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La net-citoyenne Ni Yulan, atteinte d'un cancer, doit recevoir des soins

La net-citoyenne Ni Yulan, atteinte d’un cancer, doit recevoir des soins

Publié le mercredi 24 octobre 2012.
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Ni Yulan, une net-citoyenne engagée, a reçu, le 19 octobre 2012, la visite de sa fille qui a fait part de son inquiétude quant à la santé de sa mère.

Reporters sans frontières demande le transfert immédiat Ni Yulan dans un établissement susceptible de la prendre en charge au nom du respect de la dignité humaine.

“Non seulement le nouvel emprisonnement dont Ni Yulan fait l’objet témoigne d’un acharnement judiciaire à son encontre, mais le refus de la transférer dans un établissement médical constituerait un acte de cruauté inacceptable. Nous appelons les autorités à autoriser le transfert de Ni Yulan, dans les plus brefs délais” a déclaré l’organisation.

Ni Yulan a été incarcérée pour “fraude” et “trouble à l’ordre public” en avril dernier après avoir été frappée et torturée par la police pendant sa détention. Elle purge une peine de deux ans de prison.

Son mari, Dong Jiqin, a, lui aussi, été condamné à deux ans de prison pour des motifs similaires.

Crédits photos : ROBERT J. SAIGET / AFP


13/04/2012 : Pékin tente d’étouffer l’information sur une affaire devenue politique

Depuis la disgrâce de l’influent dirigeant politique Bo Xilai, récemment suspendu du Comité central du Parti communiste et du Politburo, Pékin renforce la censure en ligne pour tenter de couper court aux discussions sur cette affaire. De nouveaux mots clés ont été ajoutés à la liste des termes interdits sur le Net tels que “enquête”, “lutte politique”, "tomate" et "ragoût" qui se disent “bo” et “xi” en chinois et que les internautes utilisent pour faire référence à Bo Xilai.

Reporters sans frontières dénonce la collaboration active d’entreprises du Net, comme le moteur de recherche Baidu, à la politique de censure du régime. Cette dernière, d’après un rapport de l’agence de presse Xinhua rendu public le 10 avri 2012, s’est engagée à “soutenir et coopérer avec le gouvernement afin de combattre et de débarrasser le Net des rumeurs” et à “remplir avec fermeté (ses) responsabilités envers la société, appliquer la loi, développer la gestion d’internet et adopter des mesures efficaces” contre ces mêmes rumeurs. Depuis mi-mars, plus de 210 000 postes de micro-blogs ont été supprimés.

Entre le 1er et 3 avril dernier, les utilisateurs des principaux sites de micro-blogs chinois Sina Weibo et Tencent QQ ont été victimes de censure, de nombreux commentaires sur leurs comptes ayant été effacés. Depuis le 11 avril au soir, le compte Sina Weibo de Liu Xiaoyuan (刘晓原), avocat de l’artiste Ai Weiwei, n’est plus accessible. Les autorités chinoises en ont demandé le blocage pour une durée de trois jours, prétextant la “publication de contenus inappropriés”. Selon Liu, son compte est censuré parcequ’il a évoqué l’affaire Bo Xilai. L’avocat a reçu de Sina le message suivant : “Nous vous prions de ne plus publier ce genre d’informations, sinon vous perdrez le droit à un compte Weibo”.

Par ailleurs, Reporters sans frontières a appris l’arrestation de Xiao Yong (肖勇), cyberactiviste spécialisé dans les questions de corruption, le 2 avril 2012, à Guangzhou, pour la publication sur les réseaux sociaux des photos d’une manifestation. Il a officiellement été arrêté pour sa participation à ce “rassemblement illégal” de militants des droits de l’homme, le 31 mars dernier, qui demandait aux reponsables politiques de déclarer leur patrimoine et exigeait plus de transparence dans l’information officielle. Son ordinateur a été confisqué par la police. Selon des sources confidentielles, il serait détenu à Pékin. Son cas étant classé “secret d’Etat” il ne peut être représenté par un avocat. Le net-citoyen avait déjà fait l’objet de pressions, arrestations et convocations au tribunal dans le passé.

Le 10 avril 2012, un porte-parole du tribunal de Pékin a annoncé l’incarcération de Ni Yulan (倪玉兰) et de son mari Dong Jiqin (董继勤), deux net-citoyens qui dénoncent sur les réseaux sociaux les spoliations. Ils ont été condamnés respectivement à trente-deux et vingt-quatre mois de prison pour “trouble à l’ordre public” et “fraude”, après avoir fourni une assistance légale aux victimes d’expropriation. Le couple avait déjà été arrêté par les autorités au début de l’année 2011. En 2002, lors d’un séjour en prison, Ni Yulan avait été victime de mauvais traitements qui l’ont laissée handicapée.

Dans ces deux cas, Reporters sans frontières dénonce des procédures judiciaires qui ne respectent pas le droit de la défense : procès à huis clos, dossier classé défense, absence de représentation de la défense par un avocat, etc. Les procédures sont menées en toute violation de la loi chinoise. L’organisation exige la libération immédiate et inconditionnelle de Xiao Yong, Ni Yulan et Dong Jiqin, ainsi que l’annulation des peines prononcées.

Une pétition circule sur Twitter réclamant la libération de Xiao Yong, mais ne comporte que peu de signatures. Selon Ge Xun (葛洵), un militant des droits de l’homme basé aux USA, ce manque de popularité de la pétition proviendrait de la censure internet imposée par le gouvernement.

L’Union Européenne a appelé à la libération de Ni Yulan et Dong Jiqin, le ministère des Affaires étrangères français a exprimé sa vive préoccupation.


03.04.2012 - LES COMMENTAIRES À NOUVEAU AUTORISÉS SUR LES SITES DE MICRO-BLOGGING, LE WEB PARTICIPATIF TOUJOURS DANS LA LIGNE DE MIRE DES AUTORITÉS

Reporters sans frontières prend note de la levée, le 3 avril 2012, de la suspension des commentaires sur les principaux micro-blogs chinois Sina Weibo et Tencent QQ, une mesure imposée par les autorités qui était effective depuis le 31 mars 2012, officiellement afin de lutter contre les « rumeurs nuisibles ». L’organisation condamne ces restrictions, révélatrices de la fébrilité des autorités face à l’information qui circule sur le Web chinois. Elle s’inquiète du recours à ce type de sanction, qui pourrait à nouveau être utilisée la prochaine fois qu’un sujet trop sensible est discuté en ligne.

Cette mesure étant intervenue dans le cadre d’une opération de grande envergure de contrôle d’Internet lancée par le gouvernement chinois. Pékin a en effet réagi très sévèrement aux rumeurs de coup d’Etat propagées sur Internet après le limogeage, le 15 mars 2012, de Bo Xilai, chef du Parti communiste de la municipalité autonome de Chongqing. Selon la déclaration de l’agence Chine nouvelle dans la nuit du 30 au 31 mars 2012, 6 personnes accusées d’avoir « fabriqué et propagé des fausses rumeurs en ligne » ont été arrêtées et 16 sites web ont été fermés. Li Delin (李德林), un journaliste économique de l’hebdomadaire Capital Week (证券市场周刊), dont on est sans nouvelles depuis le 23 mars 2012, aurait également été détenu par les autorités chinoises pour les mêmes raisons, selon Radio Free Asia. Le 19 mars Li Delin avait décrit la situation à Pékin sur son microblog Weibo avec le message suivant : « Il y a beaucoup de véhicules militaires, la rue de Chang’an est sans cesse sous contrôle. On voit beaucoup de policiers en civil à tous les carrefours, et à certains endroits il y a même des barrières en métal » (“军车如林,长安街不断管制。每个路口还有多名便衣,有的路口还拉了铁栅栏。”).

Les micro-blogs, dont le nombre d’utilisateurs, environ 300 millions, a explosé ces derniers mois, font face à une pression accrue des autorités chinoises. Dernière exemple en date : la lutte contre l’anonymat sur les micro-blogs. Depuis le 16 mars, les internautes sont censés fournir leur véritable nom ainsi que leur numéro de téléphone, pour s’enregistrer sur les plates-formes de micro-blogging. Les internautes déjà enregistrés doivent se conformer à cette nouvelle politique sous peine de ne plus pouvoir publier de messages.

Sina et Tencent s’étaient déjà engagés, en novembre 2011, à appliquer les directives du gouvernement en matière de surveillance d’Internet. Les entreprises avaient notamment promis de lutter contre la pornographie en ligne, la fraude sur Internet et la diffusion de rumeurs et de fausses informations. Plusieurs mois auparavant, les micro-blogs avaient dû se doter de modérateurs, afin de mieux appliquer les mesures préconisées par les censeurs.

La Chine, dont le sytème de censure et de surveillance du Web est l’un des plus sophistiqué au monde, fait partie des “Ennemis d’Internet” désignés par Reporters sans frontières.

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