Reporters sans frontières

Libération de Zeljko Peratovic arrêté pour divulgation de “secret d’Etat “

Publié le vendredi 26 octobre 2007.
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Le journaliste Zeljko Peratovic a été libéré le 18 octobre 2007, au lendemain de son arrestation pour “divulgation de secret d’Etat“. Arrêté à son domicile et placé en détention la veille, il avait publié sur son blog (peratovic.net et peratovic.blog.hr) des documents relatifs aux crimes de guerre commis dans le village de Gospic (sud-est de la Croatie), dans les années 90. Il avait, notamment, évoqué l’existence d’un témoignage vidéo mettant en cause un des vice-présidents du Parlement et le défunt ministre de la Défense, Gojko Susak. Reporters sans frontières avait alors fermement condamné cet exemple brutal de violation de la liberté de la presse. Zeljko Peratovic, 41 ans, risquait jusqu’à trois ans d’emprisonnement.


18.10.07 : Arrestation de Zeljko Peratovic : “un journaliste ne devrait pas pouvoir être arrêté et ses documents saisis pour connaître ses sources ou faire pression sur lui”

Reporters sans frontières condamne fermement l’arrestation, le 17 octobre 2007, à son domicile, de Zeljko Peratovic, ainsi que la saisie de plusieurs ordinateurs et documents de travail. “Le domicile d’un journaliste devrait bénéficier de la protection nécessaire à la confidentialité des sources, condition indispensable à l’exercice libre de son métier. Il appartient aux autorités de rechercher parmi les membres des services de sécurité nationale l’origine des fuites et non de faire pression sur un journaliste dont la mission est de communiquer toute information servant l’intérêt du public”, a déclaré l’organisation.

Le 17 octobre 2007, des policiers se sont présentés au domicile du journaliste à Zagreb, qu’ils ont perquisitionné de sept à quatorze heures. Ils ont ensuite invité Zeljko Peratovic à les suivre pour un entretien informel qui s‘est conclu à vingt heures par son placement en détention, sous l’accusation de “divulgation de secret d‘Etat”. Le porte-parole du parquet a fait savoir qu’une enquête criminelle avait été ouverte contre le journaliste. Le procureur doit néanmoins décider de poursuivre ou non le journaliste. Dans le cas où il donnerait suite, Zeljko Peratovic risquerait jusqu’à trois ans d’emprisonnement.

Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, l’arrestation du journaliste fait suite à la publication sur son blog (peratovic.net et peratovic.blog.hr/) de documents relatifs aux crimes de guerre commis dans le village de Gospic pendant les années quatre-vingt-dix.

Dans l’un des textes mis en ligne, Zeljko Peratovic mentionne la diffusion, le 18 octobre à 20 heures 10 dans l’émission “Brisani Prostor”, sur la télévision publique, du témoignage d’une habitante de Gospic ayant assisté aux exactions commises dans ce village. Il précise que le film contient des éléments authentiques et que les principaux commanditaires de ces crimes sont l’ancien ministre de la Défense Gojko Susak (décédé) et la tête de liste du parti majoritaire HDZ (Union démocratique) pour les élections parlementaires du 25 novembre prochain, Darko Milinovic.

Zeljko Peratovic est connu pour son travail sur la mort de Milan Levar, un témoin protégé du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) dont l’identité avait été révélée par la police malgré la protection dont il aurait dû bénéficier. Celui-ci est mort dans l’explosion de sa voiture, le 28 août 2000 à Gospic. Une enquête a été ouverte, dans laquelle Zeljko Peratovic a été entendu comme témoin, puisqu’il figure parmi les dernières personnes à avoir vu Milan Levar en vie.

Le journaliste a notamment travaillé pour différents quotidiens dont le dernier en date est Vjesnik. Ses enquêtes sur les crimes de guerre lui ont valu de graves difficultés. Il a perdu son emploi, a été agressé et il est considéré comme un traître par une partie de la population qui refuse l’idée même que des crimes aient pu être commis par des Croates pendant la guerre.

En 2003, il a reçu le prix de la liberté de la presse de la section autrichienne de Reporters sans frontières. En 2005, il avait contacté l’organisation pour lui faire part de la surveillance renforcée dont il faisait l’objet.

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