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Représailles des forces de l'ordre contre des journalistes, victimes d'attaques à répétition

Représailles des forces de l’ordre contre des journalistes, victimes d’attaques à répétition

Publié le mercredi 30 mai 2012.
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Reporters sans frontières appelle le gouvernement bangladais à prendre des mesures à l’encontre des membres des forces de l’ordre qui ont agressé, devant témoins, trois journalistes dans les bureaux du juge en chef de la Cour métropolitaine de Dacca (Chief Metropolitan Judge Court of Dhaka), le 29 mai 2012, et à faire cesser les violences contre la presse, en forte hausse depuis le début de l’année.

“Quand elles ne sont pas directement responsables des agressions à l’encontre des professionnels des médias, les forces de l’ordre se montrent inefficaces voir passives face aux violences qui minent gravement la liberté d’information dans le pays. Au cours des derniers mois, nous avons appelé a plusieurs reprises le gouvernement à réagir face à cette montée de violence et à l’installation d’un climat d’impunité. Aucune mesure n’a été prise jusqu’à présent”, a déclaré Reporters sans frontières.

“Il est urgent que le Premier ministre, Mme Sheikh Hasina Wajed, qui a récemment rappelé ses actions en faveur de la démocratie, intervienne afin de garantir la sécurité de tous les journalistes et la liberté fondamentale d’informer. La protection d’une presse libre et exempte de menaces ou de représailles est nécessaire au bon fonctionnement de la démocratie”, a ajouté l’organisation.

Agressions policières

Le 29 mai 2012, des membres de la police ont fait irruption dans les bureaux du juge en chef de la Cour métropolitaine de Dacca et, en présence de l’inspecteur Salahuddin et du vice-commissaire Rajib Al Masud, ont agressé trois journalistes et deux avocats.

Les trois journalistes, M.A. Jalil Uzzal du Dainik Kaler Kantho, Tuhin Hawlader du Bangladesh Pratidin et Prasanta Karmakar du Prothom Alo, avaient accusé les inspecteurs Zaman et Jahangir d’avoir abusé d’une jeune fille de quinze ans et d’avoir passé à tabac son père qui voulait la défendre, quelques heures auparavant. La jeune avait ensuite cherché l’aide d’avocats au sein de la cour de justice de Dacca.

Le 26 mai 2012, les photo-journalistes du journal Prothom Alo, Zahidul Karim, Sajid Hossain et Khaled Sarker, ont été attaqués par des policiers, alors qu’ils étaient en train de couvrir une manifestation étudiante dans la capitale.

Les journalistes, roués de coups dans la rue puis interpellés et emmenés à un commissariat de police, ont été victimes de fractures multiples aux jambes et aux mains et de blessures corporelles. Leurs appareils photos ont été confisqués.

Suite à cette attaque, neuf policiers ont été suspendus de leur fonction et trois autres ont été présentés à la justice. Ils devraient comparaître devant un tribunal de Dacca, le 5 juin prochain.

Attaque à la machette

Le 28 mai 2012, neuf journalistes de bdnews24.com ont été brutalement attaqués dans les locaux du site d’information, à Dacca. Vers 9 heures du soir, un groupe d’hommes armés de machettes ont fait irruption dans la rédaction et ont attaqué indistinctement neuf journalistes, blessant grièvement trois d’entre eux.

Le correcteur Newaz Mohammad Rifaat et le correspondant Salahuddin Wahed Pritom ont été blessés aux jambes, tandis que le chargé de l’administration Ruhul Amin a lui été blessé au torse. Les trois journalistes ont été hospitalisés. D’autres membres du média ont également reçu des blessures et des véhicules ont été vandalisés.

L’attaque n’ayant pas été revendiquée, ses auteurs et son mobile demeurent toujours inconnus. L’équipe de bdnews24.com s’est dite choquée par l’événement et a demandé que les coupables soient immédiatement arrêtés. La communauté des médias a exprimé son soutien à bdnews24.com lors d’une manifestation devant le National Press Club, le 29 mai.

Violences répétées

Le 19 mai 2012, le journaliste du quotidien Samakal, ABM Fazlur Rahman, 48 ans, a été pris en embuscade par des hommes armés de machettes, sur le campus du Government Edward College de Pabna (centre du pays). Il avait été attiré dans cet endroit par un appelant anonyme, qui avait promis de lui fournir des informations sur des irrégularités au sein de l’établissement scolaire. Les assaillants ont tailladé le bras droit du journaliste, qui a dû être hospitalisé.

L’agression pourrait être liée à un reportage de Fazlur Rahman sur des performances de danse à caractère obscène, dans le campus de l’école.

Le 15 mai, à Pabna, le correspondant du quotidien Kaler Kantho, Abdullah Al Mamun, a été battu en public par le neveu du ministre délégué de l’Intérieur, Shamsul Hoque Tuku. Le journaliste est l’auteur d’un reportage sur des cas présumés de corruption parmi les membres de la famille du ministre.

Le 6 mai 2012, cinq reporters de télévision sont tombés dans l’embuscade d’un groupe d’individus affiliés à la Ligue Jubo, une association politique de jeunesse liée à la Ligue Awami. Les journalistes couvraient un rassemblement du Parti Nationaliste du Bangladesh, à Jessore (Sud-Ouest). Ils sont : Akram Hossain de Channel i, Mamun de Desh TV, Ruhul Das de Maasranga Television, Torikul Islam Tarek de Diganta TV et son cameraman Jubair Hossain.

Depuis le début de l’année, les conditions de travail des professionnels des médias sont en nette dégradation au Bangladesh, qui figure à la 129e place, parmi 179 pays recensés dans le classement mondial de la liberté de la presse 2011-2012 de Reporters sans frontières.

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