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Nouveau report du procès de Hassan Ruvakuki : RSF dénonce une stratégie d'usure

Nouveau report du procès de Hassan Ruvakuki : RSF dénonce une stratégie d’usure

Publié le vendredi 19 octobre 2012.
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"Ce nouveau report du procès en appel du journaliste Hassan Ruvakuki est un scandale. Il repose sur un argument ridicule, qui témoigne en outre de l’intrusion du politique dans la sphère judiciaire. Le scénario semble écrit d’avance, tout est fait pour faire traîner ce procès en longueur, à raison d’une journée d’audience par semaine, au contraire de ce que demandent les prévenus et leurs avocats", a déclaré Reporters sans frontières.

"Si les autorités burundaises comptent sur ces reports à répétitions pour décourager Hassan Ruvakuki, ses avocats et ses soutiens, elles se trompent. Nous irons jusqu’au bout du combat pour prouver son innocence et obtenir sa libération", a ajouté Christophe Deloire, directeur général de l’organisation.

Le 18 octobre 2012, au terme de la deuxième journée d’audience (la première s’était tenue dix jours plus tôt, le 8 octobre), le président de la Cour d’appel de Gitega, Fulgence Ruberintwari, a déclaré : "Nous avons reçu une lettre du gouverneur de la province disant que vendredi, il y a la fête ici à Gitega du lancement du centenaire de la ville. Donc le procès ne pourra pas continuer demain." La prochaine audience a été fixée au 25 octobre.

Le matin, l’avocat du journaliste, Me Onésime Kabayabaya, avait souligné l’urgence de la situation : "Hassan Ruvakuki croupit en prison depuis près d’une année pour rien, il veut donc être rapidement entendu pour montrer qu’il est innocent. Nous vous demandons avec insistance (…) que le procès soit instruit de façon ininterrompue parce qu’il veut être blanchi rapidement pour pouvoir rejoindre sa famille et reprendre son métier."

Journaliste de Bonesha FM et correspondant du service en swahili de Radio France Internationale (RFI), Hassan Ruvakuki a été condamné en juin dernier à la prison à perpétuité pour "actes de terrorisme".


09.10.2012 - Report du procès : Hassan Ruvakuki "plutôt confiant", ses confrères déçus

"C’est à la stupéfaction générale que le président de la cour d’appel de Gitega (Centre) a conclu la première journée du procès en appel de Hassan Ruvakuki et de ses 22 co-accusés, le 8 octobre 2012, en annonçant que la prochaine audience se tiendrait le 18 octobre. Toute l’assistance s’attendait à revenir dès le lendemain matin et s’y était d’ailleurs préparée", a constaté le représentant de Reporters sans frontières qui assistait aux débats, à Gitega, en signe de soutien au journaliste de Bonesha FM et correspondant du service en swahili de Radio France Internationale (RFI).

La journée avait été consacrée à l’audition de moins d’une dizaine des co-accusés. Le cas de Hassan Ruvakuki, condamné en juin dernier à la prison à perpétuité, n’avait pas encore été abordé.

"Nous passons d’un extrême à l’autre. En première instance, le juge s’était précipité. Maintenant, au contraire, les choses semblent prêtes à traîner. La justice burundaise balbutie, et nous avec", a déclaré Reporters sans frontières.

"Contrairement à ce qui s’était passé auparavant à Cankuzo (Est), le siège a semblé plutôt à l’écoute et pour la première fois, les prévenus et leurs avocats ont pu s’exprimer sur le fond. Mais la décision du juge de reporter la prochaine audience prolonge encore l’attente de notre confrère, déjà injustement emprisonné depuis plus de dix mois", a ajouté l’organisation.

Patrick Nduwimana, directeur de Bonesha FM, la station qui emploie Hassan Ruvakuki, s’est immédiatement dit "très déçu". "Nous étions prêts pour un procès marathon. Pourquoi nous faire attendre et revenir la semaine prochaine ?", s’est-il interrogé. "Ce n’est pas un bon signe, cela signifie que l’affaire va encore traîner", a pour sa part estimé Alexandre Niyungeko, président de l’Union burundaise des journalistes (UBJ).

Le principal intéressé, Hassan Ruvakuki, ne semblait pas lui-même savoir si ce report était une bonne ou une mauvaise nouvelle. "Ça va aller, merci pour tout, je rentre à Muramvya (la ville où il est emprisonné). Ça va aller", s’est-il contenté de dire au représentant de Reporters sans frontières avant de quitter la salle.

Environ 300 personnes assistaient au procès (une partie dans la salle, comble, l’autre assise devant le bâtiment de la cour d’appel, au soleil, et écoutant le déroulement à travers des haut-parleurs). Parmi l’assistance, plusieurs diplomates et des représentants d’organisation de défense des droits de l’homme (Human Rights Watch) et de défense des journalistes (Reporters sans frontières). La presse locale avait massivement fait le déplacement : Bonesha FM, Radio Publique Africaine (RPA), Iwacu, Net Press, etc.

Jean-Claude Kavumbagu, directeur de Net Press et dernier journaliste emprisonné au Burundi avant Hassan Ruvakuki, était présent "pour marquer (son) soutien à l’égard d’un confrère qui traverse la même épreuve que (lui)".

Photo : Hassan Ruvakuki (Alexandre Niyungeko)

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