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Un journaliste de renom dans le collimateur du président Sambi

Un journaliste de renom dans le collimateur du président Sambi

Publié le jeudi 3 février 2011.
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Reporters sans frontières dénonce la mise à l’index du rédacteur en chef et directeur adjoint de la publication du quotidien d’Etat Al-watwan, Ahmed Ali Amir, par le président comorien Ahmed Abdallah Sambi. Le journaliste, par ailleurs correspondant de l’agence de presse Reuters, a publié, le 27 janvier 2011, un commentaire sur la fixation tardive de la date d’investiture du nouveau président élu de l’Union des Comores, Ikililou Dhoinine.

Tenu au courant par téléphone, le président Sambi a décidé, depuis la capitale éthiopienne Addis Abeba où il participait au sommet de l’Union africaine, de sanctionner le journaliste. Ce dernier est prié de laisser reposer sa plume.

Ahmed Ali Amir (à gauche) et le président comorien Ahmed Abdallah Sambi (à droite) (A.A.M./Malango)

Nous condamnons le réflexe rétrograde du président Sambi qui consiste à faire taire un journaliste dès lors que ses commentaires dérangent. Ahmed Ali Amir n’a pas été licencié mais il est victime d’une forme pernicieuse de pression et est, en définitive, privé de sa capacité de s’exprimer. Nous demandons qu’il puisse reprendre ses écrits sans subir de contrôle des autorités politiques.

Le journaliste a réagi à la censure dont il est victime : "On peut m’empêcher d’écrire dans le journal Al-watwan, mais on ne peut m’empêcher de continuer à servir la vérité et à poser des questions aux tenants du pouvoir. Si mes questions paraissent impertinentes au président Sambi, je le regrette. Mon rôle n’est pas seulement de plaire mais aussi et surtout de déranger. Je ne fais pas partie des courtisans du roi comme je suis très éloigné des prétendants au trône. Tant que je resterai libre de toutes ces contingences opportunistes, tant qu’on ne me coupera pas les bras dans ce pays, je ferai mon travail de journaliste : informer avec honnêteté et indépendance".

Dans Al-watwan, Ahmed Ali Amir avait notamment écrit : "La période intérimaire est une période hors normes constitutionnelles. Il n’est jamais légitime de la prolonger, comme il est discourtois de faire patienter trop longtemps un président élu devant le perron de Beit-Salam. Cela d’autant qu’avec les graves, nombreux et urgents problèmes qui attendent d’être résolus ou, tout au moins, pris à bras le corps, le pays ne peut se permettre le luxe d’une si longue récréation".

Le mandat du président Sambi a pris fin le 26 mai 2010, date à laquelle s’est ouverte une "période intérimaire" devant conduire à l’investiture du président nouvellement élu, Ikililou Dhoinine.

Ahmed Ali Amir compte parmi les éminentes personnalités du paysage médiatique comorien. Membre fondateur de l’Organisation comorienne de la presse écrite, il a été l’instigateur des états généraux de la presse comorienne, tenus en août 2009.

Une conférence de presse organisée par des confrères de Ahmed Ali Amir se tiendra le 4 février, à 9 heures, dans la capitale, Moroni.

Photo : Ahmed Ali Amir et le président comorien Ahmed Abdallah Sambi (A.A.M./Malango)

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