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La crise dans l'Etat d'Arakan et les nouvelles menaces sur la liberté d'information

La crise dans l’Etat d’Arakan et les nouvelles menaces sur la liberté d’information

Publié le jeudi 28 juin 2012.
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Introduction

Le 28 mai 2012, Ma Thida Htwe, une jeune birmane de 27 ans, a été violée puis tuée par plusieurs individus dans la ville de Kyaukphyu, dans l’Etat d’Arakan (ouest du pays).

Quelques jours après le meurtre, des photos de la victime circulaient sur Facebook. Dans les premiers jours du mois de juin, des clichés de trois individus, nommés et désignés comme étant les auteurs du viol en réunion ont également été publiées. Ces photos ont par la suite été massivement partagées sur le réseau social, avant d’être reprises par un média birman.

L’information autour de ce crime de droit commun a dans un premier temps circulé sur la toile avant d’être diffusée par les médias. La rapidité de circulation de l’information montre l’accroissement de la liberté sur Internet en Birmanie.

Toutefois dès le départ, les précisions apportées sur les origines ethniques et religieuses de la victime et des auteurs du crime ont apposé une grille de lecture biaisée sur ce fait divers dramatique, les médias mettant en avant le fait que la victime était Rakhine/bouddhiste et que les auteurs présumés du viol étaient quant à eux Rohingyas/musulmans. Ceci n’a fait qu’exacerbé les tensions ethniques, transformant Internet en un véritable "champs de bataille" virtuel.

C’est dans ce climat de tensions que, le 3 juin, un bus transportant dix passagers identifiés comme "Rohingyas" a été intercepté près de la ville de Taungup par une foule en colère. Ses occupants on été lynchés. Deux jours plus tard, les clichés des corps circulaient dans les médias publics. Sur certaines unes, on pouvait même lire "Kalar", terme péjoratif désignant les Rohingyas et les Bengalis vivant dans l’ouest du pays.

A compter de cette date, on a assisté à un déchaînement de violences. Les affrontements et autres actes de vandalisme se sont répandus dans tout l’Etat d’Arakan, y compris dans sa capitale, Sittwe. Plus de cinquante personnes ont été tuées, plus de 2500 maisons et édifices religieux incendiés et plus de trente mille personnes forcées de fuir leurs habitations. Le 10 juin, le président Thein Sein a décrété, pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir, l’état d’urgence dans l’Etat d’Arakan, autorisant les militaires à prendre le contrôle effectif de la région et à y rétablir l’ordre et la loi, au moyen de la force, si nécessaire.

La couverture médiatique des violences communautaires qui ont éclaté dans le pays, et les mesures prises par le gouvernement en réponse au traitement de l’information concernant les affrontements entre les communautés ainsi qu’avec les forces de sécurité, constituent de nouvelles menaces à l’encontre de la liberté de l’information en Birmanie. Si la crise n’est pas encore terminée, et qu’il est encore trop tôt pour tirer toutes les conclusions nécessaires à l’amélioration de la situation, Reporters sans frontières et la Burma Media Association dressent néanmoins un premier bilan et s’interrogent sur une potentielle manipulation délibérée de l’information, préméditée ou non, visant à favoriser la crise dans laquelle la Birmanie se trouve actuellement.

Presse étrangère : difficultés d’accès à l’information et sources biaisées

Si des médias birmans se trouvaient, ou ont pu se rendre très tôt, dans les villes où se sont déroulés les premiers affrontements, notamment l’attaque du bus transportant dix "Rohingyas", les agences de presse étrangères ne sont arrivées dans la région qu’à partir du 8 ou 9 juin, soit deux jours avant l’instauration de l’état d’urgence. Selon un journaliste d’une des agences, ayant tenu à garder l’anonymat, la situation des reporters présents était si délicate, et les pressions de la population locale si fortes, qu’il leur a, semble-t-il, fallu rentrer à Rangoun pour envoyer, en toute sécurité, à leur rédaction les informations et les photographies qu’ils avaient prises.

"Les conditions de sécurité pour les reporters ont changé à partir de l’état d’urgence décrété le 10 juin par le président birman", a déclaré le responsable régional d’une de ces agences. Des reporters ont pu suivre les forces de sécurité, mais sans être réellement protégées par celles-ci, qui n’ont fait que tolérer leur présence.

Selon ce journaliste, responsable d’agence, "les perceptions idéologiques de la société birmane ont influencé évidemment les reporters et correspondants birmans des médias étrangers. Envoyés sur le terrain, ils ont pu, dans certaines occasions, se laisser influencer par leurs perceptions et porter atteinte à la qualité de l’information qu’ils faisaient parvenir à leur rédaction."

Rencontré à Paris, un Birman originaire de l’Etat d’Arakan a expliqué à Reporters sans frontières : "Les services birmans des médias étrangers font l’objet de trois types de pression : celle émanant des autorités birmanes, à qui elles ont directement à faire ; celle des partis, associations ou organisations par lesquelles ils sont soutenus ; et les pressions internes, leurs équipes ayant parfois du mal à prendre leurs distances avec le conflit."

"Je suis souvent sollicité pour faire des interviews avec les médias étrangers. Mais pour ce conflit, ces mêmes médias n’ont pas souhaité retranscrire les informations que je leur donnais, pourtant obtenues de première main. Les médias se sont rapidement rendus compte du caractère sensible du sujet. Et certains ont été contraints de ’modérer’ leur couverture", a t-il déclaré à l’organisation.

La crise constitue également un sujet hautement sensible hors des frontières birmanes. Le 15 juin, des soldats bangladais de la Border Guard Bangladesh, ont empêché des journalistes de parler aux habitants des zones où s’étaient réfugiés des Rohingyas ayant fui les affrontements dans l’Etat d’Arakan. Pour expliquer ce blocage dans l’accès à l’information, un officier d’un régiment de garde-frontières a déclaré au journal bangladais New Age : "Nous avons reçu pour instruction du ministère des Affaires étrangères de nous assurer que les organisations internationales et les ONG ne soient pas autorisées à utiliser les récents incidents pour embarrasser le gouvernement".

Dix jours après l’instauration de l’état d’urgence, et plusieurs annonces relatives à l’accalmie des violences, l’association "Arakan Rohingya Union" a lancé un appel à l’ouverture de la région aux médias étrangers, témoignant du sentiment d’isolement ressenti par bon nombre de victimes et de réfugiés.

Attaques contre les médias étrangers

La polarisation d’une partie de la population s’est également traduite, très tôt après le début de la crise, par une remise en cause de la couverture par certains médias étrangers ou en exil. Prenant la forme de protestations publiques et de publications en ligne, de véritables campagnes de dénigrement ont été lancées. Ces attaques, souvent virulentes, ont pour conséquence de fragiliser les conditions de travail des reporters et correspondants des médias visés.

Le 11 juin, des manifestations contre les médias étrangers se sont déroulées devant l’hôtel de ville de de Rangoun et, le 14 juin 2012, une vingtaine de personnes se sont rassemblées devant l’ambassade britannique pour protester contre la couverture des violences dans l’Etat d’Arakan par la communauté internationale. Les manifestants, qui ont également ciblé l’organisation Burma Campaign UK, ont accusé les médias internationaux et d’autres ONG de dépeindre les affrontements comme un conflit religieux. Ils ont également soutenu que les agences de presse étrangères prenaient parti pour les Rohingyas. Ces attques ont contribué à mettre en danger tous les reporters présents dans l’Etat d’Arakan.

Sur les pancartes brandies par les manifestants, on pouvait lire des slogans tels que "Médias internationaux, arrêtez de qualifier ce conflit de religieux", "Les Rohingyas ne sont pas une ethnie de Birmanie", "Burma Campaign UK ARRETEZ la propagande" ou encore "Respectez notre souveraineté".

Ciblant particulièrement la couverture, considérée comme volontairement biaisée, de la BBC et de la Democratic Voice of Burma (DVB), les manifestants ont renommé ces médias "Bengali Broadcasting Corporation" et "Democratic Voice of Bengali".

Déjà en novembre 2011, la BBC avait été contrainte, sous la pression d’internautes mécontents, de modifier une carte de la Birmanie qu’elle avait publiée en ligne. Le média s’était vu reprocher l’absence d’une photo et d’une présentation de l’ethnie Rakhine alors qu’une photo et une indication du peuplement des Rohingyas dans l’Etat d’Arakan y figuraient.

Le correspondant du New York Times à Rangoun, Thomas Fuller, s’est également vu personnellement et publiquement attaqué pour son article sur les affrontements entre Rohingyas et Rakhines daté du 10 juin 2012.

Par ailleurs, une violente campagne de dénigrement en ligne s’est abattue contre la Democratic Voice of Burma, déjà ciblée par les manifestants contre la couverture étrangère des violences. Après avoir publié plusieurs articles sur son site Internet et sur les pages Facebook de ses journalistes, le média a reçu de nombreux messages d’insultes (e-mail, commentaires sur le site et sur Facebook), dont certains menaçants, l’obligeant à supprimer une bonne partie de ces commentaires.

De plus, le 9 juin 2012, à 21h15, le site internet de la DVB, comme d’autres sites Internet birmans, a été victime d’une attaque de déni de service (Distributed Denial-of-Service Attack, DDoS).

Selon la DVB, dont l’expert en cyber-sécurité a analysé l’attaque, environ 500 utilisateurs ont attaqué les deux versions (en langue anglaise et birmane) du site. Un groupe de hackers appelé Blink aurait revendiqué l’attaque sur son site, et invité d’autres hackers à les rejoindre, détaillant pour cela la procédure à suivre pour participer à l’attaque. Des slogans religieux pouvaient également être lus sur le site.

La réponse du gouvernement : contrôle et répression

Malheureusement, pour réguler la couverture médiatique et apaiser les internautes les plus belliqueux, le gouvernement a privilégié la menace et le renforcement du contrôle des médias, ramenant la liberté de la presse, récemment accrue, à son niveau d’avant les premiers signes d’ouverture, en 2011.

Ainsi, le 10 juin 2012, lors d’une conférence de presse relayée par le journal Irrawaddy, le ministre en chef de la région de Rangoon, Myint Swe, a ouvertement menacé les médias de sanctions pénales en cas de couverture des affrontements "portant atteinte à la sécurité de l’Etat ou relayant des informations pouvant nuire à l’ordre public".

Selon les déclarations de Myint Swe, les médias couvrant les événements "de manière dangereuse pour la stabilité de l’Etat" risquent de se voir sanctionnés en vertu de la section 5 de l’Emergency Provisions Act et de la section 505b du code pénal birman. La première section prévoit une peine de sept ans de prison ou une amende d’un montant non fixé pour des publications qui influenceraient le comportement des individus en mettant en danger la sécurité de l’État.

La seconde, sanctionne d’une peine de deux ans d’emprisonnement tout acte visant à provoquer la peur et la panique dans la société civile, et pouvant inciter à des crimes contre l’État ou des troubles à l’ordre public.

De son côté, le général Tint Swe, chef de la Division d’enregistrement et de vérification de la presse (Press Scrutiny and Registration Division, PSRD), communément appelé bureau de la censure, a ordonné aux médias de soumettre leurs articles sur les violences dans l’Etat d’Arakan pour validation, rétablissant de facto le système de censure préalable qui avait presque cessé d’exister depuis le début de l’année.

Les menaces du gouvernement n’ont pas tardé à être mises à exécution. Après la publication, le 9 juin 2012, de la photo de la victime du viol par l’hebdomadaire Snapshot (Hlyat Tabyet en birman), la PSRD a décidé, le jour même, de suspendre indéfiniment la licence de publication du journal. Cité par Irrawaddy, Myat Khine, rédacteur en chef de l’hebdomadaire, s’est défendu en affirmant que la photo avait circulé pendant plusieurs jours sur Internet avant d’apparaître dans son journal, et que sa publication ne pouvait donc être mise en cause dans l’attisement des violences.

Le journaliste a ajouté : "Il est très clair que rien n’a changé et que nous ne nous rapprochons en rien de la démocratie".

Le gouvernement n’a pas non plus rempli son devoir d’information de la population, restant silencieux jusqu’au 15 juin 2012, soit cinq jours après l’instauration de l’état d’urgence dans l’état d’Arakan. Ce n’est que lors de cette conférence de presse qu’il a informé les médias des développements de la crise et des couvre-feux, instaurés de 18h à 6h du matin dans certaines villes de la région.

Maung Wuntha, écrivain, journaliste de renom et cofondateur de l’hebdomadaire Pyithu Khit, a déclaré à Reuters : "Nous ne pouvons pas écrire ce que nous voulons. Nous pouvons seulement écrire ce que le bureau de vérification de la presse autorise… et malgré cela, nous avons quand même été avertis (ndlr : des conséquences en cas de couverture jugée néfaste par le gouvernement)."

Manipulation de l’information ?

Plusieurs journalistes ont attiré l’attention de Reporters sans frontières sur de possibles manipulations de l’information par différents groupes d’intérêts.

Selon plusieurs sources ayant observé la crise depuis son origine, le but de ces manipulations, opportunes ou préméditées, pourrait être la résurgence d’une présence militaire, présentée comme seule garante possible de l’ordre public et de la sécurité, ou l’affaiblissement du soutien apporté à Aung San Suu Kyi, dont la visite en Europe coïnciderait étonnamment avec la crise. "L’obligation pour elle, sous la pression de la presse, de se positionner sur la crise, lui serait forcément préjudiciable", a déclaré un journaliste birman.

S’il est peu probable qu’une crise d’une telle nature ait pu être préméditée, plusieurs contradictions et questions laissées sans réponses demandent une enquête approfondie sur le déclenchement des conflits et le rôle joué par les diverses organisations communautaires, les militaires et le gouvernement birman.

L’origine de la publication en ligne de la photo du corps sans vie de Ma Thida Htwe, sur Internet, demeure floue. Selon certains, un proche du président l’aurait d’abord publié sur sa page Facebook, puis supprimée après qu’elle eut été relayée. De même, les photos des trois auteurs présumés du viol auraient circulé très rapidement sur la toile, interrogeant certains journalistes sur la possibilité pour la population d’avoir accès à des informations aussi sensibles et aussi rapidement. Les trois hommes avaient été arrêtés dès le 30 mai 2012, soit deux jours après le viol. Cette arrestation vient également contredire les informations indiquant que le lynchage des dix "Rohingyas" à Taungup, le 3 juin, avait été perpétré par une foule pensant avoir identifié les auteurs du crime, survenu cinq jours plus tôt.

Le 18 juin, deux des trois suspects ont été condamnés à mort par la Cour provinciale de Kyaukphyu. Le troisième suspect se serait suicidé le 9 juin 2012, selon la presse gouvernementale.

Enfin, l’analyse de l’origine des adresses IP utilisées pour l’attaque ddos du site de la DVB, le 9 juin, a montré qu’au moins 75 d’entre elles proviendraient de Russie ou de Singapour. En Russie, les attaques auraient été lancées depuis plusieurs universités, à Moscou, Saint-Pétersbourg et Kaluga, villes abritant toutes des étudiants birmans (pour la plupart, officiers de l’armée birmane) en informatique ou en ingénierie nucléaire. Une telle attaque ne saurait, plausiblement, être interprétée comme une réponse spontanée d’internautes birmans à la couverture médiatique du média en exil.

Conclusion

Racisme, xénophobie, discours haineux : Les médias birmans bénéficient-ils de trop de liberté ?

Pour Hanna Hindstrom, de la Democratic Voice of Burma, "il ne fait aucun doute que la liberté des médias naissante a joué un rôle clé dans l’intensification des tensions religieuses". Plus précisément, la couverture biaisée des violences, à partir du 28 mai, par certains médias, en particulier ceux contrôlés par l’Etat, qui ont rapporté les deux crimes successifs (le viol et le lynchage en représailles) en précisant les origines ethniques et religieuses des intéressés et en utilisant le mot "Kalars" pour qualifier les Rohingyas, ont certainement favorisé l’aggravation des tensions.

Reporters sans frontières et la Burma Media Association reconnaissent l’importance du rôle joué par les réseaux sociaux, particulièrement Facebook, et par certains médias birmans (presse, audiovisuel ou en ligne), dans le prolongement, voire dans l’amplification de la crise.

Cependant, les deux organisations mettent en garde contre l’instrumentalisation de tels événements afin de justifier un retour à la répression et à la censure des médias birmans. Les médias birmans ne disposent pas de trop de liberté et ne méritent pas de voir rétablies des lois aussi répressives que celles, toujours en vigueur, instaurées par la junte en 1962. La Printers and Publishers Registration Law, l’Electronic act, et les directives du bureau de la censure, ne constituent pas des solutions viables permettant de prévenir tout dérapage raciste ou xénophobe.

Les "dérapages" de certains médias pendant la crise soulignent les défis immenses à relever pour une presse qui sort de 50 ans de censure. Au contraire de la répression, les médias ont fortement besoin d’autorégulation et d’un accompagnement de la libéralisation des médias par un cadre déontologique adéquat, ce qui ne peut être que l’œuvre des journalistes, pas du pouvoir.

Au cours de l’année 2011, les médias en Birmanie avaient vu l’assouplissement de plusieurs lois liberticides et de la censure draconienne de la junte. Certains secteurs de la presse avaient été progressivement dispensés de censure préalable. Durant la campagne des élections législatives partielles, des articles critiques et des interviews controversées avaient également pu voir le jour.

Reporters sans frontières et la Burma Media Association estiment que le renforcement actuel du contrôle de la presse par le pouvoir est une erreur. Son maintien constituerait un retour en arrière très inquiétant.

Nous rappelons que Tint Swe, qui dirige la PSRD, avait annoncé sa dissolution pour la fin du mois de juin 2012.

A la lumière de ces informations, Reporters sans frontières et son organisation partenaire, la Burma Media Association, établissent les recommandations suivantes :

Au gouvernement birman :

1) Les menaces pénales à l’encontre des journalistes et le rétablissement de la censure préalable, qui constituent des menaces sérieuses pour la démocratie, doivent être abrogés sans délai.

2) La proportionnalité des peines doit être garantie ainsi que le droit à l’information du public sur un sujet d’intérêt général.

A cet effet, les poursuites à l’encontre de l’hebdomadaire Snapshot doivent être abandonnées, et la suspension de sa licence de publication doit être annulée.

3) L’accès à l’état d’Arakan doit être accordé aux médias birmans et étrangers qui en font la demande ; la sécurité des reporters doit être assurée lorsque ceux-ci sont rattachés aux forces de sécurité.

Les événements actuels sont la preuve que la liberté d’information ne doit plus seulement être considérée comme le fruit de la démocratisation du pays mais comme un facteur y contribuant effectivement.

4) Un cadre légal pour les médias, y compris en ligne, et des mesures de protections pour les médias doivent élaborés avant la poursuite des réformes économiques.

A ce titre, la "loi des médias" devant être discutée par le parlement, le 4 juillet prochain, doit être rendue publique sans délai, et soumise à la concertation des différentes organisations birmanes et internationales de la société civile avant son adoption.

S’il avait existé, le conseil de la presse actuellement en cours d’élaboration, aurait pu jouer un rôle déterminant dans la modération de la couverture de la crise et dans le rappel aux médias des codes déontologiques et éthiques, et de leur responsabilité vis à vis de la population birmane dans son ensemble, en matière d’information objective et mesurée.

5) La création de ce conseil de la presse doit être transparente et faire l’objet d’un soin particulier. Aucune affiliation d’aucun type avec le gouvernement ne saurait être acceptable, pas plus que la présence de fonctionnaires de l’Etat en son sein n’est pas acceptable.

Aux médias birmans et étrangers :

En l’absence de cadre légal satisfaisant et offrant une réelle protection à l’ensemble des médias, en l’absence d’institutions telles qu’un Conseil de la presse, et compte tenu de la polarisation ou de l’inexpérience de certains journalistes :

1) Les rédactions doivent urgemment rappeler les codes éthiques de la profession à leurs journalistes, et mettre en place des réunions spéciales concernant la couverture de la crise.

2) En tenant compte de la diversité des moyens humains et financiers des médias, des formations spéciales et accélérées doivent être organisées afin de préparer les reporters aux problèmes de sécurité que pose la couverture des conflits dans l’Etat d’Arakan.

3) La communauté des médias dans son ensemble doit se rassembler. Si les rivalités et la compétition sont des éléments participant à un environnement plus sain pour la presse, des antagonismes trop marqués pourraient constituer des entraves à l’information et favoriser la confusion concernant la réalité des événements sur le terrain.

Rapport rédigé par : Benjamin Ismaïl
Responsable du bureau Asie-Pacifique - Reporters sans frontières - Paris – France

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