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Un journaliste arrêté alors qu'il rendait visite à un ancien ministre en prison

Un journaliste arrêté alors qu’il rendait visite à un ancien ministre en prison

Publié le mercredi 23 février 2011. Mis à jour le lundi 28 février 2011.
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Reporters sans frontières dénonce fermement la détention de Raphaël Nkamtcheun, directeur de publication du journal La Boussole, pour avoir obtenu des documents classifiés de la part de Polycarpe Abah Abah, ancien ministre des finances, écroué depuis 2008 pour détournement présumé des deniers publics.

Cette mesure arbitraire vise à faire taire la presse. Raphaël Nkamtcheun n’a commis aucun crime qui justifie une arrestation. Recevoir un document d’un détenu à qui l’on rend visite n’est en rien contraire à la loi. Il est compréhensible que les autorités s’interrogent sur comment les documents se sont retrouvés en la possession de Polycarpe Abah Abah, mais il est inadmissible qu’un journaliste se trouve incriminé. Nous demandons aux autorités de respecter le travail de la presse d’investigation. Q’un reporter soit en contact avec des documents officiels est le fondement même du journalisme d’enquête. Raphaël Nkamtcheun doit être immédiatement relâché.

Prison de Kondengui à Yaoundé

Le 17 février dernier, le journaliste a été sollicité par l’ex ministre des finances qui lui fournit régulièrement depuis sa cellule des informations à publier dans son journal. Après un entretien de trois heures qui a fortement intrigué les gardiens de prison, Raphaël Nkamtcheun a fait l’objet d’une fouille au corps à sa sortie. Des documents classés confidentiels ont été retrouvés sur lui, laissant supposer que Polycarpe Abah Abah les lui aurait remis. Le journaliste a été aussitôt arrêté. Entendu sur procès verbal, il a été conduit dans une cellule de la gendarmerie de Nkondengui.

Les documents en question retrouvés en possession du journaliste attestaient la responsabilité du président de la République dans l’arrestation de Polycarpe Abah Abah lors de "l’opération épervier" dont le but était de lutter contre la corruption et les détournements de fonds publics.

L’incarcération du journaliste laisse sa femme et ses enfants dans une situation précaire. Reporters sans frontières a décidé d’apporter son soutien financier à sa famille.

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