nations unies qu’elles ont signés – mais toujours pas ratifiés – en 2008, les autorités de La Havane doivent compter avec ce droit d’informer et de questionner porté par la société civile. Les autres pays membres de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) et de la Communauté des États latino-américains et caribéens (CELAC) sauront-ils rappeler le gouvernement cubain au respect de ce principe ?”, s’est interrogée l’organisation.

Sans succès, le directeur d’Hablemos Press, Roberto de Jesús Guerra Pérez, a tenté, le 21 septembre, d’obtenir la permission de rendre visite à son confrère arrêté cinq jours plus tôt près de l’aéroport international José Martí. Les journalistes dissidents présents n’ont eu pour toute réponse que des menaces d’arrestation et certains d’entre eux ont même été détenus pendant un court délai. Aux dernières nouvelles, Calixto Ramón Martínez aurait été transféré, le 20 septembre, à l’hôpital Enrique Cabrera pour y recevoir des soins après des coups reçus à l’œil gauche.

Originaire de Camagüey, Calixto Ramón Martínez subit un véritable acharnement des autorités, qui persistent à vouloir le renvoyer vers sa ville d’origine alors qu’il vit et travaille à La Havane. En deux ans, le journaliste a été expulsé à dix reprises vers Camagüey, au mépris de l’allègement de la loi sur la migration intérieure – qui limitait jusqu’alors la possibilité pour les citoyens venus de province d’emménager à La Havane - adopté à la fin de l’année 2011. Il s’agit du troisième journaliste de Hablemos Press arrêté et détenu au cours de ce mois de septembre.

Pertes officielles

Le jour de l’arrestation de Calixto Ramón Martínez, Mairelys Cuevas Gómez, chef d’édition du quotidien officiel Granma a profité d’un déplacement professionnel au Mexique pour se réfugier aux Etats-Unis et y demander l’asile. Un mois plus tôt, le 15 août, alors que venaient de s’achever les Jeux Olympiques de Londres, Luis López Viera, chef de la rédaction sportive de l’autre quotidien d’État Juventud Rebelde, a fait de même auprès des services d’immigration britanniques. Tout en se tenant informée de sa situation, Reporters sans frontières souhaiterait connaître la réaction des autorités cubaines face aux exils des journalistes qu’elles emploient. Et en savoir davantage du sort de José Antonio Torres, un autre journaliste de la presse d’État, emprisonné depuis plus d’un an et accusé, sans plus de précision, d’“espionnage”.

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