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Attaque contre la résidence d'un journaliste en ligne, possiblement liée à l'assassinat d'un confrère

Attaque contre la résidence d’un journaliste en ligne, possiblement liée à l’assassinat d’un confrère

Publié le lundi 3 décembre 2012.
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La résidence d’Antônio Fabiano Portilho Coene, 34 ans, propriétaire du site d’informations Portal i9, a été la cible d’un attentat dans la nuit du 29 novembre 2012 à Campo Grande, capitale du Mato Grosso do Sul. Deux inconnus ont ouvert le feu en direction de la bâtisse avant de lancer un cocktail Molotov qui a atterri dans le patio. Reporters sans frontières réclame une protection urgente pour le journaliste.

L’attentat n’a heureusement causé aucun blessé mais un message découvert sur un marteau à l’entrée de la maison annonçait : “Fabiano Carvalhinho battu à mort”. Il pourrait bien s’agit d’une allusion au journaliste Eduardo Carvalho, éditeur du site d’informations Ultima Hora News (UHNews), assassiné huit jours plus tôt. Fabiano Portilho Coene suspecte des représailles liées à la publication sur Portal i9 de révélations sur une affaire de trafic d’influences, déjà parues dans les pages d’UHNews la veille de l’assassinat d’Eduardo Carvalho.

Reporters sans frontières demande que toute la lumière soit faite sur cet attentat, alors que les enquêtes sur les assassinats d’Eduardo Carvalho et de Paulo Rocaro – tué le 12 février dernier dans cette même région à haut risque - tardent à produire des résultats. L’organisation rappelle que onze journalistes ont été assassinés au Brésil depuis le début de l’année, dont cinq en lien avérés avec la profession.


23.11.12 - Assassinat par balles d’un rédacteur en chef menacé de mort à plusieurs reprises

Reporters sans frontières a appris avec la plus grande affliction la mort du journaliste Eduardo Carvalho, éditeur du site internet Ultima Hora News, assassiné par balles dans la nuit du 21 novembre 2012 à Campo Grande, la capitale de l’Etat de Mato Grosso do Sul. Eduardo Carvalho recevait des menaces de mort depuis l’année dernière en raison de ses publications dénonçant de nombreux politiciens et policiers de la région.

“Nous présentons toutes nos condoléances à la famille et aux proches d’Eduardo Carvalho. Les auteurs de ce crime ne doivent pas rester impunis. Ce nouvel assassinat porte à 11 le nombre de journalistes tués au Brésil pour l’année 2012. Pour trois d’entre eux, le lien a été établi avec leur activité professionnelle. Pour quatre autres, les enquêtes doivent continuer. En cette Journée mondiale de lutte contre l’impunité, nous appelons les autorités à enquêter le plus rapidement et sérieusement possible sur cette affaire, d’autant plus que la piste professionnelle semble se dessiner“ a déclaré l’organisation.

Eduardo Carvalho, ex-policier militaire à la retraite de 52 ans, qui occupait le poste d’éditeur en chef du site Ultima Hora News, s’est fait tirer dessus par deux hommes armés de pistolets qui l’attendaient devant sa résidence à Campo Grande. Le journaliste, qui rentrait chez lui accompagné de sa femme, a succombé aux blessures de trois balles. Les suspects ont fui en moto.

Eduardo Carvalho avait déjà survécu à un premier attentat, alors qu’il était en voiture avec sa fille. Il avait maintes fois dénoncé les menaces de mort dont il était victime et affirmé qu’il craignait pour sa vie. Il avait en conséquence obtenu une licence de port d’armes ainsi que le permis exclusif d’utiliser un gilet pare-balle des forces armées. Il ne le portait pas lors de l’attaque.

Eduardo Carvalho dénonçait sur le site UH News différents politiciens et policiers de l’Etat du Mato Grosso do Sul. Le jour de son assassinat, il avait publié un texte dans lequel il dénonçait l’abus d’autorité d’un capitaine de la Police militaire. Le mardi 20 novembre 2012, le journaliste avait publié sur son compte Facebook un commentaire dans lequel il affirmait que malgré les différentes menaces et persécutions dont il était constamment victime, il avait « un coffre rempli de nouveautés, chacune plus scandaleuse que l’autre ».

Pour le moment, la police n’a déterminé aucune piste précise concernant des suspects ou les motifs du crime, en dépit des menaces reçues depuis 2011 et d’une liste extensive de personnes dénoncées sur son site. Les responsables de l’enquête reconnaissent cependant que le crime possède toutes les caractéristiques d’un assassinat commandité.

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