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Un photo-journaliste “envoyé en vacances” après avoir couvert un fait divers

Un photo-journaliste “envoyé en vacances” après avoir couvert un fait divers

Publié le mercredi 5 décembre 2012.
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Les autorités chinoises ont forcé Li Yuanlong, photo-journaliste, ancien reporter du quotidien Bijie Daily, à quitter Guizhou (Sud-ouest du pays) le 21 novembre 2012. Le journaliste venait de publier sur le forum chinois KDnet des clichés d’enfants retrouvés morts intoxiqués au monoxyde de carbone dans une benne à ordures.

“Exiler les journalistes qui couvrent des sujet sensibles est monnaie courante en Chine. En amont du 18ème Congrès du Parti communiste chinois, au début du mois de novembre, l’utilisation de ce procédé s’était généralisée, touchant l’ensemble des acteurs de l’information les plus connus et régulièrement interrogés par la presse étrangère”, a déclaré Reporters sans frontières.

“Ce type de représailles vise à inciter l’autocensure et à étouffer les informations qui remettent en cause les politiques ou les compétences des autorités chinoises”, s’inquiète l’organisation.

Le 15 novembre 2012, cinq enfants sans abri qui s’étaient réfugiés dans une benne à ordures pour se protéger du froid ont été retrouvés morts. Ils avaient allumé un feu pour se réchauffer et sont morts intoxiqués par le monoxyde de carbone. Le journaliste a alors publié un article sur ce drame.

Après la parution des photographies, le système scolaire chinois a rapidement été montré du doigt, car les enfants retrouvés morts n’allaient plus à l’école depuis plusieurs semaines, sans que personne ne s’en inquiète. Relayé par la presse nationale et internationale, ce drame a entraîné le licenciement de six fonctionnaires.

Le photo-journaliste habitant dans le quartier où les corps des enfants ont été retrouvés, avait pris des clichés et les avait publié sur KDnet. Il a alors été mis en garde par la police, qui lui a demandé de retirer son article. Face a son refus, il a été amené, de force, avec son épouse, sur l’île d’Hainan (Sud) à plusieurs centaines de kilomètres de leur domicile.

Un message posté depuis le compte utilisateur du journaliste a, par la suite, été posté sur KDnet contredisant l’hypothèse d’une déportation forcée par les autorités. L’identité de l’auteur du message, se présentant comme Li Yuanlong et expliquant qu’il avait dû partir pour “gérer une situation d’urgence”, n’a pas été confirmée par Li Muzi, fils du journaliste, lorsqu’il a été interviewé par le South China Morning.

Après trois jours de “vacances forcées”, Li Yuanlong et son épouse ont pu regagner leur domicile mais, selon un correspondant de Reporters sans frontières, se verraient empêchés, par la police, d’accorder des entretiens à la presse.

Li Yuanlong est depuis longtemps dans la ligne de mire des autorités : en 2006, il avait été arrêté par le bureau de sécurité nationale de Guizhou (Sud-ouest) à la suite d’articles appelant à la démocratisation de la Chine. Le 13 juillet 2007, il avait été condamné à deux ans de prison pour “incitation au renversement de l’Etat”.

La Chine figure à la 174ème place sur 179 pays dans le classement mondial 2011-2012 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières. Le pays figure sur la liste des “Ennemis d’Internet” établie par l’organisation.

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