Reporters sans frontières

Le ministre de la Communication poursuit sa reprise en main des médias publics

Publié le mardi 10 août 2004.
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Le ministre de la Communication, des Sciences et de la Technologie du Botswana, Boyce Sebeleta (photo), a récemment pris la décision unilatérale d’arrêter la rubrique "Political profiles" du quotidien public The Daily News et la revue de presse de la radio d’Etat, Radio Botswana.

"Cette interférence dans la ligne éditoriale de deux médias est d’autant plus intolérable qu’elle porte un grave préjudice au pluralisme de l’information. En effet, ces deux émissions offraient une large tribune, d’une part aux membres de l’opposition, et d’autre part aux organes de presse privés", a déclaré Reporters sans frontières. "Ce n’est pas la première fois que Boyce Sebeleta prend l’initiative de tels actes de censure dans le but de faire taire toutes les voix critiques à l’égard du parti au pouvoir, le Botswana Democratic Party (BDP). Cette dérive est réellement inquiétante dans un des pays les plus ouverts à la liberté de la presse du continent africain", a ajouté l’organisation.

La rubrique "Political profile", qui était devenue au fil des années un pilier du quotidien d’Etat gratuit The Daily News, a été brusquement stoppée sur ordre de Boyce Sebeleta, sans autre forme d’explications. Bapasi Mphusu, directeur de l’information du journal, a indiqué que cet arrêt n’était que temporaire, dicté par des obligations de modernisation. L’opposition politique ne l’entend pas de cette oreille et y voit avant tout un moyen pour le gouvernement de l’empêcher de s’exprimer dans le journal le plus lu du pays, à deux mois des élections législatives.

La revue de presse quotidienne de la radio publique Radio Botswana, qui accordait une place importante aux médias privés, a connu le même sort. Cette décision est la nouvelle preuve de la volonté du ministre de la Communication de museler les journaux indépendants. En 2003 déjà, il a fait entrer The Daily News sur le marché des espaces publicitaires, en concurrence avec la presse privée, alors que, auparavant, le financement du quotidien provenait intégralement des taxes perçues par l’Etat. "Nous dépendons essentiellement des recettes publicitaires pour survivre. Ce changement va tuer les voix alternatives", s’était alors inquiété le directeur d’un hebdomadaire local.

Une autre émission de Radio Botswana avait été supprimée à la fin de l’année 2003. Boyce Sebetela reprochait à "Masa-a-sele" qui permettait aux auditeurs de donner leur avis sur l’actualité politique, de donner trop de places aux critiques contre le BDP.

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