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Un an après la condamnation d'opposants, le blogueur Ali Abdulemam toujours porté disparu

Un an après la condamnation d’opposants, le blogueur Ali Abdulemam toujours porté disparu

Publié le jeudi 21 juin 2012. Mis à jour le vendredi 22 juin 2012.
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Il y a un an, le 22 juin 2011, à l’issue d’un procès entaché d’irrégularités, de très lourdes peines de prison avaient été prononcées par une cour militaire, à l’encontre de vingt-et-un suspects poursuivis pour “appartenance à des organisations terroristes” et “tentatives de renversement du régime”. Huit d’entre eux, parmi lesquels le militant des droits de l’homme et blogueur Abduljalil Al-Singace, avaient été condamnés à perpétuité. Les treize autres s’étaient vu infliger des peines allant de deux à quinze ans de prison. Le blogueur Ali Abdulemam, jugé par contumace, avait, lui aussi, écopé d’une peine de quinze ans de prison.

Or, ses proches sont désormais sans nouvelles de lui depuis des mois et réclament aujourd’hui aux autorités, dans un message vidéo, toutes les informations dont elles disposent sur son cas et d’abandonner les charges qui pèsent à son encontre.

Reporters sans frontières demande la libération immédiate des prisonniers arrêtés pour leurs convictions et leurs actions de relais d’information, en particulier Abduljalil Al-Singace. L’organisation partage la profonde inquiétude des proches de Ali Abdulemam et exige que la lumière soit faite sur son sort.

Les autorités judiciaires bahreïnies ont ordonné, le 30 avril 2012, un nouveau procès, au civil cette fois-ci, qui a débuté le 8 mai 2012, devant la Cour d’appel. Pour la première fois, les accusés ont été en mesure de parler des actes de torture qu’ils ont subis. La dernière audition était le 19 juin 2012 et la prochaine se tiendra le 26 Juin.

Trois militants, Abdulhadi Alkhawaja, Hasan Mushaima et Abduljalil Al-Singace, ont pris la décision, après avoir témoigné devant la cour, de ne plus se rendre aux audiences. Ils ne croient pas en l’impartialité du système judiciaire et exigent leur libération immédiate, se disant visés pour leur activisme.

Les trois hommes ont fourni à la Cour les noms des agents qui les auraient torturés après leur arrestation. Ils ont exigé que ces officiers soient exclus de la liste des témoins appelés par le ministère public à témoigner contre eux.

Le tribunal a, par ailleurs, refusé de relâcher huit autres militants dont les avocats avaient demandé la libération.

L’avocat de Abduljalil Alsingace a également cessé de se rendre au procès sur la demande de son client. Le tribunal demande son remplacement par autre avocat.

Abduljalil Al-Singace, porte-parole et directeur du bureau des droits de l’homme du mouvement Al Haq pour les libertés civiles et la démocratie, a subi une arrestation le 16 mars dernier. Il avait déjà été arrêté en 2009 pour avoir prétendument lancé une campagne visant à “déstabiliser” le gouvernement. Il dénonçait sur son blog http://alsingace.katib.org les discriminations envers des chiites, ainsi que l’état déplorable des libertés publiques dans son pays.

Ali Abdulemam, considéré par les net-citoyens comme un pionnier d’Internet dans le pays, est un membre actif du BahrainOnline.org, forum pro-démocratique et bloqué au Bahreïn malgré ses 100 000 visiteurs par jour. Collaborateur du réseau mondial de blogueurs Global Voices, il est intervenu dans de nombreuses conférences internationales pour dénoncer les atteintes aux droits de l’homme à Bahrein.

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