Reporters sans frontières

Deux responsables de l’hebdomadaire Nacional tués dans un attentat à la bombe

Publié le vendredi 24 octobre 2008.
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Le 23 octobre 2008, en fin de soirée, Ivo Pukanic, propriétaire et ex-rédacteur en chef de l’hebdomadaire Nacional, et Niko Franjic, directeur marketing, ont été tués dans l’explosion d’une bombe, alors qu’ils se dirigeaient vers leur véhicule garé près des bureaux de NCL Media Group. Deux autres personnes ont été blessées dans l’attentat qui n’a pas été revendiqué. La police de Zagreb a ouvert une enquête mais n’a fait aucun commentaire.

L’attentat s’inscrit dans un contexte de violence, et notamment plusieurs assassinats à caractère mafieux qui ont conduit au récent limogeage des ministres de l’Intérieur et de la Justice.

“Nous sommes choqués par la mort des deux responsables du Nacional. Nous demandons aux autorités croates de poursuivre leur enquête afin d’établir clairement les motifs de cet attentat et d’arrêter leurs auteurs et commanditaires”, a déclaré Reporters sans frontières.

“Le poids des mouvements mafieux dans les Balkans devient de plus en plus inquiétant. Ces derniers n’hésitent plus à assassiner des journalistes qui s’intéressent de trop près à leurs activités. Si la lutte contre la corruption relève avant tout des autorités, la presse reste l’un des principaux vecteurs de ce combat. Que ce soit en Croatie, ou même dans l’Union européenne (Bulgarie, Italie), des journalistes sont pris pour cibles en raison de leur travail. Les enquêtes ouvertes contre les responsables de ces attaques n’aboutissent que trop rarement à des résultats probants, ce qui conforte les mafias dans leur sentiment d’impunité et de toute-puissance”, a ajouté l’organisation.

En avril 2008, Ivo Pukanic avait déjà été pris à partie à Zagreb par un inconnu qui avait tenté de l’abattre, malgré une protection policière qui a été suspendue en août 2008. Le journaliste avait publié en 2003 une interview de l’ex-général croate Ante Gotovina, recherché par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie pour crimes de guerre commis durant le conflit serbo-croate de 1991.

En juillet 2008, Dusan Miljus, du quotidien Jutarnji List, avait également été agressé et battu à coups de barre de fer par plusieurs inconnus. L’enquête n’a pas encore abouti.

La Croatie est classée 45e dans le classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières le 22 octobre 2008.

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