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L'affaire des deux journalistes de L'Ouragan devant la Cour africaine des droits de l'homme

L’affaire des deux journalistes de L’Ouragan devant la Cour africaine des droits de l’homme

Publié le vendredi 19 juillet 2013.
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Reporters sans frontières salue la décision de la Cour africaine des droits de l’homme d’examiner l’affaire des deux journalistes de l’hebdomadaire burkinabé L’Ouragan condamnés, le 29 octobre 2012, à douze mois de prison ferme, quatre millions de francs CFA (6 000 euros) d’amende et 500 000 francs CFA (750 euros) de dommages et intérêts.

RSF avait fustigé à l’époque des peines "démesurées" et rappelé que des privations de liberté pour les délits de presse sont toujours injustes et disproportionnées. "Nous espérons que la Cour africaine, une instance supérieure au tribunal de grande instance de Ouagadougou, sera en mesure de contraindre la justice à revoir sa position. Il est temps que les autorités du Burkina Faso remettent ces deux journalistes en liberté", a déclaré l’organisation.

Issa Lohé Konaté, directeur de publication du journal, et Roland Ouédraogo, rédacteur, sont accusés de "faits de diffamation, d’injures et d’outrage à magistrat par voie de presse" suite à une plainte déposée par le procureur du Faso, Placide Nikiéma. Issa Lohé Konaté avait admis avoir commis une faute professionnelle et avait présenté ses excuses.

Pour plus d’informations, visitez le site de Media Legal Defence Initiative.


31.10.2012 - Prison ferme et lourdes amendes pour deux journalistes : RSF fustige des peines "démesurées"

Issa Lohé Konaté, directeur de publication de l’hebdomadaire burkinabé L’Ouragan, et Roland Ouédraogo, rédacteur du même titre de presse, ont été condamnés, le 29 octobre 2012, par le tribunal de grande instance de Ouagadougou, à douze mois de prison ferme, quatre millions de francs CFA (6 000 euros) d’amende et 500 000 francs CFA (750 euros) de dommages et intérêts. L’Ouragan est également interdit de publication pour six mois.

Reporters sans frontières est très préoccupée par la sévérité de ces peines. "Prison ferme et amendes asphyxiantes ne sont jamais une réponse juste à une faute commise dans l’exercice de la profession de journaliste", a déclaré Christophe Deloire, secrétaire général de l’organisation.

"S’il est compréhensible que les propos tenus dans L’Ouragan fassent l’objet de poursuites, la privation de liberté en matière de délit de presse est disproportionnée et contre-productive. Cette décision du tribunal de grande instance, qui ne doit pas faire jurisprudence, est d’autant plus surprenante que le Burkina Faso prévoit de dépénaliser les délits de presse. Enfin, l’importance des sanctions pécuniaires peut conduire L’Ouragan à la ruine. Nous espérons que des sanctions plus justes et proportionnelles à la faute commise seront prononcées en appel", a-t-il ajouté.

Dans deux articles parus dans l’édition du 1er août dernier, L’Ouragan avait mis en cause le procureur du Faso, Placide Nikiéma, en l’impliquant dans un trafic de faux billets de banque, et en le qualifiant de "torpilleur de la justice". Un autre article, paru dans le numéro suivant, portait le titre "Déni de justice, le procureur du Faso, un justicier voyou ?". Une plainte avait alors été déposée par Placide Nikiéma pour "faits de diffamation, d’injures et d’outrage à magistrat par voie de presse".

Le directeur de publication de L’Ouragan admet avoir commis une faute professionnelle en publiant ces articles et a rapidement présenté ses excuses. Son avocat estime cependant que la peine prononcée est "très lourde" et a annoncé son intention de faire appel.

Photo : Palais de justice de Ouagadougou (Damien Meyer / AFP)

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