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La pression s'accentue sur Zeng Jinyan, épouse du dissident Hu Jia

La pression s’accentue sur Zeng Jinyan, épouse du dissident Hu Jia

Publié le lundi 20 juin 2011. Mis à jour le mardi 21 juin 2011.
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Reporters sans frontières somme les autorités chinoises de s’expliquer dans les plus brefs délais sur le sort de Zeng Jinyan, épouse du dissident chinois emprisonné Hu Jia et blogueuse engagée en faveur des droits de l’homme. L’organisation demande au gouvernement de donner des garanties quant à sa liberté de circulation et sa sécurité.

Zeng Jinyan a quitté la ville de Shenzen, où elle résidait depuis le mois d’avril dernier, pour Pékin, le 19 juin 2011. Elle vient juste de donner quelques nouvelles sur Twitter, visiblement destinées à couper court aux rumeurs qui commençaient à circuler quant à son éventuelle disparition. Il est cependant impossible à ce jour de dire si elle a bien publié elle-même ces deux tweets et si elle l’a fait de son propre chef.

Zeng Jinyan explique dans deux tweets postés ce lundi 20 juin que : "A ma sortie de l’avion, huit personnes m’ont emmené et ont également pris mes bagages". "Je pense que c’est la normalité de la vie qui m’attend (après la libération de Hu Jia)".

La militante ne précise pas qui sont ces huit personnes, mais de fortes suspicions pèsent sur les autorités. Reporters sans frontières craint que la militante n’ait été placée en résidence surveillée, alors que la libération de son mari Hu Jia, un militant des droits de l’homme à la notoriété internationale, doit intervenir le 26 juin prochain.

Un troisième tweet donne ensuite plus d’informations, mais sur un ton étonnamment détaché : “Je viens d’arriver à la maison, je fais cuire du tofu avec des tomates, je ne sais pas si ça va être bon. Aujourd’hui, j’ai vu Hu Jia, je lui ai demandé s’il prenait soin de lui, il est encore temps pour cela. Amis des médias, mes excuses et merci de votre inquiétude.”

“Si Zeng Jinyan a bien été placée en résidence surveillée, ou si elle s’apprête à l’être, le gouvernement chinois serait alors coupable de détention arbitraire, hors de tout cadre légal. Ce serait le couronnement du harcèlement constant subi par le couple depuis des années en raison de son engagement, et un camouflet pour la communauté internationale qui a, à de nombreuses reprises, soutenu Hu Jia et Zeng Jinyan,” s’est indigné Reporters sans frontières.

Et d’ajouter : “Une telle mesure ne laisserait aucun doute sur les véritables intentions des autorités chinoises : la remise en liberté attendue de Hu Jia ne serait qu’un écran de fumée et le couple continuerait d’être empêché de mener une vie normale et surtout de s’exprimer, dans un contexte général de renforcement de la répression à l’égard des dissidents. Nous exigeons la libération immédiate et inconditionnelle de Hu Jia, ainsi que des garanties concrètes quant à la liberté de mouvement et d’expression du couple” a déclaré Reporters sans frontières.

Zeng Jinyan était, depuis l’arrestation de son mari, placée sous une étroite surveillance. Elle a récemment été expulsée, avec sa petite fille, de son domicile de Shenzen, par les autorités chinoises.

Hu Jia avait été condamné à trois ans et demi de prison pour subversion. Il s’est fait connaître pour son combat en faveur de la défense de l’environnement et ses actions de soutien aux malades du Sida. Il s’était vu décerner le prix Sakharov "pour la liberté de pensée" en 2008 par le Parlement européen.

Les autorités procèdent depuis plusieurs mois à de prétendues libérations, masquant en réalité des assignations à résidence, des persécutions ou, plus inquiétant encore, des disparitions forcées. Elles semblent décidées à ne jamais totalement libérer les prisonniers de conscience, mettant tout en œuvre pour les maintenir isolés de leur famille et du reste de la société, en coupant leurs moyens de communication ou en restreignant leurs déplacements. Elles procèdent également au confinement d’écrivains, d’avocats, de dissidents et de défenseurs des droits de l’homme, en bloquant leur ligne téléphonique et leur connexion Internet pour les couper du monde extérieur.

Reporters sans frontières condamne fermement de tels agissements qui violent le droit international et consistent à faire de chaque ancien prisonnier un prisonnier à vie.

L’organisation publie un rapport faisant état de différentes méthodes iniques de la “justice” chinoise. La Chine est considérée comme un Ennemi d’Internet et figure en 171ème position, sur 178 pays, dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.

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