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Quatre journalistes arrêtés en l’espace de quatre jours

Publié le lundi 18 septembre 2006. Mis à jour le vendredi 22 septembre 2006.
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Reporters sans frontières demande la libération de quatre journalistes béninois, les premiers à être détenus depuis 2004, alors même qu’une amélioration notable de l’état de la liberté de la presse était constatée dans le pays.

"Ces arrestations n’apportent aucune réponse juste et adaptée à d’éventuelles fautes journalistiques. Au contraire, elles représentent un réel danger pour la démocratie. D’une part, elles brisent le consensus qui prévalait jusqu’ici au Bénin, suspendant de fait, depuis 2004, toutes les incarcérations de journalistes. En l’absence d’une réelle dépénalisation, ce moratoire avait au moins permis de renouer des relations positives entre les autorités et la presse, dans une période à risques comme l’a été l’élection présidentielle. Nous avions le sentiment que le temps de la défiance et de la répression était passé. Ce serait une très mauvaise nouvelle que de constater que le gouvernement a décidé unilatéralement que tel n’était pas le cas", a déclaré Reporters sans frontières.

"D’autre part, court-circuiter les organes de régulation des médias malgré l’excellent travail qu’ils ont fourni ces dernières années, c’est prendre le risque de les dépouiller de tout pouvoir. Or, si les journaux peuvent commettre des fautes, dans une démocratie, la régulation de la presse ne peut pas être laissée à la police judiciaire", a ajouté l’organisation.

Virgile Linkpon et Richard Couao-Zotti, respectivement directeur de publication et directeur de la rédaction du quotidien privé La Diaspora de Sabbat, ont été arrêtés le 15 septembre 2006 par la police judiciaire. Gardés à vue tout le week-end, ils ont été présentés au parquet le 18 septembre et inculpés de "diffamation" et "offense au chef de l’Etat". Les deux journalistes sont poursuivis suite à la publication, le 14 septembre, d’un article intitulé : "Mauvais vent dans l’entourage du chef de l’Etat : le fils aîné de Boni Yayi en état de démence". Ils sont pour l’instant interdits de toute visite. Le chef d’édition du journal, dont l’identité n’est pas connue, a pour sa part été arrêté le 18 septembre.

De son côté, Cyrille Saïzonou, directeur de publication du quotidien privé Djakpata, a été arrêté par la police judiciaire le 18 septembre. Selon des journalistes de Cotonou contactés par Reporters sans frontières, il serait interrogé sur la publication, le 20 juin 2006, d’un article sur de prétendues malversations au sein de la police nationale.

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