Reporters sans frontières

Les disparitions et les arrestations de journalistes se multiplient en Libye et en Syrie

Les disparitions et les arrestations de journalistes se multiplient en Libye et en Syrie

Publié le vendredi 8 avril 2011. Mis à jour le mercredi 13 juillet 2011.
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LIBYE

Les quatre journalistes déclarés disparus hier par l’organisation ont été capturés par les forces pro-Kadhafi près de Bréga et placés en détention le 5 avril 2011. Leur localisation actuelle est inconnue.

Les quatre journalistes sont :

  • Clare Morgana Gillis, journaliste freelance américaine qui couvrait les événements dans l’est du pays pour le site TheAtlantic.com et d’autres médias américains.
  • James Foley, correspondant américain du GlobalPost.com, travaillant également pour Stars and Stripes et Al-Jazeera.
  • Manu Brabo, photographe freelance espagnol
  • Anton Hammerl, photographe freelance sud-africain.

D’après le site The Atlantic, des rebelles ont vu les troupes loyalistes emmener les journalistes, relâcher le chauffeur et détruire le véhicule à bord duquel les journalistes circulaient.

Reporters sans frontières demande leur libération immédiate et inconditionnelle, comme de l’ensemble des journalistes actuellement détenus en Libye. Avec ces quatre arrestations, le nombre de journalistes actuellement détenus s’élève à neuf.

Deux envoyés spéciaux de la Komsomolskaïa Pravda ont été enlevés ce 8 avril 2011 aux environs d’Adjabiya. Dmitry Steshin et Aleksandr Kots sont parvenus à appeler leur rédaction à 11h10 (heure française) pour prévenir que leur véhicule avait été arrêté par des hommes armés qui les emmenaient dans une direction inconnue. Le rédacteur-en-chef adjoint du journal, Andreï Diatlov, contacté par Reporters sans frontières, a déclaré : "Steshin et Kots sont des journalistes expérimentés, qui ont couvert de nombreux conflits dont la Tchétchénie, l’Abkhazie... C’est leur troisième voyage en Libye depuis le début du conflit. Nous sommes cependant très inquiets. Cette affaire ne concerne pas seulement notre rédaction, mais tous les médias internationaux dans la mesure où les enlèvements sur place se multiplient. Nous sommes en contact avec le ministère des Affaires étrangères russe, qui a promis de faire tout son possible."

Un groupe de cameramen de la chaîne russe NTV aurait également été enlevé en même temps que les deux journalistes de la Komsomolskaïa Pravda. Un des responsables, contacté par Reporters sans frontières, a déclaré que les cameramen avaient été relâchés depuis.

En outre, le responsable de Microsoft en Libye, Khalid El-Hasumi, a été arrêté par les autorités de Tripoli le 19 mars dernier, a indiqué Microsoft dans un communiqué publié le 7 avril. Khalid El-Hasumi travaille depuis 2010 pour Microsoft, société qui est implantée dans le pays depuis 2006.

SYRIE

La chaîne Al-Arabiya a annoncé l’arrestation, le 7 avril 2011, du journaliste norvégien, d’origine syrienne, Mohamed Zaid Mistou, correspondant pour le site d’informations Al-Arabiya.net (http://www.alarabiya.net/articles/2...), dans un cybercafé. Aucune justification n’a été fournie par les autorités syriennes. Le journaliste d’origine kurde était en Syrie quelques jours avant le début des manifestations dans le pays. Il a alors couvert le mouvement de protestation, publiant de nombreux articles sur le site de la chaîne Al-Arabiya.

Selon des médias jordaniens, les autorités syriennes auraient arrêté deux journalistes travaillant pour le Arab Broadcasting Services, Akram Abu Safi et Sobhie Naeem Al-Assal, le 24 mars dernier.

L’organisation rappelle que plusieurs journalistes et blogueurs syriens ont également été arrêtés. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, basé à Londres, Doha Hassan, journaliste qui collabore avec de nombreux sites Internet, et Zaher Omareen ont été arrêtés, le 27 mars. Selon les informations récueillies par Reporters sans frontières, ils seraient retenus à la Direction générale de sécurité de l’Etat à Damas. Le blogueur kurde Kamal Sheikhou, tout comme le blogueur Ahmed Hadifa et le journaliste et écrivain Mohamed Dibo, arrêtés depuis le début du mouvement de contestation populaire, sont toujours détenus.

En outre, les autorités syriennes ont interdit la distribution du journal libanais Al-Akhbar depuis le 4 avril dernier.

EMIRATS ARABES UNIS

Un blogueur et militant des droits de l’homme, Ahmed Mansour, affirme avoir reçu plusieurs menaces de mort, diffusées sur plusieurs blogs et réseaux sociaux. “Cette campagne a commencé après que nous avons publié une pétition, adressée au chef de l’Etat et aux dirigeants des Emirats, demandant une réforme du Parlement en vue d’étendre ses pouvoirs législatifs et réglementaires”, a-t-il précisé.

Ahmed Mansour dit avoir reçu la visite de policiers au milieu de la nuit, venus prétendument pour un problème avec sa voiture. Il a refusé de les suivre. Selon lui, cet incident pourrait servir de prétexte pour constituer un dossier le concernant.

Reporters sans frontières déplore le climat de méfiance qui s’est instauré dans le pays, à cause de la multiplication des menaces à l’encontre des net-citoyens. L’organisation appelle les autorités à ne pas encourager cette situation, et à respecter la liberté d’expression.

JORDANIE

Dans un communiqué daté du 6 avril dernier, le responsable du bureau de la chaîne Al-Jazeera à Amman a annoncé avoir été, lui et son équipe, la cible de menaces de mort anonymes, et avoir demandé la protection de la police et l’ouverture d’une enquête. Pour Yasser Abu Hilala, ces menaces font suite à la couverture, par la chaîne, du mouvement de protestation en faveur de réformes. La chaîne avait notamment qualifié les partisans du régime de “baltagia” (terme péjoratif signifiant voyous), les accusant d’être responsables des violences contre les manifestants. Nombreux avaient été les Jordaniens à critiquer l’utilisation de ce terme, accusant la chaîne de manquer à son devoir d’objectivité. Le responsable du bureau s’est défendu d’avoir utilisé le terme le premier, expliquant n’avoir fait que reprendre les termes utilisés par les opposants.

BAHREIN

Reporters sans frontières salue la libération du blogueur Mohamed Al-Maskati, dans la nuit du 7 avril 2011. Le net-citoyen, aussi connu sous son pseudonyme emoodz (http://twitter.com/# !/emoodz), a passé une semaine en prison, sans mandat d’arrêt officiel, et pour des raisons inconnues. Il avait été victime de menaces provenant d’un membre de la famille royale.

Le lendemain de sa libération, il a fait son retour sur Twitter avec un message de remerciement : “Bouleversé par les messages de soutien, merci à tous... Je vais bien, je me remets et je passe du temps avec ma famille :)” (“Overwhelemed by the messages of support, thank you all.. I am fine, still getting my bearings back and spending some time with the family :)”)

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