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Le directeur général de la police menace un journaliste

Publié le mercredi 3 juillet 2002. .
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Alain Shungu, correspondant de Radio France Internationale (RFI) et de Reporters sans frontières à Brazzaville, a été menacé de mort par le directeur général de la police, le colonel Jean François Denguet, suite à la diffusion d’un article traitant de l’interdiction par cette dernière d’un meeting de l’un des leaders de l’opposition, M. André Milongo. Le colonel l’a également menacé d’intervenir directement auprès du ministère de la Communication pour que celui-ci lui retire son accréditation.

Reporters sans frontières a demandé au ministre congolais de l’Intérieur, le général Pierre Oba, de rappeler à l’ordre le colonel Denguet. "Nous vous tiendrons responsable s’il arrivait quoi que ce soit à Alain Shungu" a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de l’organisation. Par ailleurs, Reporters sans frontières a demandé au ministre de la Communication, M. François Ibovi, de rejeter l’éventuelle demande du colonel Denguet. "Retirer l’accréditation d’un journaliste qui n’a fait qu’exercer son métier, constituerait une atteinte à la liberté de la presse."

D’après les informations recueillies par Reporters sans frontières, Alain Shungu a été convoqué le 27 juin 2002 au bureau du directeur général de la police congolaise, Jean François Denguet. Le journaliste avait fait état de l’interdiction par la police d’un meeting de l’un des leaders de l’opposition, André Milongo, à Makélélé. Lors de son interrogatoire, Alain Shungu s’est vu menacé de mort par le colonel Denguet. Selon le journaliste, celui-ci a déclaré : "C’est la dernière fois que je te fais venir dans mon bureau, la prochaine fois, je te ferai descendre ; dans le meilleur des cas, je retirerai ton accréditation."

Reporters sans frontières a par ailleurs rappelé qu’en novembre 2001, Bruno Mienahata et Malonga Bouka, respectivement directeur de publication et rédacteur en chef de l’hebdomadaire Le Coq, avaient été convoqués par la police de Brazzaville en novembre 2001. On leur reprochait la publication d’un article intitulé "La corruption gangrène le sommet du commandement". Le Coq y affirmait que le commandant par intérim de la gendarmerie nationale aurait touché un pot-de-vin de la communauté tchadienne au Congo pour libérer cinq ressortissants tchadiens entrés clandestinement dans le pays.

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