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Temps de retard dans l'enquête sur la mort d'un journaliste mettant en cause la police

Temps de retard dans l’enquête sur la mort d’un journaliste mettant en cause la police

Publié le lundi 3 décembre 2012.
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Reporters sans frontières demande que toute la lumière soit faite sur les circonstances de la mort du journaliste Guillermo Quiroz Delgado le 27 novembre 2012. L’organisation présente ses condoléances à sa famille et à ses proches. Le journaliste indépendant, âgé de 31 ans, est décédé après une semaine de traitement en soins intensifs dans la clinique Maria Reina à Sincelejo. Il avait été grièvement blessé - notamment à la tête - suite à sa chute d’un véhicule de police en marche, lors d’une manifestation à San Pedro (département de Sucre), sept jours plus tôt.

Le général Rodolfo Palomino, directeur de la sécurité publique de la police nationale, s’est rendu, le 1er décembre, à San Pedro afin de présenter ses condoléances à la famille de la victime. Le brigadier général Santiago Parra Rubiano a, quant à lui, annoncé l’ouverture d’une enquête contre trois des policiers présents dans le camion au moment du drame, désormais suspendus de leurs fonctions.

“L’apparente bonne volonté du haut commandement de la police se manifeste hélas bien tard. Le pire est advenu et la justice ne pourra plus confronter directement les acteurs du drame et leurs versions respectives des faits. L’enquête doit néanmoins se poursuivre, hors de toute pression. La famille de Guillermo Quiroz a droit à la vérité et le geste du général Palomino à son égard doit en constituer la promesse”, a déclaré Reporters sans frontières.

Guillermo Quiroz s’était rendu à San Pedro le 20 novembre 2012 afin de couvrir une manifestation locale contre la multinationale Pacific Rubiales. Au motif que les papiers de sa moto n’étaient pas en règle, il avait été intercepté par des fonctionnaires de police et aussitôt transféré dans un véhicule des forces de l’ordre.

Dans un communiqué de presse daté du surlendemain, la police départementale expliquait que Guillermo Quiroz “participait à la manifestation” et qu’elle l’avait embarqué en raison de son agressivité envers les policiers qui avaient décidé d’immobiliser sa moto. Selon cette même version, le journaliste, une fois à bord du camion de police, avait agressé un policier qui l’accompagnait, puis s’était jeté hors du véhicule car il refusait d’être présenté au ministère public pour “délit d’agression à un fonctionnaire public”. Guillermo Quiroz avait, quant à lui, démenti la version des policiers dans une interview donnée à l’hôpital le jour même. Selon lui, les policiers l’avaient forcé à monter dans leur camion, puis violemment frappé à la tête, avant de le pousser hors du véhicule en marche.

Quelques semaines avant la tragédie, Guillermo Quiroz avait dénoncé auprès de la Fondation pour la liberté de la presse (FLIP, partenaire de Reporters sans frontières) des menaces dirigées contre lui après la publication d’un article, au mois de septembre. Le journaliste s’était également plaint, à cette occasion, du manque de réactivité de la police et des altercations avec des fonctionnaires générées par cette attitude.

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