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Nouvelle tentative d'assassinat contre le rédacteur en chef du quotidien Afrika

Nouvelle tentative d’assassinat contre le rédacteur en chef du quotidien Afrika

Publié le jeudi 7 juillet 2011.
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Reporters sans frontières exprime sa consternation face aux attentats qui visent de plus en plus fréquemment des journalistes de Chypre du Nord.

« Il est intolérable qu’un individu armé ait pu pénétrer dans les locaux du journal Afrika, alors même qu’il était venu proférer des menaces de mort deux semaines auparavant et que le bureau avait déjà essuyé des tirs en février. À tout le moins, les forces de l’ordre ont fait preuve d’une grave négligence dans cette affaire. Nous demandons instamment à la justice d’ouvrir une enquête sur d’éventuelles complicités dont aurait pu bénéficier l’agresseur présumé en leur sein », a déclaré Reporters sans frontières.

Sener Levent, rédacteur en chef du quotidien d’opposition Afrika critique de la présence turque à Chypre du Nord, a échappé dimanche 3 juillet 2011 à une tentative d’assassinat. Un individu identifié comme le citoyen turc Mustafa Yalcin s’est présenté aux locaux du journal et a demandé à parler avec lui. Se voyant répondre que le rédacteur en chef n’était pas là, il a ouvert le feu, heureusement sans faire de victimes. La police l’a interpellé peu après, en possession de son arme. La photographie de M. Yalcin était parue dans la presse après qu’il a annoncé qu’il allait « tuer le traître », en juin. Le 25 février dernier, Sener Levent avait déjà été nommément menacé par une lettre déposée à la porte des locaux, qui avait aussi reçu des coups de feu : « La prochaine fois que tu fais une erreur, tu le paieras de ta vie ».

« Faudra-t-il un mort pour que la justice et les autorités réagissent enfin ? L’enquête sur Mustafa Yalcin doit être transparente, complète et ne pas faire l’impasse sur d’éventuels commanditaires ».

Après les menaces subies par Mutlu Esendemir et Cenk Mutluyakali (voir communiqué du 7 avril ci-dessous), la violence physique à l’encontre des journalistes s’impose malheureusement comme une tendance forte dans la république autoproclamée de Chypre du Nord. Après une première attaque en avril, M. Esendemir avait fait l’objet d’un second attentat à la voiture piégée le 12 mai. « Face à cette série noire, les autorités chypriotes turques doivent prendre d’urgence des mesures fortes pour garantir la sécurité des journalistes. Nous en appelons aux partenaires de Chypre du Nord, en premier lieu la Turquie, qui a récemment affirmé son attachement à la liberté de la presse, pour exiger que Nicosie prenne enfin la situation au sérieux », a conclu l’organisation.


07.04.2011 - Un attentat à la voiture piégée et des menaces à l’encontre de deux journalistes ravivent les inquiétudes

Reportes sans frontières est scandalisé par l’attentat qui a visé dans la nuit du 5 avril 2011 le journaliste turco-chypriote Mutlu Esendemir, rédacteur en chef de la chaine de télévision turco chypriote Kanal T (propriété du ministre des finances turco-chypriote Ersin Tatar) et journaliste au quotidien turco-chypriote Kribrisli. La bombe artisanale qui avait été placée sous la voiture de Mutlu Esendemir alors qu’il était dans les locaux de la télévision a explosé vers une heure du matin alors qu’il essayait d’ouvrir la porte de son véhicule. Le journaliste a été hospitalisé et souffre de blessures mineures à une jambe. L’attentat n’a toujours pas été revendiqué à l’heure où nous publions ce communiqué.

Mutlu Esendemir

« Une enquête sérieuse doit être ouverte par les autorités pour identifier les auteurs et surtout les commanditaires de cette tentative d’assassinat. L’impunité qui accompagnerait éventuellement cet attentat ne peut qu’encourager leurs auteurs à poursuivre dans l’instauration d’un climat de violence aux conséquences très négatives pour toute la profession. S’il la requiert, nous demandons aux autorités d’apporter une attention toute particulière à la protection de Mutlu Esendemir et de ses proches »

Reporters condamne par ailleurs avec la plus grande fermeté les menaces proférées par Mehmet Salih Bayramoğlu, président de l’UBP London Association for Solidarity (Note : l’UBP est le parti turquo-chypriote au pouvoir) à l’encontre de Cenk Mutluyakalı, rédacteur en chef du quotidien d’opposition truquo-chypriote Yenidüzen. Dans un email adressé directement à Cenk Mutluyakalı, Mehmet Salih Bayramoğlu, usant d’un langage ordurier et particulièrement insultant, ne laisse la place à aucun ambiguïté : “Tu ferais bien de ne pas nous sous estimer. Tu as pondu cet article <..> Si tu es si sûr de toi, je te promets qu’on va se rencontrer. Ose seulement ne pas t’excuser demain dans ton journal et nous te montrerons… J’attend que tu publies tes excuses à l’UBP London Solidarity Association ou tu seras responsable de ce qui risques de t’arriver. »

Cenk Mutluyakalı

Les menaces font suite à la publication dans Yenidüzen d’un article qui reprenait des informations publiées à l’origine par l’agence de presse officielle TAK, qui relatait que l’UBP London Association for Solidarity avait publié un communiqué dans lequel elle présentait ses excuses pour avoir, par erreur, inclus des liens internet erronés à une lettre envoyée au Procureur général. L’association y accusait le secrétaire général du syndicat turquo-chypriote des enseignants, Şener Elcil, de traitrise après sa participation à une manifestation à Bruxelles dénonçant l’assimilation par la Turquie des turco-chypriotes.

« Nous exigeons que les autorités ouvrent d’urgence une enquête à l’encontre du président de l’ UBP London Solidarity Association qui doit assumer l’entière responsabilité de ses écrits. De tels propos ne relèvent plus de la liberté d’expression. Les pressions proférées à l’écrit avec un tel niveau de violence ne sont pas acceptables, tout spécialement de la part d’une personnalité qui occupe de telles fonctions. L’attentat qui a visé Mutlu Esendemir démontre, s’il en était besoin, que de telles menaces ne doivent pas être prises à la légère et qu’elles ne peuvent pas être laissées sans suites judiciaires. L’inaction dans ce dossier ne serait tout simplement pas tolérable »

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