Reporters sans frontières

Un journaliste risque la prison pour avoir exposé une faille de sécurité dans le métro de Minsk

Un journaliste risque la prison pour avoir exposé une faille de sécurité dans le métro de Minsk

Publié le vendredi 27 juillet 2012.
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Reporters sans frontières condamne l’arrestation du journaliste Vital Ruhayn, correspondant de la Radio Européenne pour le Bélarus (ERB), basée à Varsovie, suite à la publication d’une vidéo sur Internet montrant la négligence de membres des forces de police du métro de Minsk, le 25 juillet 2012.

“Nous déplorons cette arrestation, révélatrice du degré de sensibilité des autorités quant aux sujets liés, de près ou de loin, aux attentats de Minsk et à la sécurité nationale. Un journaliste ne devrait pas être arrêté pour avoir mis en lumière les manquements aux règles de sécurité au sein de la police. Nous demandons que Vital Ruhayn soit relâché dans les plus brefs délais, sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui”, a déclaré Reporters sans frontières.

Vital Ruhayn, 25 ans, a été arrêté dans la soirée du 25 juillet. Il est accusé d’avoir proféré “des obscénités” sur la voie publique et de s’être rendu coupable de “hooliganisme”. Le lendemain de son interpellation, il a été déférré au tribunal du district de Tsentralny (Minsk), où s’est tenu son procès. Son avocat a été empêché d’assister à l’audience, durant laquelle le journaliste a plaidé “non coupable”.

La Cour a décidé d’ajourner la séance, accordant cinq jours de plus aux policiers pour réviser leurs rapports d’enquête, qui comportaient des incohérences. Bien que Vital Ruhayn ait pu quitter l’audience libre, l’affaire n’a pas été classée. Le journaliste encourt toujours une sanction, voire l’incarcération.

Son arrestation fait suite à la publication sur Internet d’une vidéo reconstituant les conditions des attentats d’avril 2011. Le journaliste s’y met en scène, pénétrant avec un gros sac à dos dans le métro de Minsk, pour tester la vigilance des policiers. La vidéo révèle que ce jour-là, les policiers ne s’étaient pas donné la peine d’inspecter le contenu de son sac.

Le 24 juillet, le journaliste a été brièvement détenu par des gardes frontières alors qu’il revenait au Bélarus, en provenance de Vilnius. Ces derniers lui ont confisqué son passeport et son ordinateur lors d’un contrôle d’identité, pendant près d’une heure. Le journaliste a de nouveau été arrêté le lendemain à Minsk. Son associé, Pavel Svyardlow, correspondant également pour ERB, avait lui-même été arrêté un mois auparavant et condamné pour le même chef d’inculpation à quinze jours de prison. Vital Ruhayn avait voulu quitté le pays pour éviter l’arrestation.

Cela fait la deuxième fois en moins d’un mois que le manque de vigilance des forces de sécurité est mis en lumière. Le 4 juillet, les membres d’une agence de relations publiques suédoise avaient organisé, au-dessus du Bélarus, un lâché géant d’ours en peluche en soutien à la liberté d’expression dans le pays. Le 13 juillet, le journaliste Anton Surapin avait été arrêté pour avoir publié les photos de l’événement sur son site internet.

Depuis son arrestation, le journaliste est toujours maintenu en détention par le Comité pour la Sécurité Nationale (KGB local). Le 27 juillet, il entame son quatorzième jour de détention, dépassant ainsi la durée légale de détention préventive. Il encourt une peine de trois à sept ans de prison.

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