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Le siège du groupe Cyclone incendié par six hommes armés

Le siège du groupe Cyclone incendié par six hommes armés

Publié le mardi 21 août 2012. Mis à jour le jeudi 8 novembre 2012.
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Le siège du groupe de communication Cyclone, société éditrice des quotidiens d’opposition Le Temps et Lg Infos ainsi que du magazine culturel Prestige Magazine, a été l’objet d’une attaque pendant le week-end des 18 et 19 août 2012. Plusieurs hommes armés ont fait irruption dans les locaux et ont partiellement incendié le bâtiment.

"Nous condamnons fermement l’attaque perpétrée, le week-end dernier, contre les locaux du groupe Cyclone. Même si les positions exprimées dans les journaux tels que Le Temps et Lg Infos sont partisanes et souvent virulentes, comme dans la majorité des titres de la presse écrite ivoirienne, rien ne saurait justifier qu’un organe de presse soit la cible d’un tel vandalisme", a déclaré Reporters sans frontières.

"Nous espérons que les relevés effectués sur place par la police scientifique permettront d’identifier les auteurs de cet acte criminel", a poursuivi l’organisation.

Dans la nuit du 18 au 19 août, vers minuit, six inconnus munis d’un bidon de liquide inflammable et armés de barres de fer, de gourdins, et d’un pistolet automatique ont escaladé la clôture du siège du groupe Cyclone, situé dans le quartier Riviera Bonoumin, dans la commune de Cocody, à Abidjan. Les agresseurs ont ligoté le vigile chargé de garder les lieux, ont vandalisé les portes d’entrée, ont fait irruption dans les locaux, et ont emporté du matériel de bureau, dont des ordinateurs. Après quoi les vandales ont mis le feu au bâtiment, qui a été partiellement détruit par l’incendie.

La police ivoirienne s’est rendue sur les lieux dès le 19 août pour le constat d’usage et une enquête a été ouverte. La direction du groupe Cyclone a porté plainte contre X.

Cet événement est survenu au moment où le journal Le Temps sortait d’une suspension de parution de vingt numéros – réduite ensuite à dix numéros –, infligée par le Conseil national de la presse (CNP, organe de régulation de la presse écrite), pour grave manquement à la loi sur la presse.

Au cours du même week-end, deux journalistes du quotidien d’opposition Le Nouveau Courrier d’Abidjan, Saint Claver Oula et Emmanuel Akani, respectivement rédacteur en chef et secrétaire général de la rédaction, ont reçu des menaces de mort par SMS et par téléphone.

En guise de "protestation" et d’"alerte" contre toutes les intimidations, le collectif des journaux "bleus", favorables à l’ancien président Laurent Gbagbo et composé de sept titres (Notre Voie, Lg Infos, Le Quotidien d’Abidjan, Le Nouveau Courrier d’Abidjan, Aujourd’hui, Le Temps et Bol’Kotch), a décidé d’organiser des journées "presse morte" les 24 et 25 août prochains.

Le 16 août, une délégation de Reporters sans frontières avait eu une séance de travail avec le CNP et son président, Raphael Lakpé, pour s’entretenir sur le fonctionnement de cette institution et comprendre les motivations des dernières sanctions prises à l’encontre des journaux d’opposition.

L’organisation rappelle que le directeur général du groupe Cyclone, Ousmane Sy Savané, a été arrêté le 27 mars dernier par la Direction de la surveillance du territoire (DST) et est actuellement détenu à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca). Il est accusé d’"atteinte à la sûreté de l’Etat".
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